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Poésie

Posts Tagged ‘bord’

SIGNES (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



SIGNES

Les étoiles sont sur la terre
Elles glissent le long du pont
Et sur le bord de l’autre rive
Leur reflet vibre à travers l’eau
Dans un grand bruissement de roues
L’homme les conduit sur les routes
Où les arbres suivent leur fuite.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Il sait ton corps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019




Il sait
Ton corps,
Comment les molécules
Débouchent dans les pétales,
Dans ce qui vient trembler
Jusqu’au bord de tes yeux.

(Guillevic)

 Illustration: Marc Chagall

 

 

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Sous le bord du toit (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



 

Sous le bord du toit
il n’y a dans le miroir
qu’un reflet de lune.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

 

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Union des corps (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2019



Illustration: Christophe Merlot
    
Union des corps

Chaque membre réclame chaque membre.
L’union de l’esprit appelle l’union des corps.
Le corps possédé par le coeur sous la pression du coeur
Languit de s’évanouir dans ton corps.
Les yeux sans cesse attirés par tes yeux,
Les lèvres cherchent à mourir à l’intérieur de tes lèvres.
L’âme assoiffée qui gémit amèrement
Pour te contempler avec chaque membre.
Le coeur dissimulé dans la mare du corps,
Sur son bord éternellement je verse mes larmes.
Remplissant de tous mes membres la soif du coeur
Je plongerai au fond du mystère du corps.
Jour et nuit mon esprit, mon corps pour toujours
Seront absorbés par chacun de tes membres.

***

Bodies meeting

Each limb craves for every limb.
Ûnion of spirit looks for union of bodies.
Body possessed by heart with the weight of heart
Longs to faint into your body.
Eyes endlessly drawn by your eyes,
Lips want to die inside your lips.
Thirsty the soul is bitterly wailing
To contemplate you with every limb.
Heart concealed in the pool of body,
Eternally I keep on weeping on its bank.
Pouring all my limbs in the yearning heart
I shall plunge into the mystery of body.
Day and night, my mind, my body for ever
Will get absorbed in each of your limbs.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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LE DON DE JOIE (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE DON DE JOIE

Qui trouve au bord du dénuement
sur les remparts de sa faim
une larme discrète
l’amère saveur du chaos
qui du fond de sa solitude
tire un visage attentif
une fontaine coutumière
et parle sans souci de ses propres embûches
celui-là sait que Dieu s’installe dans le corps
pour une éternité première
et rien ne peut plus le distraire
de cette voix qui s’est tue
au centre de l’épi.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Ce que l’esprit voudrait sentir (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2019



 

Illustration: Franck Gervaise
    
Ce que l’esprit voudrait sentir au bord d’un golfe,
c’est l’ampleur de toute la mer.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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En une attente désespérée (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Renata Ratajczyk
    
En une attente désespérée je vais cherchant après elle
dans tous les coins de ma demeure; je ne la trouve pas.
Ma maison est petite, et ce qui une fois en est sorti jamais plus ne peut être ressaisi.
Mais immense est ton palais, mon Seigneur,
et tandis que je cherchais après elle je suis parvenu devant ta porte.

Je m’arrête sous le céleste dais d’or de ton soir,
et vers ton visage je lève mes yeux pleins de désir.
Je suis parvenu sur le bord de l’éternité d’où jamais rien ne se dissipe
– nul espoir, nul bonheur, nul souvenir de visage entrevu à travers les larmes.

Oh ! trempe dans cet océan ma vie creuse,
plonge-la dans le sein de cette plénitude, et que cette caresse perdue,
je la ressente enfin dans la totalité de l’univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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LES SONGES DE L’INANIMÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LES SONGES DE L’INANIMÉ

Le vagabond des millions d’années
l’Inanimé
s’efforce Il monte il trébuche à travers
le va-et-vient l’affiche lumineuse
des nuits et des jours.

ll s’approche il monte, l »Inanimé, le vagabond,
il heurte de son bâton
les bords du chemin éboulé
ll peine il gémit il s’efforce
d’être un jour ce qu’il rêve,
de prendre vie.,
de troquer l’insensible contre la douleur
d’échanger l’innombrable
contre l’unique,
contre un destin.

Futur empereur future idole
le caillou vagabond
limé couturé par l’embrun
veut gravir les degrés prendre figure
faire éclore sur sa face camuse
une bête qui brame
un philosophe qui bougonne
un saint qui se tait
un dieu qui souffre et qui meurt

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Voyages de minuit (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Voyages de minuit.
Retours des abîmes qui concernent
le refuge d’être vivants, dans l’ombre,
au bord de l’abîme total.

On a essayé de se bander les yeux
ou d’accéder aux cécités provisoires que la vie nous accorde,
mais le pouvoir de la vision perfore tous les murs
et nous fige dans la haute mer muette.

Voyages de minuit.

Après quoi on peut voyager n’importe où,
et prendre dans la main la pensée
comme une petite lampe votive
dans ce temple dénudé.

***

Viajes de la medianoche.
Regresos de los abismos relativos
al refugio de estar vivos, en la sombra,
al borde del abismo total.

Hemos tratado de vendarnos los ojos
o acceder a las cegueras provisorias que la vida nos permite,
pero et goder de la visíon perfora cualquier mura
y nos planta en los piélagos callados.

Viajes de la medianoche.

Después se puede viajar a cualquier parte
y tomar en la mano el pensamiento
como una pequeña lámpara votiva
en este templo desnudo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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