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Posts Tagged ‘bouillonnement’

Certaine flamme sous le silence du vivant (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
Certaine flamme sous le silence du vivant est-elle amour
est-elle une inconnue réplique de l’énergie noire
à des millions d’années-lumière de toi mêlée
de galaxies, de tourbillons de feu
dans le bouillonnement de
leurs cratères et leurs
amas de glace, leurs
pluies de métaux
en fusion,
nulle
part
et
partout,
des univers comme
la même flamme en toi
d’étoiles surgies d’ombres
autour d’infinités neuronales,
écoutes-tu l’amour qui te crée au
silence du vivant, en son hasard au cycle
du vivant, écoutes-tu le rien d’amour que tu
inventes, ta création du rien en peuple d’astres que
tu es, écoute et danse pour un instant de vie son feu de ciel

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Le monde est méchant (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Le monde est méchant

Le monde est méchant, ma petite:
Avec son sourire moqueur
Il dit qu’à ton côté palpite
Une montre en place de coeur.

– Pourtant ton sein ému s’élève
Et s’abaisse comme la mer,
Aux bouillonnements de la sève
Circulant sous ta jeune chair.

Le monde est méchant, ma petite:
Il dit que tes yeux vifs sont morts
Et se meuvent dans leur orbite
A temps égaux et par ressorts.

– Pourtant une larme irisée
Tremble à tes cils, mouvant rideau,
Comme une perle de rosée
Qui n’est pas prise au verre d’eau.

Le monde est méchant, ma petite :
Il dit que tu n’as pas d’esprit,
Et que les vers qu’on te récite
Sont pour toi comme du sanscrit.

– Pourtant, sur ta bouche vermeille,
Fleur s’ouvrant et se refermant,
Le rire, intelligente abeille,
Se pose à chaque trait charmant.

C’est que tu m’aimes, ma petite,
Et que tu hais tous ces gens-là.
Quitte-moi ; – comme ils diront vite:
Quel coeur et quel esprit elle a !

(Théophile Gautier)

Illustration: Charles Dwyer

 

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Amants, heureux amants (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



– Amants, heureux amants,

tous autant que nous sommes
– Nous vous aimons
– Nous vous envions
Dans le bouillonnement d’être un homme,
une femme, deux verticalités
Pull contre pull,

deux tensions qui se prodiguent la moiteur
– Deux biographies qui d’étreignent,
échangent leurs frontières, ivres
– D’être plus que le terre, le ciel,
les quatre éléments,
ivres dans l’imposture délicate
Du verbe durer
– Vous condensez en quelques respirations,
l’histoire de la tendresse au plaisir accordée
Et le silence autour de vous n’a plus la même certitude
– Ni les murs, ni la faim
Vous êtes une naissance de paumes,
un midi à hauteur des lèvres

Vous êtes, vous êtes …
– Amants, heureux amants …

(Gérard Noiret)

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Bouillonnements blancs des vagues (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Bouillonnements blancs des vagues
confusion des commencements
dissolution et amplitude
le vide est plénitude
et les goélands
font jaillir leurs cris spontanés

***

White-blow of the waves
confused beginnings
dissolution and amplitude
the emptiness is plenitude
and the gulls
raise their spontaneous cries

(Kenneth White)

 

 

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Le jet d’eau (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Le jet d’eau

Je suis semblable à un jet d’eau abandonné
qui continue, tari, d’écouter sa rumeur.
sur ses lèvres de pierre, le bouillonnement
s’est figé, tout comme le mien dans mes entrailles.

Je crois que le destin n’est pas venu encore
fendre par le milieu ses terribles paroles ;
et que rien n’est fauché et que rien n’est perdu,
que si je tends mes bras je devrai te trouver.

Je suis semblable à un jet d’eau devenu muet.
Un autre dans le parc élève maintenant
sa chanson ; mais comme follement assoiffé,
il rêve que le chant s’abrite dans son coeur !

Il rêve qu’il projette en trilles vers le ciel
des bouclettes d’écume. Et sa voix s’est éteinte !
il rêve que l’eau, de ses beaux diamants vivants
dilate sa poitrine. Et Dieu l’a asséché !

(Gabriela Mistral)


Illustration

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Mon fils regardait l’eau (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Mon fils
regardait l’eau
et l’eau
le regardait aussi

Il avait six ans
et l’eau
ne disait pas
son âge

Il n’y avait pas
entre eux
l’épaisseur
d’un ange
et pourtant
ils étaient deux

Le jour
ne comptait pas
ses heures
et le bonheur
tenait ses libellules
dans la légèreté

Le pouls
des galaxies battait
de son imperceptible
paupière
et d’un lent
bouillonnement
de lait
sur un feu doux

Un souffle
dans les feuilles
faisait voler des fils
de la Vierge
comme
des cils de faon

Mon fils
rêvait sur la berge
et l’eau
s’en retournait
vivre
dans son nuage
au-dessus de la mer

(Werner Lambersy)

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Passion (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016



Le coeur est un volcan presqu’éteint où la lave
Ardente, s’est figée en son emportement
Et sous la volonté qui la tient en esclave,
On sent l’intérieur et sourd bouillonnement.

Mais il arrive un jour où brisant toute entrave,
Trouvant sa force même en son même tourment,
Lutteur ensanglanté des blessures qu’il brave,
L’irrésistible Amour, déborde en un moment!

Il déborde; il s’élance; et la lave agrandie
Promène en rugissant son sinistre incendie.
Et partout où passa le flot rouge et vainqueur

Calcinant sans pitié toutes les fleurs divines
Seul, parmi les débris de ce qui fut un coeur
L’Amour reste debout, sur ses propres ruines!

(José-Maria de Heredia)

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La torche (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



femme amour 9d82

La torche

Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.

Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.

Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.

Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres…

Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t’aime, ô mon âme avide, toi qui pars
– Nouvelle Isis – tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d’être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l’inutile autel déserté par l’idole ;
Je suis le feu qui danse à l’âtre délaissé,
Le brasier qui n’échauffe rien, la torche folle…

Et ce besoin d’aimer qui n’a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c’est bien vous que j’aime si je m’aime.

(Marie Nizet)

 

 

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Quel mot trouver (Bertrand Degott)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2015



Quel mot trouver pour ce qui tout d’un coup anime
les arbres des jardins pour le bouillonnement
affriolant des prunus en dentelles fines
pour tant de chair qui s’offre aux magnolias – comment
saisir ce qu’attend de nous ce rose unanime ?

comment saisir ces fleurs qui n’attendent sans doute
rien de moi vieille branche au moignon dénudé
arbre mourant ? quelle rose extraire de mes doutes ?
j’aimerais le vieux rose humble et voisin du pourpre
qui bientôt recouvrira l’arbre de Judée.

(Bertrand Degott)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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POUR BOIRE AUX AMIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2015



 

POUR BOIRE AUX AMIS

Je boirai en souvenir de la blancheur des montagnes
Je tirerai du vin du bouillonnement de la source
par-delà les hauts lieux glacés
Pour offrir le meilleur aux amis pour les réjouir
il faut n’avoir eu peur de rien
il faut s’être avancé très haut
Pour m’inviter à boire, moi aussi
comme si j’étais devenu mon ami
par la grâce de la blancheur de la source
pour devenir mon ami droit dans les yeux.

(André Frénaud)

 

 

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