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Posts Tagged ‘boulanger’

LE GRILLON (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



LE GRILLON

Dans le silence de la nuit chantait, hier soir,
Chantait je ne sais où le grillon du foyer.
Ce petit chant élargissait encor le noir.
La flamme triste de ma bougie s’allongeait.

Allons ! Il a fallu se recoucher, la mort
Dans l’âme, en se disant que, pas plus qu’autrefois,
Je n’aurais de bonheur sans doute, et que la voix
De ce cri-cri n’était que moi-même, et rien d’autre.

Écoute, mon enfant, écoute le cri-cri.
Tu n’as pour te calmer que ce grésillement.
Mais comprends comme il est vaste, comme il s’étend
Sur toute Ici vallée du coeur endolori…

Tout se tait, le chagrin, l’ennui, l’homme, que sais-je ?
Seul le chant continue du grillon-boulanger.
Adresse-t-if à Dieu une plainte légère,
Et Dieu laisse-t-il seul le grillon lui parler ?

Écoute ce qu’il dit. II dit le pain obscur
Et le pot ébréché dans les cendres amères.
Il dit le chien qui dort. Il dit la ménagère.
Il dit je ne sais quoi de triste, bon et pur.

Il dit qu’il est ami, il dit que, l’autre jour,
Mon fermier a conduit sa fiancée à l’église,
Et que la métairie était pleine d’amour,
Ainsi qu’un cerisier est tout plein de cerises.

(Francis Jammes)

 

 

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Chanson de la maîtresse du boulanger (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020



 

Mon coeur connaît le boulanger
au torse comme un marbre antique
seul en cachette il travaille
pour me faire un pain de blandices
je suis au monde pour lui seul
lui seul sait voir dans mes yeux d’or.
Beau secret de la fleur de blé
secret tu dors
sauf en lui.

(Jean Follain)

 

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Hier soir (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Hier soir j’étais moulin et moulinier
boulanger et pain
pétri par des mains de femme
ce poème est la cendre de ton cri.

(Luis Mizón)


Illustration

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Le boulanger (Jean Aicard)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



Illustration: Alfred Desplanques
    
Le boulanger

— Que fais-tu là, boulanger ?
— Je fais du pain, pour manger.
Tu vois je pétris la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Mais tu gémis, boulanger
— Je gémis… sans m’affliger :
Je geins, en brassant la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Qu’as-tu fait là, boulanger ?
— J’ai, pour faire un pain léger,
Mis du levain dans la pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— Que dis-tu donc, boulanger ?
— J’ai mes pelles à charger,
Quand J’aurai coupé ma pâte
Le monde à faim ; je me hâte

— Et puis après, boulanger ?
— Dans mon four, je vais ranger
Tous mes pains de bonne pâte.
Le monde à faim ; je me hâte.

— N’as-tu pas chaud, boulanger ?
— Si ; mais pour m’encourager,
La chaleur dore ma pâte
Que je retire en grand-hâte.

— Merci, brave boulanger
Le monde pourra manger !

(Jean Aicard)

 

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Souvent l’amour est hors la loi (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



    

Souvent l’amour est hors la loi
il se moque des normes des règlements.

Je connais près de chez moi
quelques exemples éclatants.

Julien
est amoureux de son voisin
Damien

Lucie dit
qu’Émilie
est son mari
la femme du boulanger
a pour amant un jardinier

et la mamie
d’Élodie
a un petit ami
d’à peine vingt-six ans et demi.

Les gens alors sont médisants
ils papotent commentent condamnent absolument.

Laissez-les parler ne les écoutez pas
la loi le règlement c’est « aimez »
tout simplement.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Le jeune boulanger (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Le jeune boulanger de mon lieu de naissance
Est vieux, aujourd’hui
Et il cuit du pain sans levain
Pour des clients qu’il ne connaît pas

(Abbas Kiarostami)

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LE BASILIC (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



LE BASILIC

Et la fermière aux mains de sel, dès l’aube
S’avance dans la cour, lavande et basilic
Au poing, parmi les poules noires
Baignant dans une aurore d’églantine…

Le monde est un feu de copeaux légers,
On dirait qu’un champagne éblouissant arrose
Les genêts d’or de la poitrine incandescente,
Et je vois dans le soleil bleu ce boulanger
Qui va sur les chemins de seigle et de farine
Vers la ferme lointaine où l’amour lui fait signe.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

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Le boulanger (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Le boulanger

Son travail fini
petit boulanger
quitte son fournil

Ses pas de farine
vont chez la voisine
et tout le village
dit qu’il n’est pas sage

Avant de bouger
fais donc attention
où tu mets les pieds
petit boulanger

(Joël Sadeler)

 

 

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ELLE SE LÈVE A L’AUBE AVEC LES BOULANGERS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Jean-Claude Selles  
    
ELLE SE LÈVE A L’AUBE AVEC LES BOULANGERS

Ma chérie est femme à la taille élancée mais robuste,
même si vue d’en haut (j’ai déjà pris l’avion) comme tout un chacun elle doit sembler menue,
mais serais-je à la place du pilote, je saurais l’estimer sans erreur.

Elle lave elle-même son linge et la mousse rêveuse à son bras tremble;
si elle se met en prière à genoux, c’est pour laver par terre et rire, rire :
son rire est comme la pomme qu’elle mord sans l’éplucher.,
et la voici qui rit encore en mordant dans le fruit;
si elle pétrit le pain, elle se lève à l’aube avec les boulangers, frères des fours bien chauds
— voyez comme ils les surveillent, longue pelle à la main,
et vole la farine !… avant de s’aller doucement reposer sur ces libres poitrines
comme ma douce en son lit qui sent bon, après vaisselle faite, après qu’elle a lavé, essoré mon coeur.

Ainsi sera ma femme, quand je serai tout à fait grand
et que viendra l’heure de me marier, ainsi que fit jadis mon Père.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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AMOUR DE MAI (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AMOUR DE MAI

Le chien du boulanger
Est maigre comme un clou,
Mais celui du boucher
Est gras et rond comme une pomme de terre.

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Ô que la vie est douce
Sur ce vieux banc de frêne.
Qu’il me soit pardonné,
J’y ai beaucoup aimé :

Un visage si pur,
Des yeux clairs, une eau calme,
Un moineau sur un mur…

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Mon coeur est si léger
Que je l’entends à peine,
Mon coeur est si léger
Quand il n’a pas de peine;

— Mais il n’est plus tout, tout à vous
Petite mère, prenez garde à vous —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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