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Posts Tagged ‘bosquet’

Tapisserie (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

jardin secret

Tapisserie

Un magique jardin aux merveilleuses flores,
Avec des escaliers, des rampes, des bosquets ;
Sur les arbres taillés un vol de perroquets
Mêle un éclat vivant d’ailes multicolores ;

Et, tout au fond, dans les charmilles compliquées
Que l’Automne pique de ses parcelles d’or,
Se dresse, solitaire, un vieux Palais où dort
Un lointain souvenir de fêtes évoquées ;

La dégradation douce d’un crépuscule
Enveloppe le beau jardin et s’accumule
Sur le luxe défunt des fastes accomplis ;

Dans les arbres les perroquets à vifs plumages
Volettent, comme si, troublant les longs oublis,
Quelque Belle y traînait ses robes à ramages.

(Henri de Régnier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

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Quand on porte une pensée dans son cœur (Chen Zi’ang)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Quand on porte une pensée dans son cœur
on la loge dans ses yeux
et si les sentiments veulent s’échapper
on les confie a la parole

Chaque beau jour qui s’écoule
s’en va pour ne plus revenir ;
Le printemps suit son cours rapide
et déjà touche à son déclin.
Abîmé dans une rêverie sans fond,
je ne sais où se perdent mes pensées ;
Je suis couché sous les grands arbres,
et je contemple l’œuvre éternelle.

Hélas !
toute fleur qui s’épanouit
doit mourir en son temps,
Les chants plaintifs du ki-kouey
en avertissent mon oreille attristée.
Que d’êtres anéantis, depuis l’âge antique
des grands vols d’oies sauvages !

L’homme le plus populaire des siècles passés,
s’il revenait aujourd’hui, qui le reconnaîtrait ?
Les fleurs appelées Lân et Jo,
depuis le printemps jusqu’à l’été,
Croissent avec vigueur.

Oh ! combien elles sont verdoyantes !
combien elles sont verdoyantes !
Solitaires, au plus profond des bois,
elles développent leur beauté
dans le bosquet désert.
La fleur entrouvre sa corolle odorante,
et s’élance sur sa tige
dans tout l’éclat de ses vives couleurs.

Cependant le soleil s’éloigne
et s’affaiblit peu à peu :
Le vent d’automne surgit
au milieu des feuilles tremblantes ;
Les fleurs de l’année s’épuisent
et tombent entraînées par lui ;

Mais le parfum de la fleur,
enfin, que devient-il ?

(Chen Zi’ang)

 

 

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PAR UN TEMPS TIÈDE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
PAR UN TEMPS TIÈDE
Ouan-Tchan-Lin

Les jeunes filles, d’autrefois, sont assises dans le bosquet fleuri
et parlent bas entre elles.

« On prétend que nous sommes vieilles et que nos cheveux sont blancs ;
on dit aussi que notre visage n’est plus resplendissant comme la lune. »

« Qu’en savons-nous ? C’est peut-être une médisance ; on ne peut pas se voir soi-même. »

« Qui nous dit que l’hiver n’est pas de l’autre côté du miroir,
obscurcissant nos traits et couvrant de gelée blanche nos chevelures ? »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LOIN, LÀ-BAS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
LOIN, LÀ-BAS

Ô boeuf qui soufflait de la vapeur quand un jour je le vis,
tout enfant, sous le soleil du Nicaragua aux ors éclatants,
dans la féconde hacienda, pleine de l’harmonie
du tropique ; ô colombe des bosquets résonnants
au bruit du vent, des haches, des oiseaux et des fringants
taureaux, je vous salue, car vous êtes ma propre vie.

Lourd boeuf, tu évoques la douce matinée
qui appelait à la traite de la vache laitière,
quand mon existence était toute blanche et rosée,
et toi, roucoulante colombe des hautes terres,
tu incarnes dans mon printemps éloigné
tout ce que recèle la divinité printanière.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Fleur de grenadier (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Fleur de grenadier

Après le toréador Havradi, après les processions,
après les courses de taureaux, après les arrivages de la flotte d’Espagne,
ce que les habitants de Mexico aimaient le mieux,
c’était la danseuse Grenadilla.

Seigneurs, bourgeois, matelots, soldats,
tout le monde la connaissait, tout le monde l’admirait,
tout le monde la respectait,
et pourtant ce n’était qu’une pauvre danseuse des rues,
une fille du peuple qui ne connaissait même pas sa famille,
une bohémienne, une saltimbanque.
Mais quand cette bohémienne, cette saltimbanque,
se mettait à danser le fandango, il n’y avait pas de duchesse qui eût l’air plus noble,
la taille plus souple, les gestes plus fiers et plus gracieux que la Grenadilla.
Dès qu’elle paraissait, son tambour de basque ou ses castagnettes à la main,
la foule s’amassait autour d’elle, on faisait cercle,
on se disputait une place pour la voir danser.
Le directeur du théâtre avait voulu l’engager, mais sans succès.
La Grenadilla ne voulait pas être autre chose que la danseuse du peuple,
aussi le peuple l’adorait.
Malheur à celui que eût osé toucher seulement un cheveu de la Grenadilla!

[Mais on ne peut échapper au destin:]
Après trois mois de traversée, le vaisseau qui la portait [vers l’Europe] fit naufrage.
Le corps de Grenadilla fut porté par la vague sur le rivage d’Espagne.
La Fée aux Fleurs, qui se trouvait en ce moment dans ces parages pour surveiller le Jasmin,
recueillit le corps de Grenadilla et permit qu’à l’endroit où elle l’avait trouvé
s’élevât un magnifique bosquet de grenadiers
dont les fleurs et les fruits réjouissent la vue,
comme Grenadilla la récréait autrefois par sa beauté et ses talents.

(J.J. Grandville)

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Si tu veux être à l’abri de tout mal (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration
    
Si tu veux être à l’abri de tout mal,
ferme tes yeux à tout ce que tu perçois de prime abord,
et regarde au loin.

Vois que toutes les choses non-existantes existent en réalité!
Vois que toutes les choses existantes sont assurément viles.

Vois au moins que quiconque possède l’intelligence
cherche le non-être jour et nuit.

En mendiant, ils cherchent un bienfait qui n’existe pas;
au bazar, ils cherchent un profit qui n’existe pas.

Dans les champs, ils cherchent une récolte qui n’existe pas;
dans les bosquets, ils cherchent un palmier qui n’existe pas.

Dans les écoles, ils cherchent un savoir qui n’existe pas;
dans les monastères,ils cherchent une abstinence qui n’existe pas.

Ils ont jeté les choses existantes derrière eux,
ils sont les chercheurs et les esclaves de choses qui n’existent pas.

Car la mine et le trésor des actes divins
n’est autre que le non-être se manifestant.

(Mawlana Rûmî)

 

 

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DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME

Dieu
J’ai fait le monde d’eau et d’argile,
Tu as fait l’Iran, la Tartarie et l’Ethiopie;
J’ai placé dans le sol le minerai de fer,
Tu as fait l’épée, la flèche et le fusil;
Tu as fait la hache pour l’arbre de la prairie,
Tu as fait la cage pour l’oiseau chanteur!

L’homme
Tu as créé la nuit et j’ai fait la lampe,
Tu as créé l’argile et j’ai fait la tasse,
Tu as créé les déserts, les montagnes et les forêts,
J’ai fait les vergers, les jardins et les bosquets;
C’est moi qui transforme la pierre en un miroir,
C’est moi qui transforme le poison en antidotes!

(Mohammad Iqbal)

 

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La chanson s’en revient (Natan Alterman)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Françoise Martin-Marie
    
La chanson s’en revient

La chanson s’en revient qu’en vain tu avais fuie :
Le chemin se dessille encore et tout du long,
Un nuage en son ciel, un arbre dans sa pluie
Sont ici à t’attendre, ô passant vagabond.

Le vent se lèvera, un vol de balançoires
Fera passer l’éclair juste au-dessus de toi.
La biche et la brebis confirmeront qu’un soir
Tu les as caressées et puis repris la voie,

Qu’évidées sont tes mains, que ta ville est lointaine
Et que plus d’une fois tu t’es jeté à terre
Devant un vert bosquet, une femme sereine,
Une cime mouillée d’une pluie de paupière.

(Natan Alterman)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Itzhaki et M Garel
Editions: Gallimard

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Assise en broussaille, les yeux encore pleins de rosée (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017



Assise en broussaille, les yeux
encore pleins de rosée,
dans le bosquet
la terre fume
et la brume
monte en spirales de sa pipe d’écume

Les bras levés
émerge un chêne
qui sur scène
bat la mesure

Leçon de danse
et de solfège
Accords de harpes
et arpèges

Par la coulisse
à claire-voie
sur les pointes
le jour se glisse

L’heure tourne
sa valse lisse
de tournelune
en tournesol

Autour du col
des flamants roses
l’aurore s’enroule
et s’irise

Ritournelles des tourterelles
Rondes des lilas et des lis
Vols d’ibis
Bleus d’iris
Volutes des volubilis

(Christiane Barrillon)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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La nuit, quand le pendule de l’amour balance (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



La nuit, quand le pendule de l’amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du cœur
et ton œil bleu,
d’orage tend le ciel à la terre.

D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêve
l’Expiré nous effleure
et le Manqué hante l’espace, grand comme les spectres du futur.

Ce qui maintenant s’enfonce et soulève
vaut pour l’Enseveli au plus intime :
embrasse, aveugle, comme le regard
que nous échangeons, le temps sur la bouche.

(Paul Celan)

Illustration: Sonia Deshayes

 

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