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Poésie

Posts Tagged ‘bouche’

L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Pourtant (Oleg Grigoriev)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



La bouche de maman,
Le nez de papa,
Le menton de tonton,
Les oreilles de tante Adèle…
Le tout, pourtant,
C’est bien moi!

(Oleg Grigoriev)


Illustration

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Et là, soudain (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Et là, soudain, le mental coule.
Qu’est-ce qu’une pensée ?
Cri silencieux dans la bouche blanche.
Cela unit, cela déchire.
Viol et puis la douceur.
La contradiction est le foyer de l’identité.
Etats du corps, états de la veille:
mêmes tranches de vif.
Entre les choses, entre nos dents, le vide :
ici et là, quel besoin de langue !
Il y a battement et manque.
Il y a présence et absence.
Désir, désir — désir. Les mots, les images :
où est le positif et où le négatif?

(Bernard Noël)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’ENGORGEMENT (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



L’ENGORGEMENT

L’engorgement de l’ombre
Ensable ton visage

Distance anéantie
La mer s’est retirée
Du pays que tu cherches
Plus bas que terre

Mais au fond de ce puits
D’où rien ne sort
La fleur des nerfs s’épanouit
Et ta chair qui se tend
Assemble éclair et foudre

Sur ta bouche j’épie
Leur long piétinement
Et ta voix se disjoint
Interrogeant la cendre

(Jean-Louis Depierris)

 

 

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Langue liane (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021


Benjamín Wu     [1280x768]

Langue liane Eau jade au jadis du temps des lanternes
traversières Je hélai ta chair au long des rives, soudain
nautonier du nocturne Le geste allait se brisant dans le crin
du corps avec des guerres civiles et des bouches d’entrailles
Une meute prenait garnison parmi tes seins Un jour d’empreintes

Déjà tu étais bannie de toi L’oiseau fuyait Les arbres s’en allaient
avec des élégances déchues et des années promises à qui étreint
pénètre Dans les ronciers de la fourche des jambes les chevaux
de mes dents venaient boire Tu étais libre des linges un éclat
de marbre avec des ombres

(Hubert Juin)

Illustration: Benjamín Wu

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Immense, l’Océan (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Immense, l’Océan dessoude mon poème, puis le rameute,
troupeau des mots dans tout le vert des prairies d’eau,
le chante à voix mi-basse et scande soudain les strophes impératives,
puis revient en ses cavernes et murmure l’Océan même aux mille bouches de l’Océan :
un poème qui est rond et se dit à lui-même le poème qu’il est, qui n’est rien.

(Hubert Juin)

 

 

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Qu’importe le soleil (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Albena Vatcheva  (6) [1280x768]

Qu’importe le soleil si de moi ta bouche se détourne.
Tu fais la nuit en moi. Tu règnes. Tu pardonnes.

(Hubert Juin)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Oui j’attends que la lumière se pose sur mes notes (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2021




    
oui
j’attends que la lumière
se pose sur mes notes
comme un amant
comme un aimant
l’aimant des apparitions
là où tout palpite
au fond de l’infiniment sensible
où l’identité
n’est plus qu’un
vacillement
toutes les aubes viennent à ma bouche
toutes les aubes
respectent l’arc-en-ciel
je suis un argonaute du souffle

(Zéno Bianu)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: John Coltrane (Méditation)
Traduction:
Editions: le Castor Astral

 

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Postlude (Octavian Soviany)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2021



Illustration: Pascal Renoux
    
Postlude

Il nous reste la tristesse, ténue comme une bruine,
Dans les paumes ouvertes, sur la bouche, la poitrine,
Et le sang qui fuit vers la mort, aérien.
En dessous c’est le rien. Dessus, toujours rien.

(Octavian Soviany)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction: Traduit du roumain par Radu Bata
Editions: Unicité

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Cueillie au printemps (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Le poète se souvient d’une fleur…

cueillie au printemps

Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde
Éveilla, malice ou mégarde,
mon désir pas encor viril.

C’est ta bouche au rose grésil
Qui fut pour ton page, Hildegarde,
Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde.

J’ai connu les deuils, le péril,
Depuis, et l’angoisse hagarde !
mais qu’importe, puisque je garde
Fraîche en mon vieux coeur puéril
Une rose d’un mois d’avril !

(Catulle Mendès)

 

 

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