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Poésie

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Noir dans le noir (Clara Janès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2020



Illustration: Hugues Crépin
    
Noir dans le noir
et dans le noir, du noir
que sillonne l’éclair.
La mer s’ouvre
et le blanc bondit
jusqu’au récif
d’où les rêves brûlent de
se fracasser.

Traduction en Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

Negro en el negro
y en el negro, negro
cruzado por el rayo.
Y se abre el mar
y salta la blancura
hasta el cantil
desde el que los sueños
querían despeñarse.

Espagnol (original) Clara Janès

***

Zwart in het zwart
en in het zwart, zwart
door de bliksem doorkruist.
De zee opent zich
en het wit springt
tot aan de klip
van waar de dromen
zich te pletter willen storten.

Traduction en Néerlandais: Germain Droogenbroodt

***

Schwarz in Schwarz
und im Schwarzen, schwarz
vom Blitz durchkreuzt.
Und das Meer öffnet sich
und das Weiß springt
bis zur Klippe
von der sich die Träume
stürzen wollen

Traduction en Allemand: Wolfgang Klinck

***


Traduction en Persan: Sepideh Zamani

***

Μαύρο μες στο μαύρο
και στο μαύρο το μαύρο
που φώτισε η αστραπή
κι η θάλασσα αφήνοντας τη λευκότη
απλώνεται
μέχρι πάνω στο λόφο
απ’ όπου όνειρα
θέλουν να ξαπεταχτούν
από μόνα τους.

Traduction en Grec: Manolis Aligizakis

***


Traduction en Indi: Jyotirmaya Thakur

***

Nero su nero
e nel nero, nero
attraversato dai fulmini.
E il mare si apre
getta il bianco
sugli scogli
dai quali i sogni
vogliono cadere in pezzi.

Traduction en Italien: Luca Benassi

***


Traduction en Japonais: Naoshi Koriyama

***

Niuru ntô niuru
E lu niuru , niuru
Spacctu d’un raggiu
E si apri lu mari
Sauta la biancura
Finu a li scogghi
finu a quannu li sonnura
si tuffanu a la lavanca.

Traduction en Sicilien: Gaetano Cipolla

***

O escuro no escuro
no escuro, escuro
atravessado pelo raio.
E o mar se abre
até o penhasco
desde que os sonhos
queiram precipitar-se.

Traduction en Portugais: José Eduardo Degrazia

***


Traduction en Russe: Rahim Karim

***

Negru din negru
și-n negru, alt negru
despicat de fulger.
Se desface marea
izbind spuma albă
de coasta falezei
de care visurile
ar vrea să se desprindă.

Traduction en Roumain: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Black in the black
and in the black, black
crossed by lightning.
And the sea opens up
and skips the whiteness
up to the cliff
from which dreams
want to throw hurl themselves.

Traduction en Anglais: Stanley Barkan

***

Siyahın içinde siyah
Ve siyahın içinde, siyah
Yıldırım çarpılmış
Ve deniz açılır
Ve beyazı atar
Resiflere kadar
Hangi rüyalardan
Kendilerini parçalamak isterler

Traduction en Turc: Serpil Devrim

***


Traduction en Arabe: Sarah Silt

***

黑色中的黑色
而黑色之中,黑色
被闪电划过。
而大海敞开
接着把白色抛起
甩给礁石
梦想要在这
礁石上撞开自己。

Traduction en Chinois: William Zhou

***

Czarno w czerni
i w czerni czerń
przecięta przez nagły rozbłysk.
I rozpościera się morze
i rozrzuca biel
aż po urwisko
z którego marzenia
usiłowały się roztrzaskać.

Traduction en Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /

***

(Clara Janès)

Recueil: ITHACA 633Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Mon petit cheval (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2020




    
Mon petit cheval

Mon petit cheval la la
Mon petit cheval la la
Dans les prés, dans les bois
Galopant et galopette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cheval de bois

Mon petit mouton la la
Mon petit mouton la la
Dans les prés, dans les bois
Sautillant et sautillette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit mouton de bois

Mon petit cabri la la
Mon petit cabri la la
Dans les prés, dans les bois
Bondissant et bondissette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cabri de bois

Mon petit canard la la
Mon petit canard la la
Dans les prés, dans les bois
Dandinant et dandinette
(ou balançant et balancette)
Dans les prés, dans les bois
Mon petit canard de bois

(Suzanne François)

 

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JEU (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (39) [1280x768]

JEU

Je suis le cuisinier d’un feu de poésie,
Magicien tournant dans la marmite d’or
Le coeur purifié des paroles choisies
Avec le piment noir et pourpre de la Mort.

Je suis le capitaine d’un prince plus fort
Que tous les conquérants des Indes ou d’Asie,
Chuchotant tout à coup aux oreilles saisies
Le mot de passe impérieux, de port en port.

Par le monde mon seul adversaire est l’ennui;
Pour le mettre en déroute il n’est que sérénades :
Le caprice arlequin en bondissant me suit.

Bien déluré d’ailleurs qui dira d’où je suis,
Car chasseur kurde ou guitariste de Grenade,
J’enferme des oiseaux dans un cercle de nuit.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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CONSEILS AU POÈTE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Josh Fancher
    
CONSEILS AU POÈTE

Sois comme l’eau
celle de la source et celle des nuages
tu peux être irisé ou même incolore
mais que rien ne t’arrête
pas même le temps
Il n’y a pas de chemins trop longs
ni de mers trop lointaines
Ne crains ni le vent
ni encore moins le chaud ou le froid
Apprends à chanter
sans jamais te lasser
murmure et glisse-toi
ou arrache et bouscule
Bondis ou jaillis

Sois l’eau qui dort
qui court qui joue
l’eau qui purifie
l’eau douce et pure
puisqu’elle est la purification
puisqu’elle est la vie pour les vivants
et la mort pour les naufragés

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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PRINTEMPS INDIEN (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 

nuit nord

PRINTEMPS INDIEN

A la recherche de l’Amérique rouge
pêcheur d’origines

« commencer à recommencer »

dans l’extrême Nord-Ouest

blancheur brumeuse dans l’air
l’âme de l’hiver éclate
et une étoile bleue hurle haut dans le ciel

le sang bondit
la main touche aux racines

le centre jaillit de partout

la réalité s’ouvre
incandescente

*

INDIAN SPRING

In search of red America
fisher of origins

« to begin to begin again »

now up in the high North-West

smoky whiteness in the air
soul of winter
breaking out into blue yelling star

the blood leaps
the hand touches roots

the centre starts from everywhere
reality’s blazed

(Kenneth White)

Illustration

 

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UN VENT FRAPPE (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Maurycy Trebacz

    
UN VENT FRAPPE

Un vent frappe à la vitre
Silence en ma maison
Silence en ma maison comme dans mon coeur

Je fais ce que je veux
Ma tête tombe sur la table
Je la relève et regarde au-dehors
Regarde dans la rue

On frappe à la porte
Et je dis Entrez
Et je dis Entrez, qui donc, peu m’importe
Si, cela m’importe
Nul pourtant ne vient
Je dis Qu’il en soit ainsi c’est fort bien.

Je bondis soudain
Je sors dans la rue
Je sors dans la rue et puis je reviens
Ayant acheté des noix
Ces noix les ai-je achetées?
Pour quel invité?
Suis-je allé vraiment acheter des noix?

Il y a des noix et puis du raisin
Alors peut-être aller chercher du vin?
Aller chercher du vin très vite?
Je bondis encore
Je sors dans la rue et puis je reviens
Avec une fiole de vin

Ce vin l’ai-je acheté?
Pour quel invité?
Suis-je allé vraiment acheter du vin ?
Un vent frappe à la vitre
Silence en ma maison
Silence en ma maison comme dans mon coeur.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je bondis en arrière (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019


fuite

« Aujourd’hui cela fait tout juste 500 jours
que je t’ai rencontrée » me susurre cet homme
Je bondis en arrière

(Tawara Machi)

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Quand tu me caresses (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2019




    
Quand tu me caresses
je bondis

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

MARTYRE DE SAINTE EULALIE

 

LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE

PANORAMA DE MERIDA

Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.

LE MARTYRE

Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.

ENFER ET GLOIRE

La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Bernardo Martorell

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Lui (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


oeil-de-dieu

Ah, Lune – et toi, Etoile!
Vous êtes bien loin –
Mais – n’y eût-il rien de plus lointain que vous –
Croyez-vous qu’un firmament m’arrêterait –
Ou même – une Coudée !

J’emprunterais un Bonnet – à l’Alouette –
Au Chamois une bottine d’argent –
Un éperon à l’Antilope –
Et bondirais vers vous – ce soir !

Mais – Lune – et toi, Etoile –
Bien que vous soyez si loin –
Il en est un – de plus lointain que vous –
De Lui – plus qu’un firmament – me sépare –
Et je ne puis le franchir!

(Emily Dickinson)

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