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ENLACE-MOI (Jyotirmaya Thakur)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2019




    
ENLACE-MOI

Aime – moi comme un être ordinaire
Pas en simulant ou associant,
Aime – moi si tu veux, seulement si tu veux,
Aime – moi sans l’intensité du bleu.

Pas dans l’abîme de l’amour pour les océans,
Ni dans les zéphyrs de velours d’une fusion venteuse,
Ne me place pas non plus sur des portails d’illusion,
Ne m’embrasse pas avec des citations livresques.

Ne me compare pas à la pleine lune,
Ni aux étoiles qui brillent trop tôt,
Ou aux odorantes fleurs épanouies,
aux bêtises romantiques du bouffon.

Ne sois pas le poète de mots fluides,
Ne t’enjolive pas de saphirs,
Ne m’encombre pas de diamants,
Enlace-moi seulement de chants vigilants.

***

***

AVVOLGIMI

Amami come un essere ordinario,
senza immaginare o paragonarmi a nulla,
amami, se vuoi, ma se lo fai,
amami senza intensità di blu.

Non nell’abisso dell’amore per gli oceani,
o gli zefiri di velluto nell’incrociarsi dei venti,
non mettermi sotto i portali dell’illusione,
né baciami con citazioni di libri.

Non paragonarmi alla luna piena,
o alle stelle che luccicano troppo presto,
o allo sbocciare fragrante dei fiori,
né ai gesti romantici di un pagliaccio.

Non essere un poeta dalla lingua sciolta,
non adornarti di zaffiri,
e non bagnarmi con una doccia di diamanti,
piuttosto avvolgimi di dolci cori.

***

ENVUÉLVEME

Ámame como a un ser cualquiera,
Sin asumir ni asociar,
Ámame, si quieres, pero si lo haces,
Ámame sin intensidad de azul.

No en el abismo de amor por los océanos,
ni en los céfiros de terciopelo de fusión ventosa,
ni en los portales de la ilusión,
ni en las citas de los libros.

No me compares con la luna llena,
ni con estrellas que brillan demasiado pronto,
ni con flores fragantes que florecen,
ni con los gestos románticos de los bufones.

No seas un poeta de palabras fluidas,
ni te adornes con zafiros,
ni me inundes con diamantes.
Envuélveme solo con cadencias cariñosas.

***

OMARM MIJ

Hou van me als een gewoon wezen,
Niet simulerend of associërend,
Hou van me, als je wilt, alleen als je wilt,
Hou van me zonder de intensiteit van blauw.

Niet in de afgrond van de liefde voor oceanen,
Noch met fluwelen zefieren van winderige versmelting,
Plaats me evenmin op portalen van illusie,
Kus me ook niet met citaten uit boeken.

Vergelijk me niet met de volle maan,
Noch met de sterren die te vroeg schijnen,
Of met geurende bloeiende bloemen,
Evenmin met romantisch paljasgedoe.

Wees geen dichter van vloeiende woorden,
Maak je niet op met saffieren,
En overlaad me niet met diamanten,
Omarm me gewoon met zorgzaam gezang.

***

SĂ MĂ-NFĂȘORI

Iubește-mă ca orice muritor,
Nu prezuma, nu compara, tu doar
Iubește-mă de vrei, și dacă da,
Fă-o-n albastru dens, unduitor.

Nu cel adânc al dragostei de mare,
Nici cel din catifeaua de zefir,
Nu mă așeza pe mândre piedestale,
Nu-mi declama fraze de vodevil.

Cu luna plină tu să nu m-asemeni,
Nici cu vreo stea în grabă răsărită.
Lasă parfumul splendidelor flori,
Și uită complimentul de bufon.

Să-mi fii poetul slovei curgătoare,
Fără safire ce sclipesc înșelător.
Nu mă scălda în ploi de diamante,
Ci-n cântec blând să mă-nfășori.

***

Umarme mich

Liebe mich wie ein gewöhnliches Wesen,
Nicht anmaßend, nicht anhänglich,
Liebe mich, wenn du willst, aber wenn du es tust,
Liebe mich ohne die Intensität von Blau.

Nicht im Abgrund der Liebe zu den Ozeanen,
Oder mit samtenen Zephyren flüchtiger Verbindung,
Setze mich nicht auf ein Portal trügerischer Hoffnung,
Und küsse mich auch nicht mit Buchzitaten.

Vergleiche mich nicht mit dem Vollmond,
Oder mit Sternen, die zu früh leuchten,
Oder duftenden Blumen, die blühen,
Ich will keine romantischen Gesten von einem Spaßmacher.

Sei kein Dichter der fließenden Worte,
Trage mir keine Saphire an,
oder überschütte mich mit Diamanten,
Umarme mich einfach mit liebevollen Weisen.

***

МЕНИ ЎРАБ ҚЎЙ

Мени оддий мавжудотдай сев,
Қабул қилмай ёки боғламай.
Мени севгин, гар хоҳласанг сен,
Ёрқин мовий рангларга учмай.

Ишқ даҳрининг тубига чўкмай,
Майин насим барқутида маст.
Пуч хаёллар тўрига илмай,
Китобларнинг лутфидай сармаст.

Мени тўлин ойга ўхшатма,
Қиёслама юлдузларга ҳам.
Таққослама хушбўй чечакка,
Хаёлий тасвирга на ҳожат?

Қочоқ сўзлар шоири бўлма,
Ёқутларга бўлиб махлиё.
Мени кўмгин жавоҳирларга,-
Ўраб қўйгин эътиборга, ёр!

***

WRAP ME

Love me like an ordinary being,
Not assuming or associating,
Love me, if you want, but if you do,
Love me without intensity of blue.

Not in the abyss of love for oceans,
Or velvet zephyrs of windy fusion,
Nor place me on portals of illusion,
Nor kiss me with books quotations.

Don’t compare me with full moon,
Or stars that shine too soon,
Or fragrant flowers that bloom,
No romantic gestures of buffoon.

Be not a poet of fluent words,
Don’t make up with sapphires,
Or shower me with diamonds,
Just wrap me with caring choirs.

***

包裹我


像一个普通人一样爱我,
没有假设或者联想,
爱我,如果你要,但如果你做,
就不要用忧郁的紧张爱我。


不是在热爱海洋的深渊里,
或者是多风融合的天鹅绒风,
也不把我放在幻觉的入口,
也不要用书面语录来吻我。


别把我和满月比较,
或发光太快的星星,
或绽放的芬芳花朵,
没有小丑的浪漫姿态。


不当语言流利的诗人,
不用亲近蓝宝石,
或给我淋洒钻石,
只用贴心的唱诗班包裹我。

(Jyotirmaya Thakur)

 

Recueil: ITHACA 598
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache / Hindi / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu / Allemand Wolfgang Klinck / Tadjik Rahim Karim / Anglais / Chinois William Zhou
Editions: POINT

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Tranquille comme un sage et doux comme un maudit (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Tranquille comme un sage et doux comme un maudit,
…j’ai dit:
Je t’aime, ô ma très belle, ô ma charmante…
Que de fois…
Tes débauches sans soif et tes amours sans âme,
Ton goût de l’infini
Qui partout, dans le mal lui-même, se proclame,

Tes bombes, tes poignards, tes victoires, tes fêtes,
Tes faubourgs mélancoliques,
Tes hôtels garnis,
Tes jardins pleins de soupirs et d’intrigues,
Tes temples vomissant la prière en musique,
Tes désespoirs d’enfant, tes jeux de vieille folle,
Tes découragements;

Et tes jeux d’artifice, éruptions de joie,
Qui font rire le Ciel, muet et ténébreux.

Ton vice vénérable étalé dans la soie,
Et ta vertu risible, au regard malheureux,
Douce, s’extasiant au luxe qu’il déploie…

Tes principes sauvés et tes lois conspuées,
Tes monuments hautains où s’accrochent les brumes.
Tes dômes de métal qu’enflamme le soleil,
Tes reines de théâtre aux voix enchanteresses,
Tes tocsins, tes canons, orchestre assourdissant,
Tes magiques pavés dressés en forteresses,

Tes petits orateurs, aux enflures baroques,
Prêchant l’amour, et puis tes égouts pleins de sang,
S’engouffrant dans l’Enfer comme des Orénoques,
Tes anges, tes bouffons neufs aux vieilles défroques
Anges revêtus d’or, de pourpre et d’hyacinthe,
Ô vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.

Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,

Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.

(Charles Baudelaire)

Illustration: Eugène de Blaas

 

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En piste (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



En piste

Maestro, musica !

C’est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p’tite vie
Mais qui nous força
D’entrer en piste
Qui ordonna le saut de la mort

En piste

Tout dans le son et la chanson
Je cabriole et je gambade
Aussi libre qu’un bouffon
Je cahote, je cavalcade

En piste

Je suis le saltimbanque de mes vertiges
J’offre du cirque à ma p’tite vie
À ma p’tite vie
Mais qui décréta notre entrée en piste
Qui ordonnera notre saut de la mort

Tantôt figurant
Tantôt régisseur
Tantôt pantin
Marionnettiste
Tantôt dompteur
Tantôt dompté
Tantôt clown blanc
Tantôt auguste

C’est moi le pitre des étoiles
Le magicien de ma p’tite vie
De ma p’tite vie

(Andrée Chedid)


Illustration: Marc Chagall

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DÉLABREMENT (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Octave Tassaert La Bohème

DÉLABREMENT

Comme un appartement vide aux sales plafonds,
Aux murs nus, écorchés par les clous des peintures,
D’où sont déménagés les meubles, les tentures,
Où le sol est jonché de paille et de chiffons,

Ainsi, dévasté par les destins, noirs bouffons,
Mon esprit s’est rempli d’échos, de clartés dures.
Les tableaux, rêves bleus et douces aventures.
N’ont laissé que leur trace écrite en trous profonds.

Que la pluie et le vent par la fenêtre ouverte
Couvrent de moisissure acre et de mousse verte
Tous ces débris, horreur des souvenirs aimés!

Qu’en ce délabrement, une nouvelle hôtesse

Ne revienne jamais traîner avec paresse,

Sur de nouveaux tapis, ses peignoirs parfumés

(Charles Cros)

llustration: Octave Tassaert

 

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Quand j’ai un peu trop pensé à toi (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    
quand j’ai un peu trop pensé à
toi et suis simplement complètement
plein de Désir… devine un graduel mouvement
de muscle se mettant à,et ce qu’il me fera
avant de se replier… je comprends
que je t’aime… sentant ton corps qui soudain
m’atteint à la vitesse de blanches paroles

(le simple instant de la parfaite faim
Oui)
combien nage magnifiquement
le monde bouffon dans mes vastes sangs,
fissurant les cerveaux Une lumière vite énorme
—et furieusement perplexe en de,prismatiques,caprices,
le moi bavard aperçoit pris d’une frayeur folle

un têtard comique frétillant dans la boue avec délice

***

when i have thought of you somewhat too
much and am become perfectly and
simply Lustful….sense a gradual stir
of beginning muscle,and what it will do
to me before shutting….understand
i love you….feel your suddenly body reach
for me with a speed of white speech

(the simple instant of perfect hunger
Yes)
how beautifully swims
the fooling world in my huge blood,
cracking brains A swiftlyenormous light
—and furiously puzzling through,prismatic,whims,
the chattering self perceives with hysterical fright

a comic tadpole wriggling in delicious mud

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Chez moi (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Chez moi… Humilié, furieux et ravi.
Est-ce jour, est-ce nuit?
Et le croissant grimace par-dessus les toits
Et bouffonne pour moi…

Dehors, soleil du jour, dehors, repentirs!
Qui osera m’aider?
Dans le cerveau désert, la nuit seule s’engouffre,
La nuit seule s’engouffre !

Un seul regard pénètre la poitrine vide,
Un seul regard avide…
Tout s’évanouira, et ce sera jamais
Lorsque tu crieras: Oui!

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Tout au long de la tour de guet (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



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Tout au long de la tour de guet

« Il doit y avoir un moyen de sortir d’ici », dit le bouffon au voleur,
« Il règne une trop grande confusion, je ne ressens aucun soulagement.
Les hommes d’affaires boivent mon vin, les laboureurs creusent ma terre,
Personne à l’horizon ne sait ce que tout cela vaut. »

« Aucune raison de s’énerver », répondit gentiment le voleur,
« Beaucoup ici parmi nous pensent que la vie n’est qu’une farce.
Mais, toi et moi, nous sommes passés par là, et ce n’est pas notre destin,
Alors, ne parlons plus à tort maintenant, il commence à se faire tard. »

Tout au long de la tour de guet, les princes continuaient à regarder
Tandis que toutes les femmes allaient et venaient, les serviteurs aux pieds nus, aussi.

Dehors au loin un chat sauvage gronda,
Deux cavaliers approchaient, le vent commença à hurler.

***

All Along the Watchtower

« There must be some way out of here, » said the joker to the thief,
« There’s too much confusion, I can’t get no relief.
Businessmen, they drink my wine, plowmen dig my earth,
None of them along the line know what any of it is worth. »

« No reason to get excited, » the thief, he kindly spoke,
« There are many here among us who feel that life is but a joke.
But you and I, we’ve been through that, and this is not our fate,
So let us not talk falsely now, the hour is getting late. »

All along the watchtower, princes kept the view
While all the women came and went, barefoot servants, too.

Outside in the distance a wildcat did growl,
Two riders were approaching, the wind began to howl.

(Bob Dylan)

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

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Diapasons Tordus (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Diapasons Tordus

Si ma tête était un bocal mes yeux déploieraient leurs nageoires.
Si l’amour n’était pas le pansement il serait la plaie ouverte à la belle étoile et nous pourrions dormir dessus.
Si j’étais double je serais l’amie de l’autre mais je suis une et méfiante à mon égard.
Si la réalité perdait son âme nous ferions des cauchemars moins troglodytes.
S’il n’y avait pas d’oasis cachés dans les sabliers on verrait le temps se promener à dos de chameau.
Si les mots contenaient le réel je tatouerais ton nom sur chaque personne que je rencontre.
Si je pouvais dire la vérité elle me raconterait des mensonges.
Si le hasard ne jouait pas les bouffons à la cour de la mort nous ne serions que fées d’hiver.
S’il n’y avait pas la menace d’un supplice sous la moindre goutte d’eau je craindrais moins de disparaître.
Si le rêve devenait absurde et sournois il s’appellerait la vie et nous aussi.
Si je savais de quoi j’espère être sauvée je cesserais toute résistance.
Si j’attendais l’avenir il viendrait certainement en armure brinquebalante me demander l’aumône.
Si l’oubli ne dirigeait pas l’esprit je serais un livre fermé sans voie aux chapitres.
Si j’étais dupe du malheur je chercherais le bonheur.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

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POÈME-PRÉFACE (Hakushû Kitahara)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016


 


luciole

 

POÈME-PRÉFACE
« OMOIDE » JOSHI

Le souvenir est-il d’une luciole au cou marqué de rouge
Comme en plein après-midi l’incertain tâtonnement,
Auréolée d’un cotonnement bleu
Lueur invisible et qui pourtant luit?

Ou plutôt indécises fleurs de céréales?
Chansonnette à glaner les épis?
Blanc duvet nuageux des pigeons que l’on plume
Au soleil dans la tiédeur d’un entrepôt de saké?

Et s’il était son timbre de flûtes,
Soirs où le crapaud coasse
Et le désir des potions d’autrefois vous tenaille,
Harmonica respirant au coeur de la pénombre.

Et s’il était senteur faste du velours,
Regard de la reine des cartes,
Fugitive impression de solitude
Sur le masque bouffon du pierrot.

Sans l’amertume des jours de débauche,
Sans même de la fièvre la radieuse douleur,
Mais tel un printemps sur sa fin si tendre
Souvenir ou de mon automne antique légende?

(Hakushû Kitahara)

 

 

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J’écris pour tous les oiseaux du bitume (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Qu’on laisse venir à nous le charme
le charme au grand galop
car la beauté est cavalière
filante légère
porteuse de mots

Chacun de nous est seul
seul émigrant passant perpétuel
seul étranger dans sa cervelle
chacun de nous marche marche dans ses rêves
arpente les mêmes allées les mêmes
chacun suit ses pensées dans ses ruelles
comme en hiver
poussé par le soleil
Bouffons tristes fous
chaque fois qu’une idée nous traverse
c’est dans les clous
qu’espérons-nous
sinon un trou sous l’averse

J’écris pour tous les oiseaux du bitume
pour tous les ensablés
pour tous les goudronnés du bec et des plumes
pour tous les buveurs de mazout
pour tout les dégazés du coeur et de la soute
pour tous ceux qui sur la route ont attrapé
la goutte au nez
ceux qui comme moi
ont des haut-le-cœur à toute épreuve
des écoeurements parfois des détresses
qui les oppressent
les émeuvent

Accrochons ensemble nos cœurs
comme des guirlandes
faisons danser nos fleurs et nos glandes
Seigneur
pardonne à tous ceux qui se sont défoncés
l’innocence est un doute qui a perdu la cadence
danse danse

La révolution c’est la Tolérance
c’est la Tolérance la Tolérance

(Philippe Garnier)

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