Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘blond’

SUR LE CHEMIN DE LA VIE (Sophie Makhno)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



 

Margarita Sikorskaia 7786_n

SUR LE CHEMIN DE LA VIE

Sur le chemin de l’école
Nous avions douze ou treize ans
Cheveux blonds et têtes folles
Nous parlions comme les grands
Nous avions la tête pleine
De jolis projets
Moi j’avais pour Madeleine
Un tendre secret

Refrain
Dites-moi ce qui m’entraîne
Dites-moi d’où vient le vent
Où s’en vont ceux que l’on aime
Dites-moi ce qui m’attend…

Sur le chemin de la vie
Nous nous sommes séparés
Chacun son jeu sa partie
Les amis l’argent les filles
Et puis mes vingt ans
Je n’ai pour toute famille
Qu’un petit enfant

Refrain
Sur le chemin de l’école
Quand j’irai t’accompagner
Je t’en donne ma parole
Je saurai te protéger
Je t’offrirai des voyages
Une jolie maison
Je t’apprendrai le langage
Des quatre saisons

Refrain

(Sophie Makhno)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’EST UN COQ… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021




    
C’EST UN COQ…

C’est un coq dont le cri taille à coups de ciseaux
l’azur net qui s’aiguise au tranchant du coteau.
Mais je veux autre chose encore?

C’est la salle à manger sur un parc, à midi.
Une femme en blanc, lourde et blonde, pèle un fruit.
— Je veux voir autre chose encore?

C’est une eau tendrement aimée par le village
qui s’y mire et dénoue sur elle ses feuillages,
— Je veux voir autre chose encore?

Mais quoi donc? — Oh! Tais-toi, car je souffre!
Je veux je veux voir, je veux voir au-delà de mes yeux
je ne sais quelle chose encore…

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Matin d’octobre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Matin d’octobre

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À CÉLIMÈNE (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Konstantin Razumov
    

À CÉLIMÈNE.

Je ne vous aime pas, ô blonde Célimène,
Et si vous l’avez cru quelque temps, apprenez
Que nous ne sommes point de ces gens que l’on mène
Avec une lisière et par le bout du nez ;
Je ne vous aime pas…depuis une semaine,
Et je ne sais pourquoi vous vous en étonnez.

Je ne vous aime pas ; vous êtes trop coquette,
Et vos moindres faveurs sont de mauvais aloi ;
Par le droit des yeux noirs, par le droit de conquête,
Il vous faut des amants. (On ne sait trop pourquoi.)
Vous jouez du regard comme d’une raquette ;
Vous en jouez, méchante…et jamais avec moi.

Je ne vous aime pas, et vous aurez beau faire,
Non, madame, jamais je ne vous aimerai.
Vous me plaisez beaucoup ; certes, je vous préfère
À Dorine, à Clarisse, à Lisette, c’est vrai.
Pourtant l’amour n’a rien à voir dans cette affaire,
Et quand il vous plaira, je vous le prouverai.

J’aurais pu vous aimer ; mais, ne vous en déplaise,
Chez moi le sentiment ne tient que par un fil…
Avouons-le, pourtant, quelque chose me pèse :
En ne vous aimant pas, comment donc se fait-il
Que je sois aussi gauche, aussi mal à mon aise
Quand vous me regardez de face ou de profil ?

Je ne vous aime pas, je n’aime rien au monde ;
Je suis de fer, je suis de roc, je suis d’airain.
Shakespeare a dit de vous : « Perfide comme l’onde » ;
Mais moi je n’ai pas peur, car j’ai le pied marin.
Pourtant quand vous parlez, ô ma sirène blonde,
Quand vous parlez, mon cœur bat comme un tambourin.

Je ne vous aime pas, c’est dit, je vous déteste,
Je vous crains comme on craint l’enfer, de peur du feu ;
Comme on craint le typhus, le choléra, la peste,
Je vous hais à la mort, madame ; mais, mon dieu !
Expliquez-moi pourquoi je pleure, quand je reste
Deux jours sans vous parler et sans vous voir un peu.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ta jeunesse rose qui sentait si bon (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Konstantin Razumov   39052

Ta jeunesse rose qui sentait si bon

Au bout de la rue
tout au fond
comme éclose
tu arrivais rose
d’avoir trop couru
tu sentais bon

J’aime t’avoir vue
ton air blond
et confuse
avec des excuses
que je n’ai pas crues
tu sentais bon

Où ai-je perdu
tout au fond
comme enclose
au milieu des choses
du temps révolu

Ta jeunesse rose
qui sentait si bon

(Louis Calaferte)

Illustration: Konstantin Razumov

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Veillées nocturnes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Veillées nocturnes

Ton front à demi caché par les deux
Nuées de cheveux (ils sont blonds et soyeux)
Ton front me parle de la jeune souffrance.

Tes lèvres (elles sont muettes) racontent l’histoire
Des âmes condamnées au tribunal de dieu.
Miroir excitant (ton oeil) n’en joue pas !

Quand tu souris (enfin tu fus survolée de sommeil)
Ton sourire ressemble beaucoup aux pleurs
Et tu penches un peu la tête lourde de douleurs.

(Stefan George)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Or Clair (Max Elskamp)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Eve Paloc
    
L’Or Clair

Or jaune est l’or pour être d’or,
Et l’homme humain pour être chair,
Et bleu le ciel et l’arbre vert
Comme jaune est, pour être d’or.

Et prends tes pinceaux toi qui peins,
Et mêle tes couleurs encor,
Le noir est nuit, le blanc n’est rien
Que toute la clarté qui dort.

Rouge est le sang pour être vin,
Au corps en lui qui boit la vie,
Mauve est la mort quand elle vient,
Et verte aux choses accomplies,

Et puis clartés, lumière luie,
Et blonde et douce ainsi qu’un miel,
Pour dire au monde le soleil,
Mets dans l’air partout des abeilles ;

Le noir est nuit, le blanc n’est rien
Que toute la clarté qui dort,
Et prends tes pinceaux toi qui peins,
Et mêle tes couleurs encor.

(Max Elskamp)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: La chanson de la rue Saint-Paul
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PETIT NEGRE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020




LE PETIT NEGRE

Ma mère m’a mis au monde en un coin du Sud cruel
Et je suis noir. Mais mon âme, elle est blanche, vous savez !
Le petit Anglais est blanc. Blanc comme un ange du ciel.
Moi, je suis noir. Comme si la lumière avait manqué.

Au pied d’un arbre accroupie, ma mère m’a enseigné
En guettant à l’horizon la chaleureuse clarté.
Elle m’ouvrait ses genoux, me serrait et m’embrassait
Puis, le doigt vers l’orient, soudain elle me disait:

Vois s’élever le soleil! Dieu est la-bas. Et c’est lui
Qui sur le monde répand la chaleur et la lumière.
Et les arbres et les fleurs, et les hommes et les bêtes
Reçoivent l’espoir de l’aube et la joie du plein midi.

Si nous avons, ici-bas, pour quelque temps vu le jour,
C’est pour apprendre â subir les chauds rayons de l’Amour.
Nous ne sommes rien de plus, corps bronzés, visages sombres
Que nuages dans le ciel ou, dans les bois, un peu d’ombre.

Lorsque nos âmes sauront supporter cette chaleur,
Les nuages auront fui et nous entendrons Sa voix:
« Mon bien aimé, sors du bois des ombres ; réjouis-toi
Près de ma tente dorée, comme les agneaux sans peur ».

Oui, voila ce que ma mère en m’embrassant me disait
Et je me disais ceci, en pensant au jeune Anglais :
Moi noir, lui blanc, le nuage est le même pour nous deux,
Et tous deux jouerons de même autour des tentes de Dieu.

Moi je l’ombragerai, pour que la chaleur ne l’accable
Jusqu’à ce qu’en Notre Père il prenne un repos joyeux.
Debout, je caresserai l’argent fin de ses cheveux
Et i1 voudra bien m’aimer car je serai son semblable.

(William Blake)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

UN AUTRE MONDE (Téléphone)(Jean-Louis Aubert)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
UN AUTRE MONDE

Je rêvais d’un autre monde
Où la Terre serait ronde
Où la lune serait blonde
Et la vie serait féconde

Je dormais à poings fermés
Je ne voyais plus en pied
Je rêvais réalité
Ma réalité

Je rêvais d’une autre Terre
Qui resterait un mystère
Une Terre moins terre à terre
Oui je voulais tout foutre en l’air

Je marchais les yeux fermés
Je ne voyais plus mes pieds
Je rêvais réalité
Ma réalité m’a alité

Oui je rêvais de notre monde
Et la Terre est bien ronde
Et la lune est si blonde

Ce soir dansent les ombres du monde

A la rêver immobile
Elle m’a trouvé bien futile
Mais quand bouger l’a faite tourner
Ma réalité m’a pardonné
M’a pardonné
Ma réalité m’a pardonné

Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde

Hé ! Hé !

Dansent, dansent, dansent, dansent, dansent, dansent,

dansent, dansent, dansent, dansent, dansent, dansent

Dansent les ombres du monde.

(Téléphone)(Jean-Louis Aubert)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VISION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Illustration: Paul Emile Chabas
    
VISION

I
Au matin, bien reposée,
Tu fuis, rieuse, et tu cueilles
Les muguets blancs, dont les feuilles
Ont des perles de rosée.

Les vertes pousses des chênes
Dans ta blonde chevelure
Empêchent ta libre allure
Vers les clairière prochaines.

Mais tu romps, faisant la moue,
L’audace de chaque branche
Qu’attiraient ta nuque blanche
Et les roses de ta joue.

Ta robe est prise à cet arbre,
Et les griffes de la haie
Tracent parfois une raie
Rouge, sur ton cou de marbre.

II
Laisse déchirer tes voiles.
Qui es-tu, fraîche fillette,
Dont le regard clair reflète
Le soleil et les étoiles?

Maintenant te voilà nue.
Et tu vas, rieuse encore,
Vers l’endroit d’où vient l’aurore;
Et toi, d’où es-tu venue?

Mais tu ralentis ta course
Songeuse et flairant la brise.
Délicieuse surprise,
Entends le bruit de la source.

Alors frissonnante, heureuse
En te suspendant aux saules,
Tu glisses jusqu’aux épaules,
Dans l’eau caressante et creuse.

Là-bas, quelle fleur superbe!
On dirait comme un lys double;
Mais l’eau, tout autour est trouble
Pleine de joncs mous et d’herbe.

III
Je t’ai suivie en satyre,
Et caché, je te regarde,
Blanche, dans l’eau babillarde;
Mais ce nénuphar t’attire.

Tu prends ce faux lys, ce traître.
Et les joncs t’ont enlacée.
Oh! mon coeur et ma pensée
Avec toi vont disparaître!

Les roseaux, l’herbe, la boue
M’arrêtent contre la rive.
Faut-il que je te survive
Sans avoir baisé ta joue?

Alors, s’il faut que tu meures,
Dis-moi comment tu t’appelles,
Belle, plus que toutes belles!
Ton nom remplira mes heures.

« Ami, je suis l’Espérance.
Mes bras sur mon sein se glacent. »

Et les grenouilles coassent
Dans l’étang d’indifférence.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :