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LA-BAS (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017


 


 

Bretagne

LA-BAS

Les Bretonnes au coeur tendre
Pleurent au bord de la mer;
Les Bretons au coeur amer
Sont trop loin pour les entendre.

Mais vienne Pâque ou Noël,
Les Bretons et les Bretonnes
Se retrouvent près des tonnes
D’eau-de-vie et d’hydromel.

La tristesse de la race
S’éteint alors dans leurs yeux;
Ainsi les plus tristes lieux
Ont leur sourire et leur grâce.

Mais ce n’est pas la gaîté
Aérienne et sans voiles
Qui chante et danse aux étoiles
Dans les belles nuits d’été.

C’est une gaîté farouche,
Un rire plein de frissons,
Ferment des âpres boissons
Qui leur ont brûlé la bouche.

Plaignez-les de vivre encor;
Ce sont des enfants barbares.
Ah! les dieux furent avares
Pour les derniers nés d’Armor!

(Charles Le Goffic)

Illustration

 

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Quand on est amoureux on est ivre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Quand on est amoureux on est ivre.
Comme cet homme hier dans la rue.

Il avançait, étourdi de boisson.
La voix forte, le geste ample.
Il s’entretenait avec lui-même.

Il a soudain fouillé dans son manteau, en a sorti de l’argent
Qu’il a jeté par poignées sur la route.

Puis s’en est allé.
Dédaigneux de sa fortune. Délié de soi.
Déprit de tout royaume.

Oui l’on est un peu comme ça lorsqu’on est amoureux.
On vide ses poches, on perd son nom.

On découvre avec ravissement la certitude de n’être rien.

(Christian Bobin)

 

 

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LAI DE CELLACH (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



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LAI DE CELLACH

Salut au matin blanc
qui est venu sur le sol comme une flamme,
salut à celui qui l’envoie,
le matin neuf toujours vainqueur.

Orgueilleux matin blanc,
frère du brillant soleil,
je te salue, matin blanc.
qui m’illumine mon livre.

Mon livre tacheté me dit
que ma vie n’est pas sûre
et que je craigne Malcroïn
car c’est lui qui va me frapper.

O corneille, ô corneille,
petit oiseau au manteau gris, au bec pointu,
je sais bien ce que tu veux,
tu n’est pas l’ami de Cellach.

O corbeau, toi qui croasses,
si tu es affamé, ô oiseau,
ne t’en va pas de ce château
que tu n’aies mangé ton content de ma chair.

Le milan de l’if de Cluain Eo,
avide, viendra lui aussi prendre part au combat,
il me prendra dans ses serres bleues
et de moi ne pourra se séparer.

Le renard qui est dans le bois ténébreux
aura tôt fait de les rejoindre,
il mangera de mon sang et de ma chair
dans les confins froids et sans issue.

Le loup qui est dans le château,
à l’est de Druim meic Dair,
viendra à moi dans une heure
pour être le chef de la troupe.

J’ai eu un songe
en la nuit de mercredi,
les chiens sauvages me traînaient,
à l’est, à l’ouest, parmi les bruyères rouges.

J’ai eu un songe,
on me portait dans une vallée,
ils étaient quatre pour me prendre,
il me semble qu’ils ne me ramenèrent point.

J’ai eu un songe,
mes disciples me portaient à leur maison,
ils me versèrent une boisson,
ils burent une boisson à ma santé.

O petit roitelet à la queue maigre,
c’est pitié que tu aies promis ta chanson,
si tu es venu pour me trahir
et m’enlever la vie…

La vie de Cellach de Cillala.
Traductions de JEAN MARKALE.

(Poésie Irlandaise)

 

 

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CHANT DU MESSAGER DE LA MORT (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Banshee

CHANT DU MESSAGER DE LA MORT

O belle femme, viendras-tu avec moi
dans la terre merveilleuse où l’on entend des musiques,
où sur les cheveux on porte une couronne de primevères,
où de la tête aux pieds le corps est couleur de la neige,
où personne n’est triste ni silencieux,
où les dents sont blanches et les sourcils noirs,
où les joues sont rouges comme la digitale en fleur ?

Erin est belle, mais peu de paysages
sont aussi beaux que la grande plaine où je t’appelle.
La bière d’Erin est forte, mais la bière
de la Grande Terre est encor plus enivrante.
Quel pays merveilleux que ce pays !
les jeunes n’y vieillissent point,
il y a des ruisseaux de liquide chaud,
de l’hydromel et du vin de grand choix.
Les hommes y sont charmants, sans défaut,
l’amour n’y est pas défendu…

O femme, quand tu seras dans mon puissant pays,
tu porteras une couronne d’or sur ta tête,
je te donnerai du porc frais,
et pour boisson de la bière et du lait, ô femme,
ô belle femme, viendras-tu avec moi ?

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

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