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Poésie

Posts Tagged ‘bouche’

Il y a des poème (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Il y a des poèmes qui se font en bouche,
il y a des poèmes qui sortent de la gorge,
il y a des poèmes qui émergent du ventre
disant tout et ne disant rien.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

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LA-BAS (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017


 


 

Bretagne

LA-BAS

Les Bretonnes au coeur tendre
Pleurent au bord de la mer;
Les Bretons au coeur amer
Sont trop loin pour les entendre.

Mais vienne Pâque ou Noël,
Les Bretons et les Bretonnes
Se retrouvent près des tonnes
D’eau-de-vie et d’hydromel.

La tristesse de la race
S’éteint alors dans leurs yeux;
Ainsi les plus tristes lieux
Ont leur sourire et leur grâce.

Mais ce n’est pas la gaîté
Aérienne et sans voiles
Qui chante et danse aux étoiles
Dans les belles nuits d’été.

C’est une gaîté farouche,
Un rire plein de frissons,
Ferment des âpres boissons
Qui leur ont brûlé la bouche.

Plaignez-les de vivre encor;
Ce sont des enfants barbares.
Ah! les dieux furent avares
Pour les derniers nés d’Armor!

(Charles Le Goffic)

Illustration

 

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Etudes (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




    
Etudes

Études monotones
la litanie de la pluie
réveille le sommeil il roule
sur des cordes dans ma
conscience d’un
pas sourd
marchent
des régiments morts
à travers mon cerveau
sans nom sans visage
le temps
pleure une marche funèbre
face au juge inconnu
je lève ma main jurant
mon innocence
je ne suis
qu’une
goutte
coulant
dans la bouche
de la terre assoiffée

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

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Vers (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Leslie Adams
    
Vers

Tu vois, je t’aime,
je te trouve si gentille et si légère
tes yeux sont si lumineux
je t’aime, je t’aime.

Et ton nez et ta bouche et tes cheveux
et tes yeux et ton cou avec
ton petit col et ton oreille
avec la mèche devant.

Tu vois j’aimerais tant
être toi, mais ce n’est pas possible
la lumière t’entoure, tu es
ce que tu es.

Oh oui, je t’aime,
je t’aime tellement,
je voulais tant te le dire —
mais je n’arrive pas à le dire.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Le petit bout de rêve (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Le petit bout de rêve

Ce n’est qu’un petit bout de bout de rêve
Petit bout de nez, de sein, de chemin
Le plus beau petit bout de fesse d’Ève
Petit bout de frange accroché à rien

Petit boute-en-train métropolitain
Mi prêt-à-porter mi chic parisien
Gauchissant du jean, basket en satin
C’est monsieur Claudel, c’est pas pour les chiens

Le collant qui danse bien plus qu’il ne tient
Chaud, dès le début du printemps, plus rien
Ventre de violon, gorge sans soutien
Miracle ! Miracle ! C’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bousculance
Petit pas de deux dans le quotidien
Petit bout de cul posé sur deux jambes
Et qui n’en finit pas d’être aérien

Petit bouche-à-bouche au petit parfum
De petites lèvres aux dents de requin
De petits galops de cheval indien
Et de fleurs sauvages mais sans venin

Petit coup de foudre pour Jacques Bertin
Jacques de Bronckart, Jacques Brel et Jacques Machin
Petit coup de mauve au moindre chagrin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bout de sexe
De mémoire d’homme nul n’avait vu
Petit bout de bout de petite sève
De petits jardins si bien suspendus

Petit porte-monnaie pour les copains
Petit porte-drapeau pour les Chiliens
Venus de la côte du Cotentin
Voir ce qui fait courir les Parisiens

Ne me demandez pas à quoi ça tient
L’amour d’une femme, je n’en sais rien
Petit bout de Dieu, croix sur le chemin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient (x3)

(Maurice Fanon)

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Sens dessus dessous (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Emil Nolde
    
Sens dessus dessous

Bras dessus, bras dessous
On se « tu », on se « vous »
Bras dessus, bras dessous
Sens dessus dessous

Pour deux sous de fleurs
Pour dessus de lit
On se prend le cœur
Quand le cœur nous dit
Qu’on se couche ici
Qu’on se couche ailleurs
Tu es plus jolie
Sans papier à fleurs
Qu’on se touche ici
Qu’on se touche ailleurs
De la bouche au lit
On se sait par cœur

Bras dessus, bras dessous
On se « tu », on se « vous »
Bras dessus, bras dessous
Sens dessus dessous

Si tu étais fleur
Au jardin l’été
Je serais flâneur
Banc ou jardinier
Si tu étais sœur
Au cloître inconsolée

Je serais le Seigneur
Son fils ou un abbé
Si tu étais guillotine
À la Santé
Je prierais ces messieurs
De bien me condamner

Bras dessus, bras dessous
On se « tu », on se « vous »
Bras dessus, bras dessous
Sens dessus dessous

Et que vienne l’heure
De nous séparer
On se donne une heure
Tout est pardonné
Et que vienne l’heure
Pour moi de pleurer
Si je pleure pour toi
Je serai satisfait
Et que vienne l’heure
De ta tombe fleurie
À la première fleur
Je choisis de mourir

Bras dessus, bras dessous
On se « tu », on se « vous »
Bras dessus, bras dessous
Sens dessus dessous

(Maurice Fanon)

 

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JEUNE FILLE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017



JEUNE FILLE

Dans ta bouche la tendresse
du fruit émoustille
toutes tes papilles
et sous la caresse
du vent du large frétille
comme une anguille
ton corps de jeune fille
dont le regard s’écarquille
de deux yeux ronds comme des billes
dans le soleil qui grésille
dans ce lieu de paresse
où tu nattes ta tresse.

(Jean-Baptiste Besnard)

son site ici: Jean-Baptiste Besnard

Illustration: Calderon Philip Hermogene

 

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Ta bouche (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Ta bouche
où mon feu tombe
goutte à goutte
lézarde la nuit
me réinvente
incandescence du jour

(Rabah Belamri)

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