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Posts Tagged ‘blotti’

Doucement s’en va le jour (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2020



    

Doucement s’en va le jour

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

La rainette dit
Sa chanson de nuit
Et le lièvre fuit
Sans un bruit.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Le hibou tout gris
Est déjà parti
Chasser les souris
Sous les buis.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Dans le creux des nids
Les oiseaux blottis
Se sont endormis
Bonne nuit.

(Suzanne François)

MERCI à Patrick son fils pour son aimable autorisation de publier ici

la date de 1977 qui figure sur la partition est la date de déclaration à la SACEM. Cette chanson a été écrite en 1953

Recueil: En me promenant
Traduction:
Editions: du Scarabée

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SÉCHERESSE (Jacob-Zvi Sharguel)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



    

SÉCHERESSE

Deux bonzes japonais font tinter leurs clochettes
Et de la canicule égrènent la chanson.
Chacun porte un lotus à sa robe accroché
Afin de conjurer la mauvaise moisson.

Deux curés en soutane noire prient en choeur,
Agenouillés devant de pieuses images :
Jésus que tout le sang qui coule de ton coeur
Au-dessus du pays se transforme en nuage.

Deux rabbins sont blottis au profond de leur être
Et pleurent en priant la résurrection :
Ô Toi qu’ils ont trouvé, que nos lointains ancêtres
Plaident pour nous Ta grâce et Ta compassion.

Tandis que tout là-haut le visage solaire
Scintille – ardent buisson dans l’azur embrasé,
Et que deux arbrisseaux, la bouche grande ouverte
Semblent, à l’agonie, attendre la rosée.

(Jacob-Zvi Sharguel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Douceur (Cécile Périn)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Douceur d’avoir été malade étant petit.
Malade un peu… Douceur sucrée et languissante..
O bras souples et chauds où l’on était blotti
Si faible! et dorloté par des mains caressantes!

(Cécile Périn)

 

 

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Au soir tombant (Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



au soir tombant
un vol d’oies sauvages les fumées
blotti sur moi-même

(Issa)

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Querelle (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018




Querelle

Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits,
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

(Théodore de Banville)

Illustration: Henry Cousinou

 

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JAMAIS (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

JAMAIS

Jamais ne fut pareille solitude
Depuis que l’homme est sorti de ses bois.
Ilot cerné par une mer sans voiles
L’esprit connaît que l’horizon s’est tu.

Chacun là-bas, blotti dans son refuge,
Respire à peine et tremble de penser.
Le monde est fait de lèvres qui se figent
Et de regards peureusement baissés.

C’est chaque nuit qu’avant la prime aurore
Le compagnon est renié trois fois.
Les amitiés, les serments et les fois
Croulent, et le chaos crève de rire.

(Jules Romains)

 

 

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UN HOMME IVRE SUR LE RAIL (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
UN HOMME IVRE SUR LE RAIL

Étendu sur le rail un homme ivre repose;
Son poing gauche est crispé sur la gourde qu’il tient;
Il ronfle et dort baigné dans le petit matin;
La nuit sur le chemin fuit et se décompose.

L’humble brise nocturne a paré tendrement
Ses cheveux dispersés de cendre et d’herbe grêle;
La rosée irisée l’éclabousse de ciel.
Il gît : son torse seul palpite par moments.

Son bras droit est pareil à la traverse dure.
Il est comme blotti sur le sein maternel,
Ce jeune gars est vêtu de pauvres déchirures.

On pressent le soleil dans le cadre du ciel,
Un homme ivre repose et le rail, tout à coup,
D’un tremblement qui gronde et grandit, le secoue.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Le pourpre de l’aube (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
Le pourpre de l’aube s’imprime sur l’étang.
Dans le petit bois avec le glas sanglote le tétras.

Blotti dans un trou, quelque part, un loriot pleure.
Moi seul l’âme radieuse ne verse pas de larmes.

Car ce soir, je le sais, tu franchiras l’anneau routier,
assis tous deux contre la meule parmi les gerbes fraîches

je te froisserai comme une fleur, m’enivrerai de baisers,
qui est de joie grisé n’a cure que l’on glose.

À force de caresses tu rejetteras ce voile soyeux
et je t’enlèverai, ivre, dans les halliers jusqu’à l’aube.

Qu’il sanglote avec le glas le tétras du petit bois.
Dans le pourpre de l’aube il est une mélancolie joyeuse.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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ANNÉES-LUMIERE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



ANNÉES-LUMIERE

Dans un milliard d’années-lumière
Cet amour sera-t-il éteint ?
Luira-t-il une vie entière
Brillera-t-il jusqu’au matin ?

Cette étoile que je regarde
Est déjà glacée aujourd’hui
Où tient-elle encore la garde
Aux quatre temps de l’infini ?

Dans un milliard d’années-lumière
Cet amour aura dévoré
Tant de force et tant de matière
Qui ne connaîtront plus d’après

Et le sort disperse les masses
Rougissant les bleus et les verts
Balayant les corps qui se cassent
Aux quatre vents de l’univers

Dans un milliard d’années-lumière
Sera-t-il question de toujours
Comme au siècle où roulaient naguère
Lee météores de l’amour

Quelque part dans la galaxie
Sont blottis les tièdes les nus
Que pèse leur souffle de vie
Aux quatre sangs de l’inconnu ?

(Guy Béart)

Illustration: Sabin Balasa

 

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A l’infime bout d’une brindille (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018




    

à l’infime bout
d’une brindille trois
âmes en
boule au froid

trois(blottis dans
cet immense clin
d’oeil ar
dent de la

lune)rêvent d’inchoses
sans bruit trois comme
ta vie
notre et ma

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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