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Poésie

Posts Tagged ‘bouclier’

N’oubliez pas (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



    
N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier
contre le regard des impurs.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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Mouvements d’écartèlement (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017




    
Mouvements d’écartèlement et d’exaspération intérieure
plus que mouvements de la marche
mouvements d’explosion, de refus,
d’étirement en tous sens
d’attractions malsaines, d’envies impossibles
d’assouvissement de la chair frappée à la nuque
Mouvements sans tête
A quoi bon la tête quand on est débordé?
Mouvements des replis et des enroulements sur soi-même
et des boucliers intérieurs
mouvements à jets multiples
mouvements à la place d’autres mouvements
qu’on ne peut montrer, mais qui habite l’esprit
de poussières
d’étoiles
d’érosion
d’éboulements
et de vaines latences

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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La naissance (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




La naissance

Qui ne naît pas orphelin
à l’ère des roses artificielles et des relents d’acide ?
Qui peut encore reconnaître le sein de sa mère
après le premier cri
les premières larmes ?

La poignée de la porte bouge
en même temps que l’os du bassin
Et avant que le petit poumon ne se gonfle
de la première bouffée d’air
les chaînes se referment sur les mains délicates

Puis commence la reptation
sur des gradins inconnus
de potences et de boucliers de braise
alors que les canons des fusils
sont toujours braqués
sur les babils interdits

(Aïcha Arnaout)

 

 

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Et toi qui me suis en rampant (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016


 


 

Akseli Gallen-Kallela n [1280x768]

Et toi qui me suis en rampant
Dieu de mes dieux morts en automne
Tu mesures combien d’empans
J’ai droit que la terre me donne
O mon ombre ô mon vieux serpent

Au soleil parce que tu l’aimes
Je t’ai menée souviens-t’en bien
Ténébreuse épouse que j’aime
Tu es à moi en n’étant rien

O mon ombre en deuil de moi-même
L’hiver est mort tout enneigé
On a brûlé les ruches blanches
Dans les jardins et les vergers

Les oiseaux chantent sur les branches
Le printemps clair l’avril léger
Mort d’immortels argyraspides
La neige aux boucliers d’argent

Fuit les dendrophores livides
Du printemps cher aux pauvres gens
Qui resourient les yeux humides
Et moi j’ai le coeur aussi gros

Qu’un cul de dame damascène
O mon amour je t’aimais trop
Et maintenant j’ai trop de peine
Les sept épées hors du fourreau

Sept épées de mélancolie
Sans morfil ô claires douleurs
Sont dans mon coeur et la folie
Veut raisonner pour mon malheur
Comment voulez-vous que j’oublie

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Akseli Gallen-Kallela

 

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Le Front (Tony Curtis)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



Il fut frappé d’une balle
et il tomba.
Je me rendis jusqu’à lui
penché sous le feu ennemi.

Je te tiens.
Ca va
Ai-je dit.

En mettant ses bras autour de mon cou
Je l’ai transporté
vers la sécurité derrière nos lignes,
Son visage était mouillé contre mon cou.

Ils n’ont pas arrêté,
de tout le trajet,

Prenant des balles tout le temps
il est mort contre moi
et je le portais
comme une fourrure
mon bouclier
mon frère
mon autre peau.

(Tony Curtis)

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DEIRDRE DES DOULEURS (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Conchobar

DEIRDRE DES DOULEURS

Ô Conchobar que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

Celui qui fut pour moi le plus beau sous le ciel,
celui qui me fut si cher,
tu me l’as enlevé, c’est grande tristesse
que je ne puisse le voir que dans la mort.

Elle est disparue pour moi
la forme sous laquelle paraissaient les fils d’Usnech,
tertre noir de jais sur un corps blanc,
que les femmes connaissaient bien.

Deux joues de pourpre plus belles qu’une prairie,
des lèvres rouges, des cils noirs comme le scarabée,
des dents couleurs de perles,
noble blancheur de la neige.

Je connaissais bien son clair vêtement
au milieu des guerriers d’Ecosse,
son manteau de belle pourpre
avec sa bordure d’or rouge,

sa tunique de satin, grand trésor,
où avaient été cent mains, doux nombre,
pour le broder on employa
cinquante onces de laiton,

son épée à poignée d’or dans sa main,
deux javelots gris à la terrible pointe,
un bouclier à bords d’or jaune
et sur lui une bosse d’argent.

Si sur la plaine se trouvaient
les Ulates devant Conchobar,
je les donnerais tous, sans conteste,
pour le visage de Noisé, fils d’Usnech.

Ne brise pas aujourd’hui mon coeur,
bientôt j’irai vers ma tombe proche.
Le chagrin est plus fort que la mer,
le sais-tu ô Conchabar ?

O Conchobar, que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

L’exil des fils d’Usnech
Livre de LEINSTER.

(Poésie Irlandaise)

 

 

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LE PALAIS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016




LE PALAIS

Nous entrâmes. Rien qu’une salle immense
silencieuse et vide, où la surface du sol miroitait
comme la glace d’une patinoire abandonnée.
Toutes portes fermées. L’air était gris.

Des peintures aux murs. Où l’on voyait
grouiller des images sans vie : des boucliers, des plateaux
de balance, des poissons, des silhouettes de guerriers
dans un monde sourd et muet de l’autre côté.

Une sculpture était exposée dans le vide :
seul, au centre de la salle, se dressait un cheval,
que nous ne remarquâmes tout d’abord pas
tant le vide nous captivait.

Plus faiblement que les murmures d’un coquillage,
on percevait les bruits et les voix de la ville
tournoyant dans cet espace désert et
bourdonnant à la recherche du pouvoir.

Autre chose encore. Quelque chose d’obscur
vint se poster aux cinq entrées de nos
sens mais sans les franchir.
Le sable s’écoulait dans les verres du silence.

Il était temps de bouger. Nous nous approchâmes
du cheval. Il était gigantesque,
noir comme du métal. Une image du pouvoir
restée là après le départ des princes.

Le cheval nous dit: «Je suis l’Unique.
J’ai désarçonné le vide qui me chevauchait.
Voilà mes écuries. Je grandis peu à peu.
Et je mange le silence ici répandu.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Exister (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



Un gaulois dans un paysage d’été
avec posés près d’une fourmilière
son casque décoré d’ailes
ainsi que son bouclier rond
comme sont rondes tant de choses en ce monde
descendait parfois vivant dans la tombe
creusée au milieu des épis
sous le regard bleu
des druides sérieux.
Il flottait alors une odeur de corps nu
de métal et de blé
qu’emportait dans sa course le ciel.

(Jean Follain)

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DITES! DITES! (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2015



DITES! DITES!

Ah ! dites, dites
Où sont passés les troglodytes?

Où sont passés les troglodytes?
Où sont passés les Mohicans?
Et Blériot avec son biplan ?
Et l’Arabie pas Séoudite ?

Où sont passés les fiacres
Qu’étaient couverts de nacre?
Et les cochers boiteux
Qui devenaient le Diable en moins de deux?

Où sont passées les Amazones
Qui n’avaient qu’un sein comme bouclier?
Où est parti le puits de Dôme ?
Que sont devenus les Alliés ?

La guerre de Cent Ans ? Celle de Soixante-Dix ?
Et celle de Trente Ans?
Et Vercingétorix
Mon ancêtre, mon Gaulois,
Où donc est-il passé avec ses guêtres et ses oies?

Où sont passés les habitants
Des cavernes du bon vieux temps
Qui s’éclairaient modestement
Au moyen de vers luisants ?

Où sont passés les Thermopyles?
Où sont passés les Thermidors ?
Et les Anglais qu’ont pris la pile
Quand Jeanne d’Arc était en or ?

Et Léontine la femme à Léon ?

Et ce monsieur Napoléon
Qui donnait son foie
A tous les soldats
Et faisait semblant d’être là
Même quand il était dans les draps
Avec la Joséphine extra?

Et Samson? Et Dalila ?

Ah ! dites, dites
Y’en a des choses qui existent.

Moi, je veux bien. Moi, je vous crois.
Mais faut vraiment avoir la Foi!

(René de Obaldia)


Illustration: Johann Heinrich Wilhelm Tischbein

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Ombres (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2015


Guerriers gaulois et romains
marchent avec selon l’heure
devant ou derrière eux leurs ombres
et celles de leurs boucliers
aux mêmes lieux plus tard
arriveront des couples
porteurs de lourds bouquets.
Sur un terrain vague
où sèche du sang
frémit l’arbuste d’aujourd’hui.

(Jean Follain)

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