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Poésie

Posts Tagged ‘bonnet’

Parce que de la viande (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Parce que de la viande était à point rôtie,
Parce que le journal détaillait un viol,
Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie
La servante oublia de boutonner son col.

Parce que, d’un lit grand comme une sacristie,
Il voit sur la pendule un couple antique et fol
Ou qu’il n’a pas sommeil et que sans modestie
Sa jambe sous les draps frôle une jambe au vol,

Un niais met sous lui sa femme froide et sèche
Contre son bonnet blanc frotte son casque-à-mèche
Et travaille en soufflant inexorablement:

Et de ce qu’une nuit sans rage et sans tempête
Ces deux êtres se sont accouplés en dormant
Ô Shakespeare, et toi Dante , il peut naître un poète!

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Margarita Sikorskaia

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Le Beau Temps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Le Beau Temps

La cerise commence à rougir,
mon cœur à n’avoir plus de peine,
et les lavandières à rire
le long de l’Oise et de la Seine.

Assis à l’ombre du village,
je ne me lasse point d’admirer,
d’ici au fond du paysage,
l’herbe à lapin aux fleurs dorées.

Sur un mur frissonnant de lierres,
avec leurs couronnes aux bras,
les croix de fer du cimetière
font une ronde tout là-bas.

Est-il bien utile d’agir ?
Entre mes doigts fleure une rose.
La cerise commence à rougir.
Ah ! Phébus, laissons faire aux choses

et se coiffer d’autres villages,
comme de gais bonnets pointus,
ces villages près des nuages
dans les bleus lointains confondus.

(Paul Fort)

 

 

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Zite (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Arnould de Vuez sainte_zite 7 [800x600]

Zite

Sainte aux yeux doux, sainte en bonnet, sainte en sabots,
Zite dont l’oratoire était une cuisine,
Zite, qui pour marmitons avait les Anges du ciel,
Zite, bon cœur, bon feu, bonne soupe et bon gîte,
Zite aux mains rouges fleuries de menthe et d’estragon,
Sainte Zite, mettez la table où s’attable l’Amour.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Arnould de Vuez

 

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Chanson du chat (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Chanson du chat

Chat, chat, chat,
Chat noir, chat blanc, chat gris
Charmant chat couché
Chat, chat, chat,
N’entends-tu pas les souris
Danser à trois des entrechats
Sur le plancher?
Le bourgeois ronfle dans son lit,
De son bonnet de coton coiffé,
Et la lune regarde à la vitre.
Dansez souris, dansez jolies,
Dansez vite
En remuant vos fines queues de fées.
Dansez sans musique tout à votre aise,
A pas menus et drus,
Au clair de lune qui vient de se lever,
Courez; les sergents de la ville dans la rue
Font les cent pas sur le pavé;
Et tous les chats du vieux Paris
Dorment sur leurs chaises
Chats blancs, chats noirs ou chats gris.

(Tristan Klingsor)

 

 

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Quelqu’un est venu (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2015



Quelqu’un est venu
encore une fois j’ai dû
ôter mon bonnet

***

hito no kite
mata mo zukin o
nugase keri

(Ryôkan)

 

 

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Je mis un bonnet rouge (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

vieux dictionnaires

Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mots sénateurs, plus de mots roturiers !
Je fis une tempête au fond de l’encrier.
J’ai dit aux mots : Soyez République ! Soyez
La fourmilière immense et travaillez ! Croyez.
Aimez, Vivez ! — J’ai mis tout en branle
[…]

(Hubert Juin)

 

 

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LA FLUTE ENCHANTÉE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2015



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LA FLUTE ENCHANTÉE

L’ombre est douce et mon maître dort,
Coiffé d’un bonnet conique de soie,
Et son long nez jaune en sa barbe blanche.
Mais moi je suis éveillée encore
Et j’écoute au-dehors
Une chanson de flûte où s’épanche
Tour à tour la tristesse ou la joie,
Un air tour à tour langoureux ou frivole
Que mon amoureux chéri joue,
Et quand je m’approche de la croisée,
Il me semble que chaque note s’envole
De la flûte vers ma joue
Comme un mystérieux baiser.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Guy Baron

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