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Poésie

Posts Tagged ‘bouffée’

Chaque bouffée de soleil (Gérard Chaliand)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2021



Illustration: Pascal Renoux
    

Chaque bouffée de soleil l’avait porté à l’amour ;
une tendresse déchirée lui faisait ouvrir les mains.

Du fond de sa mémoire, jaillissaient parfois
des tristesses anciennes auxquelles il ne croyait plus.

Quand il ouvrit les yeux, au grand soleil,
fatigué d’espérance, las d’avoir rêvé,
il s’étendit sur la grève, les lèvres pleines d’écume.
Loin, résonnait le pas des marches stériles.

La tristesse porte de longues fatigues,
tisse des rêves solitaires.
Tout me manque,
jusqu’à cette femme précieuse et nue dont j’ai soif.

(Gérard Chaliand)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Feu nomade et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Plans de construction (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plans de construction

Je me rappelle aussi net que si c’était ce jour
le soir où je vis mon premier poème imprimé dans le journal.

J’étais dans ma mansarde, à lancer des bouffées de
fumée et je rêvais, béatement satisfait.

Je bâtirai un château en Espagne. Il resplendira sur le Nord.

Il y aura deux ailes, une petite et une grande.
La grande hébergera un poète immortel, la
petite hébergera une jeune fille.

Je trouvais ce plan superbement harmonieux ;
puis le désordre s’y mit.
Quand le maître est devenu raisonnable, le château a paru absurde:
la grande aile était trop petite, la petite en ruine est tombée.

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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À LA PROVENCE (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020




À LA PROVENCE

Lorsque je m’interroge et que je cherche en moi
Et le peu que je suis et d’où me vient mon âme,
Provence, c’est à toi que je songe, et je crois
Que tu mis dans mon coeur vraiment toutes tes flammes.

Oui, quand je cherche, au fond de moi-même, d’où sort
La brise de tiédeur qui souffle dans ma tête,
Les chants dont je ne puis retenir les essors,
D’où vient le carillon des éternelles fêtes

Dont de lointains clochers sonnent en moi les jours,
D’où vient cette jeunesse et cette simple joie,
Je me dis bien souvent que c’est toi qui l’envoies,
Provence, tout cela, dans des bouffées d’amour.

(Emile Ripert)

Illustration: Christian Guinet

 

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L’arbre d’automne (Marie-claire d’Orbaix)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Illustration: Martine Rigeade
    
L’arbre d’automne

Peut-être
c’est très douloureux pour toi
cette fuite des feuilles
tout le long de tes branches
Peut-être
tu es arraché
à chaque envol
et tu souffres
dans les bouffées du vent.

Peut-être
je te console
avec ma voix de feuille verte.

(Marie-claire d’Orbaix)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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ZÉRO (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



ZÉRO

Où es-tu, toi qui
en n’étant pas ici
es ici, mais ici
en n’étant pas ici ?
La réalité n’est pas un tour de passe-passe —
c’est un esprit
qui la constitue, n’importe
lequel. Tu

arpentes les années dans un
néant, un non-
lieu que je connais aussi bien
que ma dernière bouffée

d’air, recracher la fumée
d’une bouche
aussi n’ira nulle part,
elle a déjà trouvé sa voie.

(Robert Creeley)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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À la lisière du temps (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
À la lisière du temps

Quand on marche le soir à la lisière du temps
il monte soudain une bouffée d’enfance
les cris d’hirondelles folles d’un préau d’école
ou le silence de la barque sur fa rivière
à la tombée du jour quand le soleil rase l’eau qui moucheronne
ou bien la sonnette (deux fois) de l’épicerie-mercerie
où on achète après l’école les rouleaux de réglisse Zan
qui barbouillent de noir et font les doigts collants

On tend l’oreille le long du voile de la brume
Quelqu’un parle à voix basse
sans qu’on puisse reconnaître la voix
et sans comprendre les paroles
les mots chuchotés loin à l’envers du silence

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme ils étaient extravagants (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Comme ils étaient extravagants,
ces arbres d’encre, ces bouffées de fête
tu regardais de loin vivre les gens.

L’heure qui passe ne passe pas
et les pas sont tout en moi-même.

Tout s’éloigne les amis les saisons
La lampe de l’oeil, qu’a-t-elle donc éclairé ?
Même l’hypothèse d’un nuage
était impossible à dire.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Etait-ce bien un éléphant… (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018


 

Etait-ce bien un éléphant…

Etait-ce bien un éléphant
Qui dansait sur la cheminée?
Il était un peu transparent
Et ne semblait guère plus grand
Qu’une volute de fumée.

Mais peut-être, au fond, fumait-il
Calmement à minces bouffées
En dansant sur la cheminée.
Je ne voyais que de profil
Sa trompe mince comme un fil.

Et il aurait tout renversé
Si je n’avais imaginé
De dessiner un grand dompteur
Qui n’eut qu’à relever le nez
Pour l’envoyer danser ailleurs.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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Un nuage m’a visité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illustration: Carrie Vielle

    
Un nuage m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
son contour dans le vent.

Une ombre m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
le poids d’un autre corps.

Une bouffée d’images m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
l’irréligion du rêve.

Une absence m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
mon image dans le temps.

Et moi je visite la vie.
Je lui laisserai en m’en allant
la grâce de ces restes.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Points

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Cependant, à cette heure (Émile Zola)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration
    
Cependant, à cette heure, le parc entier était à eux.
Ils en avaient pris possession, souverainement.
Pas un coin de terre qui ne leur appartint.

C’était pour eux que le bois de roses fleurissait,
que le parterre avait des odeurs douces, alanguies,
dont les bouffées les endormaient, la nuit,
par leurs fenêtres ouvertes.

Le verger les nourrissait,
emplissait de fruits les jupes d’Albine,
les rafraîchissait de l’ombre musquée de ses branches,
sous lesquelles il faisait si bon déjeuner,
après le lever du soleil.

Dans les prairies, ils avaient les herbes et les eaux:
les herbes qui élargissaient indéfiniment leur royaume,
en déroulant sans cesse devant eux des tapis de soie;

les eaux qui étaient la meilleure de leurs joies,
leur grande pureté, leur grande innocence,
le ruissellement de fraîcheur
où ils aimaient à tremper leur jeunesse.

(Émile Zola)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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