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Poésie

Posts Tagged ‘bouche’

Accords perdus (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Daphné Collignon
    
Accords perdus

Bouche à bouche, mot à mot. Lis sur mes lèvres.
Elles s’approchent de toi et soufflent un parfum de fièvre.
Écoute. Entend la demande d’une femme cloîtrée dans le silence.
Laisse-moi faire l’esquisse des courbes qui te composent.
Réveillons l’harmonique de nos corps à corps.
Le canevas de ta peau suscitera plus d’accords
Que la rivalité morose dans laquelle nos jouissances
Ont été encloses.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus
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LA MER EST LA ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




La mer est là? Très bien, qu’elle entre.
Apportez-moi
la grande cloche, de race verte.
Celle-ci, non. L’autre, celle qui a
sa bouche de bronze ébréchée.
Et maintenant c’est tout, laissez-moi seul
avec la mer fondamentale, avec la cloche.
Je veux ne pas parler pour un long bout de temps,
je veux, silence, apprendre encore,
je veux savoir, oui, Si j’existe.

(Pablo Neruda)

Illustration: Geneviève Goulley

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L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)

Illustration: Danielle McManus

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Moisson d’attentes, Nuit tu rêvas (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



    

Moisson d’attentes, Nuit
tu rêvas
de rives incroyables,
remerciant.

Tu aurais voulu graver
son nom sur la porte
interdite, dessiner
le feu de sa bouche,

La syllabe de ses jambes,
la lettre de ses doigts.
Tu as connu de sensibles oiseaux :

Les voici désormais qui se taisent,
la nuit ancienne tourne
autour des yeux plus froids.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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A chaque oiseau le nid est beau (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



A chaque oiseau
le nid est beau.
Entre l’oeuf et le nid
l’oiseau vit sa vie.
Pas vu pas pris
un oeuf un nid un oeuf un nid
n-i ni ça n’est jamais fini.

Les oiseaux sont mouches
mangeurs de charogne
les oiseaux sont lyres
les oiseaux sont ivrognes
les oiseaux sont ivres.
Les baisers sont des oiseaux-bouches
le ruisseau les mire.

(Armand Lanoux)


Illustration: Jean-H. Guilmette

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Caniculaire (Jean Lescure)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



Caniculaire

Quand le soleil se couche
un autre feu se lève
je le bois sur la bouche
que tes cuisses soulèvent

(Jean Lescure)


Illustration: Pascal Renoux

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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Le muguet rougit (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Le muguet rougit — le
sang tire à soi
les blancs, nous
sommes suspendus
au-dessus du chagrin,

désarticulés, gauches,
paroles défleuries,
mémoire au rebut,

nous bourlinguons
dans nos noirceurs,
nos bouches s’unissent,
ténèbres — traversée
des étoiles mortes.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Voix de l’intérieur du bleu. (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    
Voix de l’intérieur du bleu.
nous y habitons
comme en un refuge respirable.
Et nous buvons à la table des heures

un vin lumineux, un vin
qui ne s’épuise pas.
Nous te comprenons, silence.
comme l’eau des sources

qui compte et recompte, bouche ouverte,
les nuits et les jours.
Et nous t’interrogeons, désir

qui es au coeur du monde, sous
Ies paupières, et dans le souffle retenu
du dieu absent.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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