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Poésie

Posts Tagged ‘boisson’

Non non ça ne va plus (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Non non ça ne va plus
mon amour autrefois si menu
est devenu rond et joufflu.
Allez c’est décidé pas de pitié
au régime il est condamné
viande grillée carottes râpées
et boissons vitaminées.
Fini les sucreries câlins et gâteries
il faut réduire les calories !
Mon amour enrobé mon amour grassouillet
je le veux mince et élancé
frêle et distingué
pour qu’il puisse se faufiler
à travers portes et verrous fermés
jusqu’à ton coeur cadenassé.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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La mer (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
La mer, pour moi, impression des narines et des poumons,
espace, dressement des vagues, boisson aérienne,
grandeur, odeur immense et hérissée, arbre
odorant et gros, aéré.
Air hérissé.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dame à son miroir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Dame à son miroir

Comme on fait fondre en la boisson du soir
des épices, elle dissout ses gentes las
dans la fluide transparence du miroir;
et elle y met tout son sourire.

puis elle attend que le liquide monte;
versant alors sa chevelure
dans le miroir, et faisant ressortir
de la robe du soir son épaule adorable,

elle boit, calme, son image. Elle boit
ce qu’un amant boirait dans le vertige,
goûtant, pleine de défiance; et ne fait signe

à la soubrette que lorsqu’au fond
de son miroir elle découvre des lumières,
des armoires et le trouble d’une heure tardive.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Le bateau rose (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Georges Jeanclos
    
Le bateau rose

Je m’embarquerai, si tu le veux,
Comme un gai marin quittant la grève,
Sur les flots dorés de tes cheveux,
Vers un paradis fleuri de rêve.

Ta jupe flottante au vent du soir
Gonflera ses plis comme des voiles,
Et quand sur la mer il fera noir,
Tes grands yeux seront mes deux étoiles.

Ton rire éclatant de vermillon
Fera le fanal de la grand’hune.
J’aurai ton ruban pour pavillon
Et ta blanche peau pour clair de lune.

Nos vivres sont faits et nos boissons
Pour durer autant que le voyage.
Ce sonts des baisers et des chansons
Dont nous griserons tout l’équipage.

Nous aborderons je ne sais où,
Là-bas, tout là-bas, sur une grève
Du beau pays bleu, sous un ciel fou,
Dans le paradis fleuri de rêve.

(Jean Richepin)

 

 

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JE LE SAVAIS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Pal Szinyei-Merse
    
JE LE SAVAIS

Je le savais bien : te voilà présente.
Vois les tournesols à la tête lente,
Leurs têtes de pierre ont toutes viré.
Et vois le désordre auprès des salades,
Méfait de la brise et de ses gambades.

«Au vent de ta jupe », ai-je murmuré.
Ruisseau de pavots à l’écume rouge.
Rouge aussi, dedans, le seigle qui bouge
Tel banc de poissons dont le tremblement
Est un doux sourire au doux bruissement.

Tu deviens mon bain, ma boisson qui sonne,
Tes deux bras si beaux sont des courants frais,
Dans ce remuement ton sein tourbillonne :
Mille clapotis que j’entends tout près
Lorsqu’à mon oreille ton souffle bourdonne.

Viens te laisser boire et plie sous mes dents
Que trouble ton feu. Car la mort, longtemps,
A soif de l’été, cette cruche immense
Où coule la bière à vive cadence.
Les nuages bien joufflus
Ne sont qu’écume au-dessus…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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SAINT ANTOINE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



    

SAINT ANTOINE

Saint Antoine bien aimé de Jésus
Faites-moi trouver ce que j’ai perdu

Un jour aux courses de Craonne
Perdu mon Dieu en trois personnes

Perdu la tête par boisson
Pour des Marie pour des Louison

À la Saint-Jean perdu ma place
Perdu le sourire et la grâce

Perdu le temps de larmoyer
Le soir au pied de l’escalier

Perdu la crème épaisse et blanche
Comme chemise du dimanche

Perdu l’enfant du métayer
Ses yeux sans eau ses coups de pied

Pour un vin noir pour un bon somme
Perdu le souci d’être un homme

Saint Antoine bien aimé de Jésus
Faites-moi trouver ce que j’ai perdu.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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L’idiot (Éric Savina)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



L’idiot

Pour lui, les pompes funèbres
C’est un magasin de chaussures
Et un Te Deum
Une boisson romaine
Il pense qu’on attrape la tuberculose
A force de trop tousser
Et que Descartes
A inventé la belote
Je crois qu’il est bien plus heureux que nous

(Éric Savina)

Illustration

Découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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LE LOUP ET L’AGNEAU (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017


 


 

LE LOUP ET L’AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
– Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Le Jour De L’an (La Bolduc)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Le Jour De L’an

Préparons-nous son père pour fêter l’jour de l’an
J’vas faire des bonnes tourtières, un bon ragoût d’l’ancien temps

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Peinture ton cutter, va ferrer ta jument
On ira voir ta soeur dans l’fond du cinquième rang

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Va t’acheter une perruque, fais toi poser des dents
C’est vrai que t’as rien que moi à plaire mais tu s’rais plus ragoûtant

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Dis bien à ton n’onc’ Nazaire douè ben v’nir au jour de l’an
Mont’-z-y ton savoir faire comme tu dansais dans ton jeune temps

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Tâche pas de perdre la tête comme t’as fait il y a deux ans
T’as commencé à voir clair quand t’avais pus d’argent

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Y en a qui vont prendre un verre, y vont profiter de c’temps-là
Aujourd’hui, ça coûte si cher, y a pas d’monde qui travaille pas

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Il y en a qui sentent la pipe et d’autres qui sentent les oignons
J’aime bien mieux vous le dire tout de suite, la plupart sentent la boisson

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

(La Bolduc)

 

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Chanson de l’étranger (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2017



Chanson de l’étranger

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.

A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?

Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer,
devenue l’eau glacée des tombes.

Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.

Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.

(Edmond Jabès)

Illustration: Leonor Fini

 

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