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Posts Tagged ‘bombance’

Coeur Pur (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Attila Jozsef
    
Coeur Pur

Je n’ai ni père, ni mère,
Ni dieu, ni foyer,
Ni berceau, ni bière,
Ni amante, ni baiser.

Trois jours déjà sans manger,
Ni bombance, ni bouchée.
Mon empire, c’est mes vingt ans.
Mes vingt ans, je vous les vends.

Et si nul n’en veut, ma foi,
Le diable, lui, me les prendra.
Le cœur pur, j’irai voler,
S’il le faut, assassiner.

On m’arrêtera, me pendra,
En terre chrétienne m’enterrera,
Et une ivraie homicide
Croîtra sur mon cœur splendide.

(Attila Jozsef)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Ni père ni mère
Traduction: Guillaume Métayer
Editions: Sillage

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LE GOINFRE D’AMOUR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Gérard de Lairesse
    
LE GOINFRE D’AMOUR

Non, non, l’amour vivant, quoi que toi-même en dises,
N’est pas un délicat épris de gourmandises
Qui grignote du bout des dents, plein de dégoûts,
Réglant son estomac, buvant à petits coups,

Craignant les larges plats et la grande rasade,
Et restant sur sa faim pour n’être pas malade.
C’est un goinfre attablé qui, plus que de raison
Enivré de vin pur, gavé de venaison,

Ote le ceinturon qui lui gêne la taille
Et, sans peur d’avoir mal au ventre, fait ripaille.
Il ne sait si demain sera jour de gala
Et veut manger de tout pendant que tout est là.

[…]

Affamés et grinçant des dents comme les loups.
Vous aurez des remords, et vous serez jaloux
De ceux qui se seront gaîment garni la panse.
Mais vous aurez beau faire et vous mettre en dépense,
Et chercher autre part un semblable repas ;
Ces beaux festins d’amour ne se retrouvent pas.

[…]

A la table divine où l’on doit manger vite
La jeunesse prodigue en passant vous invite.
Il faut mettre à profit cet hôte hasardeux,
Qui reçoit une fois les gens, mais jamais deux.

Maîtresse, c’est pourquoi je bois à perdre haleine,
Pourquoi je veux avoir toujours la bouche pleine,
Pourquoi mes appétits, sans paraître apaisés,
Font si large bombance au banquet des baisers.

(Jean Richepin)

 

 

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ASSECHEMENT DE LA PLAIE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2015


 


Emil Nolde  sunset [1280x768] 

ASSECHEMENT DE LA PLAIE

La lune raboteuse ne palpait que des choses mûres
la lune radoteuse n’entend plus le chuchotement

Le soleil a peur des sources rouies des yeux
le soleil s’apure au sommeil des évanouis

Le feu a fait bombance dans les poils et les cuisses
le feu a fait sa part il se lèche les cendres

La terre a récuré tout ce qui reluisait
La terre s’est requinquée et sourit d’une mousse

L’eau molletonnée s’empâtait de graisses chaudes
l’eau se mire ne rougit plus glisse flâne

Le vent a bien flairé que ce n’était pas propre
il va jette les graines le vent oublie les noms.

(André Frénaud)

Illustration: Emil Nolde

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