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Poésie

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Les enfants de Syrie… (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




    
Les enfants de Syrie…

Les enfants de Syrie,
emmaillotés dans leurs linceuls
comme des bonbons enveloppés.
Mais ils ne sont pas en sucre.
Ils sont de chair
et de rêves
et d’amour.

Les rues vous attendent,
les jardins, les écoles
et les fêtes vous attendent,
enfants de Syrie.

C’est trop tôt
pour être des oiseaux
et pour jouer dans le ciel.

(Maram al-Masri)

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Invitation (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022




    
Invitation

Je vous souhaite la peur délicieuse d’un orage
tout seul dans votre chambre d’enfant
le sourire triste d’un bonbon de miel
au cours d’une convalescence tiède,
un baiser, sur le front, dans le noir.

Je vous souhaite l’émerveillement d’un caillou
choisi sur une plage entre cent millions d’autres.
Je voudrais tant que vous partagiez l’événement d’une ultime coccinelle
perdue sur la page d’un livre à la rentrée des classes,
le bouleversement d’une goutte de rosée qui hésite à l’extrémité d’une branche
ou la fragilité du ronronnement d’un chat dans la pupille de la nuit.

Écoutez la cotte de maille du peuplier dans le vent !
Écoutez l’audace d’une odeur de mimosa en plein coeur de l’hiver !

Je vous souhaite la curiosité,
l’appétit d’infimes et de minuscules rencontres
l’éclair d’une cicindèle ou d’un martin-pêcheur…
le plaisir d’une giboulée sur la peau nue
les grains de douceur sur la rivière
qui confesse tous les dessous du ciel
de ses dentelles d’écume sur les galets.

Je vous souhaite, le panier rempli de chanterelles,
l’odeur de chien mouillé, du vêtement qui sèche
près d’une flamme de feu de bois
et l’amitié de ce vieil habit qui ne craint rien.
Le chèvrefeuille, le chardonneret, l’ancolie, la morille…

Ah ! comme je vous souhaite de bâtir votre enfance
dans un puzzle de nuages blancs
la nuque sur un coussin de mousse.

(Jean-Hughes Malineau)

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C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



 

C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte
Ici comme ailleurs, à toutes les portes
Ne vous effrayez pas si je reste invisible
On ne peut voir une petite morte.

J’étais ici voici dix ans déjà
J’ai trouvé la mort à Hiroshima,
Je ne suis qu’une enfant, je n’avais que sept ans
Mais les enfants morts ne grandissent pas.

Mes longs cheveux tout d’abord ont pris feu
Mes mains ont brûlé tout comme mes yeux
Mon corps ne fut plus rien qu’une poignée de cendres
Mêlées au vent dans un ciel nuageux.

Je ne veux rien de vous en vérité,
Pour moi, nul ne peut plus me dorloter
Car l’enfant qui brûla comme papier journal
Vos bonbons jamais ne pourra goûter.

Je frappe à la porte, écoutez-moi donc
Et de votre nom faites-moi le don
Afin que l’on ne tue les enfants désormais
Qu’ils puissent toujours goûter les bonbons.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Roger Somville

 

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Berceuse (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Berceuse

Le ciel ferme ses grands yeux bleus,
La maison ferme tous ses yeux,
Le pré dort sous son édredon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur ses pattes la mouche a mis
Sa tête et dort. La guêpe aussi,
Avec elles dort leur bourdon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Le tramway rêve doucement
Endormi sur son roulement,
Dans son rêve il sonne à tâtons.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur la chaise la veste dort
Et son accroc dort corps à corps.
Il n’en deviendra pas plus long.
Endors-toi, mon petit garçon.

La balle est vaincue, le sifflet
Somnole comme la forêt.
Et même il dort le gros bonbon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu auras l’espace et la terre
Comme tu as ta bille en verre.
Tu seras géant pour de bon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu seras pilote et soldat,
Berger des fauves tu seras.
Ta maman dort, et sa chanson.
Endors-toi, mon petit garçon.

(Attila Jozsef)


Illustration: William Bouguereau

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La fille de joie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Je l’ai vue les seins presque nus
Sur les trottoirs de la ville
Les lèvres peintes
Les cils charbonnés
Avec des bas longs
Comme un chagrin d’enfant
Et des jarretelles roses
Comme des bonbons acidulés
La fille de joie
Au regard triste
Je l’ai reconnue
Elle a voulu se cacher
Mais elle m’a souri
Je n’ai pas osé lui parler
Mais j’ai incliné la tête.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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INTERMÈDE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
INTERMÈDE

Pendant que j’étais chez la fruitière
Il est entré une petite fille,
Un litre couché dans son bras
Et des sous pressés dans sa main :
– Trois sous de sel et un litre de bière.
Sa bouchette aux lèvres froncées
Avait grand sérieux et pensait :
Dépêchons-nous ! Que de soucis !
Sa bouchette aux lèvres froncées
N’empêchait pas mais accusait plutôt
Dans les joues fraîches, deux fossettes ;
Et son petit nez de bébé
Semblait railler sa gravité.
Mais son regard de grande dame…
Mais sa nuque entre ses deux nattes !
– De la bière à combien, mon enfant ?
– « À six sous. » Elle vérifia
Un à un les sous dans sa main
Donna son litre et attendit
Et fut toute tendue d’attente.
Y avait-il pas quelque part
Au pied d’un lit, dans une encoignure,
Une petite poupée de son
Qui grelottait sous des chiffons
Au fond d’une boîte en carton ?
Y avait-il pas au logis
Un petit frère touche-à-tout ?
Ou quelque dîner sur le feu ?
Mais soudain la bouche s’entr’ouvrit :
Les yeux, les yeux de grande dame
S’étaient tournés vers l’étagère
Où il y avait les bonbons.
C’est alors qu’en gagnant la porte
Je lui demandai : Comment t’appelles-tu ?
Elle sourit et dit : Alice.
– Alice, voici deux sous pour toi.

*

Après, je l’ai rencontrée dans la rue
Elle portait son litre et son sel.
Elle avait aussi un petit cornet…
Elle a rougi à mon sourire
Et elle m’a fait un si gracieux,
Un si noble salut de la tête,
Que j’ai soulevé mon képi.

Amiens, 1916.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tendresse (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020




J’ai connu un commissaire de police
qui était clown en dehors de ses heures de service

J’ai connu des glycines roses plus que la rose elle-même
c’était dans un jardin
chez les Bénédictins
à Solesmes
J’ai connu des cinémas pour bonbons à la menthe
j’ai connu ce vieux zèbre triste qui se lamente
et lentement se décolore au Jardin des Plantes
J’ai même connu l’homme qui prêtait sa voix pour l’horloge parlante
mais un matin lavé de ma vie de mes livres
neuf comme une larme Adieu tour Eiffel
je reviendrai vers l’arbre aux sources du vivre
apprendre à chanter pour le vent

Et le vent m’apprendra les parfums de la plaine
et le vent m’apprendra les senteurs de l’été
Coquillages d’odeurs dans la brume incrustés
vous ne reviendrez plus aviver quelque peine
Non je n’ai plus soif et je laisse
cette vie d’ardoise et de pierre
couler couler
et déborder les verres

Tendresse

(Francis Blanche)

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Ah ! vous dirai-je, maman (Anonyme XVIII ème siècle)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020




Ah ! vous dirai-je, maman,
Ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je raisonne,
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison.

(Anonyme XVIII ème siècle)

 

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Art brut (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019




    
Art brut

C’est quoi les fraises des bois ?
Des bonbons sauvages

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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PETITE COUSINE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019



Illustration
    
PETITE COUSINE

Cousine, petite cousine de miel sauvage, comme nous rampions
joueurs autour des pieds de table, nous approchions furtifs
des escarpins et des bottes, attrapions les lacets, vilaine,

vilaine cousine, blondes tes tresses et de bonbon
ta bouche, cette barque, cet été et ce lac
où j’inventai l’énigme de ta bouche,

aujourd’hui, tu noues toi-même tes lacets, tu es montée
dans mille trains, as pris des vols à destination de Milan
et arrêté des taxis à Prague et au Cap.

Quelque chose nous débusque, nous chasse de-ci de-là.
Ô qu’un jour me soit promis un bar de nuit
où tu consoles ma mélancolie avec des histoires,

quatre lacets noués ensemble pour toujours.

***

NICHTJE

Nichtje, wild honingnichtje, hoe we speels
langs tafelpoten kropen, pumps en laarzen
beslopen, steeds naar veters grepen, stout

stout nichtje, blond je vlechten en van snoep
je mond, die sloep, die zomer en dat meer
waar ik het raadsel van je mond uitvond,

nu strik je zelf.je veters, stapte duizend
treinen in, nam vluchten naar Milaan
en hield in Praag en Kaapstad taxi’s aan.

Jets drijft ons op. Jets jaagt ons heen en weer.
O dat mij ooit een nachtkroeg wordt beloofd
waar jij mijn heimwee met verhalen troost,

vier veters eeuwig aan elkaar geknoopt.

(Menno Wigman)

 

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