Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bonhomme’

Il Changeait La Vie (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Il Changeait La Vie

C’était un cordonnier, sans rien d’particulier
Dans un village dont le nom m’a échappé
Qui faisait des souliers si jolis, si légers
Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un professeur, un simple professeur
Qui pensait que savoir était un grand trésor
Que tous les moins que rien n’avaient pour s’en sortir
Que l’école est le droit qu’a chacun de s’instruire

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un p’tit bonhomme, rien qu’un tout p’tit bonhomme
Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme
Se croyait inutile, banni des autres hommes
Il pleurait sur son saxophone

Il y mit tant de temps, de larmes et de douleur
Les rêves de sa vie, les prisons de son coeur
Et loin des beaux discours, des grandes théories
Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris
Il changeait la vie

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Louis Toffoli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EXTRAIT DU JOURNAL D’UN HOMME MÉFIANT (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2019



    

EXTRAIT DU JOURNAL D’UN HOMME MÉFIANT

« Il serait temps que je commence à écrire ces notes à l’envers, comme Léonard de Vinci,
pour dérouter les indiscrets, et surtout l’Indiscret. (Vous savez bien : Celui qui… Mais, suffit!)
Vu l’importance du Bonhomme, allons plus loin :
pas seulement les lettres à l’envers, ni les mots, mais les pensées elles-mêmes!
Car il faut toujours déjouer Ses ruses.

S’Il lui prend envie, pendant que j’écris, de regarder par-dessus mon épaule,
je veux qu’Il ne comprenne rien à ce qu’Il lira.
A dater de ce jour, 21 juin 19..,
je commence un nouveau chapitre de ce Journal Intime,
en écrivant le contraire de ce que j’éprouve, de ce que je pense.
Qui sera bien attrapé? »

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ATTENTE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


 


L’ATTENTE

Les années passaient. Auguste ne voyait rien venir.
Les saisons allaient leur bonhomme de train,
et la main sur les yeux, Auguste, l’attentif, guettait leurs longs cortèges.
Sable des nuits, vents et marées, jus dans les vignes, Auguste et son attente.
Il ne voyait rien venir.
Mais au fond, dit Auguste, un soir de canicule,

au fond, qu’est-ce que j’attends ?

(Norge)


Illustration: Odilon Redon

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Poésie (Raymond Dumaret)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La Poésie

Aime l’école buissonnière,
Suit son bonhomme de chemin.
Charme l’oreille d’un refrain.
Flâne, le coeur en bandoulière.

Elle vous prend le bras pas fière.
Puis, vous accompagne un instant
Pour s’échapper en sautillant,
Libre, joyeuse, familière.

Poésie d’aujourd’hui: demain
Débordante de joies nouvelles,
Plus chaleureuse et sensuelle,
J’ai le béguin pour ton jardin.

Souvent mon esprit va vers Elle.
Je la devine m’attirant,
Avec ses yeux bleus m’envoûtant.
Elle m’ensorcelle la belle.

(Raymond Dumaret)


Illustration: Josephine Wall

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

J’ai des chevaux blancs (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017




    
Me meus un toullad
roñsed gwenn,
Hag unan ruz d’o c’hempenn ?
– Ar genou,
an dent hag an teod.

– J’ai des chevaux blancs plein un trou,
Et un petit bonhomme rouge pour les tenir propre`
– La bouche,
les [la] dents et la langue.

(Aphorismes Bretons)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aga! (Valentin Bérestov)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Nous avons demandé
à un petit bonhomme:

« Dis-nous un mot au moins. »
Et le bout d’homme a dit:

« Aga! »

Et ça nous suffit bien,
ça suffit bien, ma foi!

(Valentin Bérestov)

Posted in humour | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Les enfants (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



petit-train

Les enfants

Ils ont leur langage à eux,
un langage de protection.

Qu’est-ce que Dieu ?
Un petit bonhomme sans queue
qui fume sa pipe au coin du feu.

Qu’est-ce que l’enfer ?
Un petit chemin de fer
qui parcourt toute la Terre
en récoltant des pommes de terre.

Ce sont des philosophes
d’une importance capitale.

(Jacques Prévert)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Un petit bonhomme rouge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



bonhommes

Un petit bonhomme rouge
rencontre un petit bonhomme vert
Et cela fait des dégâts
Dans un rêve de beaux yeux
issu d’un bouquet de soucis
Et l’on se sauve et se poursuit
Nous sommes passés par ici
Nous repasserons par là
Et nous courons
Et nous rions
Tout cela n’est pas de la blague
C’est l’amour c’est la vie
C’est tes beaux yeux ma chérie.(Robert Desnos)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’âge de raison (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015




L’âge de raison

La ville écrase la forêt
pour y installer son décor
sans songer au bruit que ferait
le chant de tous les oiseaux morts

On cimente les paysages
on bétonne les horizons
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Le petit sentier de l’école
est une autoroute à six voies
qui mène à la piste d’envol
où les Boeing hurlent de joie

Il y a du goudron sur la plage
et du gas-oil sur le gazon
Nous voici arrivés à l’âge de raison

On a piétiné les ballades
et les refrains de nos printemps
on en a fait des marmelades
pour les vieillards de dix-sept ans
qui font sauter les pucelages
avec des trognons de chanson
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Les décibels nous assassinent
les scooters nous bouffent le coeur
et la télé dans les cuisines
nous explique notre bonheur

Quand on veut rêver, les nuages
ont la forme de champignons
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Rien à faire petit bonhomme
mets ta tête sous l’oreiller
Grand-mère a bouffé une pomme
et c’est à nous de la payer

Tiens-toi tranquille reste sage
enfoui au creux de ta maison
et laisse, laisse passer l’âge de raison

(Francis Blanche)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :