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Posts Tagged ‘boîte’

A un crâne qui n’avait plus sa mâchoire inférieure (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Mon frère! — où vivais-tu? dans quel siècle? Comment?
Que vécut le cerveau qui fut dans cette boite?
L’infini? la folie? ou la pensée étroite
Qui fait qu’on passe et meurt sans nul étonnement?

Chacun presque, c’est vrai, suit tout fatalement,
Sans rêver au-delà du cercle qu’il exploite.
L’ornière de l’instinct si connue et si droite,
Tu la suivis aussi, — jusqu’au dernier moment.

Ah! ce moment est tout! C’est l’heure solennelle
Où, dans un bond suprême et hagard, tu partis
Les yeux grand éblouis des lointains paradis!

Oh! ta vie est bien peu, va! si noire fut-elle!
Frère, tu crus monter dans la Fête éternelle,
Et qui peut réveiller tes atomes trahis ?

(Jules Laforgue)

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Liber (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Liber

Chaque saison contient les autres
Chaque bourgeon boîte à surprise
Et les arbres parcheminés sous l’écorce magique
Ecrivent ligne par ligne les cercles de nos vies

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Qu’il soit, ton livre (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
Qu’il soit, ton livre,
le refuge de ceux qui
vivent avec le silence !

qu’il adopte ce que tu
n’as pas su voir à temps!
qu’il dépose sur chaque
mot le frisson des oiseaux

fatigués, le friselis
des fleurs dans les soirs
solitaires! qu’il
rassemble les foudroyants

adieux et les enterre
sous une phrase pleine
d’amour! qu’il soit,

ton livre, entre clarté
et nuit, la boîte secrète
où tu ranges un pâle
sourire avec tes regrets!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous avons eu trop de consécration (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Les murs ne tombent pas
[39]

Nous avons eu trop de consécration,
pas assez d’affirmation,

trop : mais ceci, ceci, ceci
s’est avéré hérétique,

pas assez : je sais, je sens
le sens que cachent les mots ;

ce sont des anagrammes, des cryptogrammes,
de petites boîtes, conditionnées

pour faire éclore des papillons…

***

We have had too much consecration,
too little affirmation,

too much:but this, this, this
has been proved heretical,

too little: I know, I feel
the meaning that words hide;

they are anagrams, cryptograms,
little boxes, conditioned

to hatch butterflies .. .

(Hilda Doolittle)

 

 

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LA BOÎTE À COLORIER (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

boîte à colorier

LA BOÎTE À COLORIER

Je dessine une maison
Aussi jaune que le jaune
Sur une page d’herbe
Aussi verte que le vert
Je change d’oeil et de plume
Une fenêtre s’allume
C’est le soir dehors aussi
L’herbe s’est un peu noircie
Changé de main et de craie
Je suis derrière la haie
Tu viens d’entrouvrir la porte
Qui dessine de la sorte ?
Mais personne ne répond
Tu trouves que l’air est bon
Tu fais trois pas et tu frôles
La haie avec ton épaule
Je me meurs au bord des mots
Qui feraient tout disparaître
L’herbe l’air et la fenêtre
Et ce silence trop beau

Mais parmi les yeux du ciel
Ceux de l’herbe et de la haie
Tu viens de trouver mes yeux
La maison déjà vacille
Dans son petit matin jaune
Et le soleil éparpille
Dans son or l’herbe et la craie
C’est la lampe qui me pille
Les beaux mots que je mettrais
A parler de mille choses
Tout en gardant le secret
Du ciel vert et de l’herbe rose
Et de trois pas dans le soir
Que je pose sans rien voir
Au bord des mots et des choses

(Gilles Vigneault)

 

 

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L’air en conserve (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Dans une boîte, je rapporte
Un peu de l’air de mes vacances
Que j’ai enfermé par prudence.
Je l’ouvre! Fermez bien la porte

Respirez à fond! Quelle force!
La campagne en ma boîte enclose
Nous redonne l’odeur des roses,
Le parfum puissant des écorces,

Les arômes de la forêt…
Mais couvrez-vous bien, je vous prie,
Car la boîte est presque finie:
C’est que le fond de l’air est frais.

(Jacques Charpentreau)

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LE MAUVAIS CHEMIN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
LE MAUVAIS CHEMIN
Inconnu

J’ai vu un chemin doucement obscurci par les grands arbres, un chemin bordé de buissons en fleurs.
Mes yeux ont pénétré sous l’ombre verte et se sont promenés longuement dans le chemin.
Mais à quoi bon prendre cette route ? Elle ne conduit pas à la demeure de celle que j’aime.
Quand ma bien-aimée est venue au monde, on a enfermé ses petits pieds dans des boîtes de fer ;
et ma bien-aimée ne se promène jamais dans les chemins.
Quand elle est venue au monde, on a enfermé son cœur dans une boîte de fer ;
et celle que j’aime ne m’aimera jamais.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA BOITE NOIRE (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




LA BOITE NOIRE

Voûtée lisse et
Travaille la boîte
Interdite aux yeux.

A partir du creux
Et dans l’humide
Les lucioles extrêmes
Echardent les os les plus durs.

J’y suis.

Dedans.

C’est moi qui.

C’est quand
Mes cellules remuent
(Sans moi) que

J’y suis.

Etanche, impénétrable sauf
Qu’elle s’ouvre sur un caillou
(Coule et s’abîme dans les yeux)

Remue un peu mou
(Sans doute)
Un peu gluant de tant d’images
De partout venues.

Se concentrent
Là-dedans à l’étroit
Rosâtres dans les canaux.

Dedans
Cela circule
Par battements même la nuit

Et quand on ne sait pas

Si ça circule.

La ligne est d’ombre entre celui
Qui regarde et cela
Qui se fait regarder

S’ouvre et se ferme appel
Et distance l’écartement

De l’ombre différente qui
Bougea pour signifier
L’infranchissable.

Le noir et le blanc ce n’est
Pas le jour et la nuit
Ni qu’on regarde.

Plutôt le ciel inconcevable
Ou bien le rectangle vide avec
Le tracé.

(Jean Tortel)

 

 

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Un couvreur perdu (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
Un couvreur perdu parmi les gros pigeons
Parmi les fientes et les plumes courtes
Un homme jeune
Accroupi
Martèle le zinc
Rajoute des coups
Pour la rage

Et tout le quartier résonne comme une méchante boîte.

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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Je me tourne de ton côté (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018




    
Je me tourne de ton côté,
au lit ou dans la vie,
et je trouve que tu es faite d’impossible.

Alors je me tourne vers moi
et je constate la même chose.

C’est pourquoi,
bien que nous aimions le possible,
nous finirons par l’enfermer dans une boite,
pour qu’il n’entrave plus cet impossible
sans lequel nous nе serions plus ensemble.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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