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Poésie

Posts Tagged ‘bol’

Je suis mignonne (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Andrzej Malinowski

    

Je suis mignonne j’ai des seins
que je regarde tous les soirs
ils sont petits ils sont malins
ils sont les bols de mes espoirs

Qui les touchera le premier
qui les baisera fêtera
qui les caressera allez
il en aura il en aura

de ce lait de tendresse humaine
dont on parlait dans l’ancien temps
Je me les garde cependant
tout vient à sein qui sait le prendre

Avant pendant après allez
nous sommes voués à téter.

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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La méchante poupée (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

poupée

La méchante poupée

Je ne veux pas aller
Jouer dans le jardin,
Je ne veux pas donner
La main au petit chien,
Je ne veux pas manger
Ma tartelette aux pommes,
Je ne veux pas passer
Ma robe de cretonne,
Je ne veux pas m’asseoir
Sur cette chaise-là,
Je ne veux pas le boire
Mon bol de chocolat.
Je veux pleurer, pleurer,
À me fondre les joues.
Je veux pleurer, pleurer,
Et encore pleurer
Jusqu’à la fin du jour.

(Maurice Carême)

 

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Un deux trois (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

Alexander Sigov  (19)

Un
deux
trois
bientôt quatre sucres
dans mon bol de vacances,
tu penses que j’y vais un peu fort,
que je ressemble à un petit merle
au bord d’une table!
TON COEUR EST DEJA LEVE

(Jean-Pascal Dubost)

Illustration: Alexander Sigov

 

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Ma Mère (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Ma Mère

Je la vois, tenant son bol à deux mains.
Le soir tombait, c’était dimanche.
Elle souriait en silence,
Assise un peu dans la pénombre.

Elle apportait, de chez Son Excellence,
Une assiettée, tout son dîner.
Nous nous couchions et je songeais
Qu’eux en mangeaient une marmite.

C’était ma mère, mince et bientôt morte,
Car les laveuses meurent jeunes.
Leur corps tremble sous les fardeaux,
Le repassage use la tête.

La vapeur semble un nuage apaisant
Sur le linge sale en montagnes.
Pour ce qui est de changer d’air
Les laveuses ont le grenier.

Je la vois finir, le fer à la main.
Sa taille, toujours plus fragile,
A été brisée par le capital.
Pensez-y bien, ô prolétaires!

Courbée par sa tâche, elle était pourtant
Une jeune femme et je l’ignorais.
En rêve, elle avait un tablier propre,
Parfois, le facteur lui disait bonjour.

(Attila Jozsef)


Illustration: Edgar Degas

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Sur un bol (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
Sur un bol, sur un mur
La lumière est posée.

Sur le bol, sur le mur
Du soleil est venu

Combler qui les regarde
Et désirait les voir.

Mais il les voit mener
D’autres combats encore

Que les tournois dans l’ombre
Au jeu de la mort douce.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au coeur même du labyrinthe (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Salvador Dali
    
« Au coeur même du labyrinthe,
Il est des jours où le désir finit par suinter de nos doigts.
Alors on peut sombrer sans désespoir.
Obscur, ô flamme bleue ! »
Elle était ainsi.

Par les chambres de l’oeil,
les signes allaient et venaient,
visitaient le bol renversé.
Derrière eux, semées, les questions :

« Quand donc s’enfuiront les spectres ?
Pourquoi l’effroi dans le filet ?
Peut-on revenir en arrière ? »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Repas du matin (Kooku)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Repas du matin
sur un genou bol d’eau chaude
les fleurs du jardin

(Kooku)

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Les Baisers (Pierre Perret)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



soleil-lune

 

Les Baisers

Y a dans mon dictionnaire usé
La définition du baiser
Ceux qui ont écrit ça me font de la peine
Braves gens je vais vous dire la mienne
Car un baiser c’est du fuego
C’est pas de la bave d’escargot
Et les vieux schnoks de l’académie
Devaient encore être endormis

Y a le baiser le baiser fourbu et flapi
La langue qui traîne jusqu’à terre
Comme un spaghetti ramolli
Le baiser qui fait courir tout Paris
Le baiser saignant et garni
Avec un steack-frites une serviette
Et le service est compris
Y a aussi le baiser tirelire qui est certainement le plus rigolo
Accroupis la langue dehors les narines pincées et les miches dans l’eau

Y a le baiser russe inconnu chez les aristos
La langue repliée en faucille
Et l’autre tendu en marteau
Le baiser compétition argentin
En dansant roulez un patin
Les lèvres soudées le souffle court un chronomètre à la main

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
On dirait un chausson aux pommes
Langue de velours palais d’amour on la surnomme
Je l’aime
Elle m’aime

Y a le baiser le baiser hurleur inédit
Allongés tout nus sous la pluie
Dans un champ d’orties à minuit
Y a aussi le baiser du ruminant
Le baiser du flic menaçant
La langue chargée jusqu’aux dents
D’un kilo de parmesan
Y a aussi le baiser tricot très difficile et très pervers
Avec les langues nouées papilles à l’endroit papilles à l’envers

Y a le marocain la langue roulée en pois chiche
Un chameau carré sous les miches
Et un p’tit nombril boute-en-train
Pis y a le baiser mystique hypocrite
Les lèvres mouillées d’eau bénite
Les deux langues en croix à genoux
Le seul qui n’ait pas de goût

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
Pour l’apprécier il faut comprendre
Qu’il est sublime comme une truffe sous la cendre
Je l’aime
Elle m’aime

Y a le baiser le baiser indien que j’aime bien
On s’embrasse trois fois sur le cul
Et on dit coucou tu m’as eu
Y a le baiser japonais qui me plait
On avale un grand bol de lait
On s’embrasse trois fois sur les seins
Et puis on dit plus rien

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
A côté de sa bouche en flamme
Le Stromboli n’est qu’un p’tit sorbet de réclame
Je l’aime
Elle m’aime

(Pierre Perret)

 

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Je me souviens (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Je me souviens
de ces jours anciens
où je vidais à mon réveil
une énorme écuelle
de soupe au lard
dans laquelle trempaient
des tranches de pain de douze livres
qui avait réchauffé dans les cendres chaudes
de la cheminée de cette chaumière bretonne
tandis que ma tante Julie trayait sa vache
avant de me donner un bol de lait crémeux

Qu’il faisait bon vivre
à seize ans dans ce lit clos
sous le gros édredon
quand venait me réveiller
en me chatouillant Pierrete
une jeune voisine
qui avait une si belle poitrine
qu’elle m’autorisait à caresser.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Le Meilleur moment de la journée (Raymond Carver)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration
    
Fraîches nuits d’été.
Fenêtres ouvertes.
Lampes allumées.
Des fruits dans le bol.
Et ta tête sur mon épaule.
Ce sont les moments les plus heureux de la journée.

Le Meilleur moment de la journée

(Raymond Carver)

 

Recueil: La vitesse foudroyante du passé
Traduction: Emmanuel Moses
Editions: Points

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