Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bleuet’

DANS NOS YEUX (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: André Patte
    
DANS NOS YEUX

Toutes les routes partaient de nos mains,
Les bras, les cheveux, le coeur d’une fille…
Ses cuisses portaient un sauvage printemps.
Les seins d’une fille qui chantait sa peine,
Qui chantait son corps de terre perdue,
Dans nos yeux les bleuets s’ouvraient,
Un cheval de feu noir derrière la haie luisait.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans le bouquet de ton corps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




Tu as un teint de lys
Des yeux de bluet
Des lèvres de coquelicot
Des joues de pivoine
Des cheveux de boutons d’or
Des mains de marguerites
Mais je ne cueille que ta rose
Dans le bouquet de ton corps

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 9 Comments »

La belle France (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



    
La belle France

Sur la route du passé
Vois-tu venir la France ?
Quelle belle garce, la riguedondé
Dans ses beaux habits brodés
Couleur d’espérance !
Elle a les yeux étoilés
Quand elle marche, elle danse !
Forte en gueule, l’esprit salé
Quel air ! Quelle aisance !
Sur la route du passé
Vois-tu venir la France ?
Le coeur vif, le corps racé
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge

Dorée comme épis de blé
Dès son adolescence
A couché la riguedondé
Avec ces rois bien râblés
La belle alliance !
Ont ma foi bien travaillé
A chaque délivrance
Accouchait d’une cité
Terre de plaisance
Terre à vignes, terre à blé
Elle a grandi, la France
En remplissant vos greniers
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet

Elle a souffert, a lutté
Pour son indépendance !
A chanté la riguedondé
L’amour et la liberté
Mais désespérance !
A vu le fruit se gâter
Là, trop d’abondance
Ici, trop de pauvreté
Trop de différence
Son grand coeur
S’est révolté
Reprenant sa balance
A rêvé d’égalité
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet
Qu’à mon bouquet j’ajoute

Sur la Bastille a sauté
La Carmagnole de danse
Citoyens la riguedondé
Salut et Fraternité
Vive l’espérance !
Le soleil faisait monter
La bonne semence
Mais les gros rats empestés
Ceux de la finance
Et leurs féodalités
Oh la sinistre engeance !
Ont corrompu la cité
La rigue, la riguedondé

Vive la rose rouge et le joli bleuet
A mon bouquet j’ajoute
Un brin de blanc muguet

Mais entendez-vous monter
Du fond du grand silence
Cet appel la riguedondé !
De tous les déshérités ?
Assez de souffrances !
Mur d’argent, obscénité
Ombre sur la France
On te refera sauter
Un jour, patience !
Liberté, Egalité
Ces grands noms qui t’offensent
Redeviendront vérité
La rigue la riguedondé

Alors au soleil d’été
On verra la France
Qu’elle est belle la riguedondé
Saluant l’Humanité
Marchant en cadence
A ses grands yeux étoilés
Le ciel se fiance
Elle est comme un beau voilier
Sur la mer qui danse
Terre de la liberté
Alors pour ta défense
Tous voteront sans hésiter
La rigue la riguedondé

(Jean Villard–Gilles)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si j’étais roi (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Si j’étais roi de la forêt,
Je mettrais une couronne
Toute d’or; en velours bleuet
J’aurais un trône.

En velours bleu, garni d’argent
Comme un livre de prière,
J’aurais un verre de diamant
Rempli de bière,

Rempli de bière ou de vin blanc.
Je dormirais sur des roses.
Dire qu’un roi peut avoir tant
De belles choses.

(Charles Cros)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La porte (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
La porte

Parmi les vains chemins de cendres et de sable
Et les fauves soleils à l’éclat meurtrier,
Nous avons marché vers toi, Porte redoutable,
Qui fermes l’horizon de tes battants d’acier.

Ton métal flamboyait, tel le glaive de l’ange;
Emportant en nos coeurs l’espoir comme un bleuet,
Nous allions fascinés par ta splendeur étrange
Dans la dure clarté qui nous exténuait

Et plus nous approchions, plus tu semblais géante,
Assujettie au roc, faite d’éternité,
Reflétant les couchants à ta face sanglante,
Incarnant du Destin l’impassibilité.

Aujourd’hui nous voici les doigts à tes ferrures
Et les pieds à ton seuil hérissé de chardons,
Essayant vainement nos clefs à tes serrures,
Attaquant du ciseau tes impeccables gonds;

Nous voici, suppliants que navre ton obstacle,
Sur la rouge colline au sol d’aridité,
Ebranlant ton silence, espérant le miracle
Que depuis sa naissance attend l’humanité.

Nos gestes sont dolents, nos poitrines creusées
Pour avoir trop heurté l’airain de ton vantail
Où la chair de nos mains saignantes s’est lassée
Au cours d’un inutile et décevant travail.

De lents éplorements, des pleurs, des bras en rêve
Des groupes sous la toge et d’autres sous le froc…
Un incessant effort vers toi qui se soulève,
S’effondre en t’abordant, porte scellée au roc…

Tandis que, dominant la foule, oiseau de proie
Guettant quel Prométhée en ses ongles saisir,
Parmi le ciel brûlant obscurément tournoie,
Tel l’antique vautour, l’immuable Dèsir!

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Fleurs que j’aime (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
Les Fleurs que j’aime

Fleurs arrosées
Par les rosées
Du mois de mai,
Que je vous aime !
Vous que parsème
L’air embaumé !

Par vos guirlandes,
Les champs, les landes
Sont diaprés :
La marguerite
Modeste habite
Au bord des prés.

Le bluet jette
Sa frêle aigrette
Dans la moisson ;
Et sur les roches
Pendent les cloches
Du liseron.

Le chèvrefeuille
Mêle sa feuille
Au blanc jasmin,
Et l’églantine
Plie et s’incline
Sur le chemin.

Coupe d’opale,
Sur l’eau s’étale
Le nénufar ;
La nonpareille
Offre à l’abeille
Son doux nectar.

Sur la verveine
Le noir phalène
Vient reposer ;
La sensitive
Se meurt, craintive,
Sous un baiser.

De la pervenche
La fleur se penche
Sur le cyprès ;
L’onde qui glisse
Voit le narcisse
Fleurir tout près.

Fleurs virginales,
A vos rivales,
Roses et lis,
Je vous préfère,
Quand je vais faire
Dans les taillis
Une couronne
Dont j’environne
Mes blonds cheveux,
Ou que je donne
A la Madone
Avec mes vœux.

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Mangeurs d’herbe (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Les Mangeurs d’herbe

C’EST l’heure où l’âme famélique des repus
Agonise, parmi les festins corrompus.

Et les Mangeurs d’herbe ont aiguisé leurs dents vertes
Sur les prés d’octobre aux corolles larges ouvertes,

Les prés d’un ton de bois où se rouillent les clous…
Ils boivent la rosée avec de longs glous-glous.

L’été brun s’abandonne en des langueurs jalouses,
Et les Mangeurs d’herbe ont défleuri les pelouses.

Ils mastiquent le trèfle à la saveur du miel
Et les bleuets des champs plus profonds que le ciel.

Innocents, et pareils à la brebis naïve,
Ils ruminent, en des sifflements de salive.

Indifférents au vol serré des hannetons,
Nul ne les vit jamais lever leurs yeux gloutons.

Et, plus dominateur qu’un fracas de victoires,
S’élève grassement le bruit de leurs mâchoires.

(Renée Vivien)

Illustration: Ernest Biéler

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA FILLE DE PAILLE (Franck Gérald)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2015



 

Pier Toffoletti  4415

LA FILLE DE PAILLE

Ah, que c’est triste
Ah, que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

J’ai découvert dans ses yeux des bleuets
Qu’elle est jolie cette fille de paille
Je ne pouvais vraiment pas me douter
Qu’à la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Je n’ai que faire de ma liberté
Mes sentiments sont en pierre de taille
Je lui ai dit qu’on pourrait se marier
Alors elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Ah, que c’est triste, ah que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
A la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Et puis elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah.

(Franck Gérald)

Illustration: Pier Toffoletti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :