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Poésie

Posts Tagged ‘bourdonner’

Bourdon, je t’envie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Bourdon, je t’envie,
comme tu promènes,
noire fantaisie,
ta miette de vie
dans les compliqués
chemins de l’été!

Cependant que moi
je peine, je traîne
un araire lourd
au fond de moi-même

dans l’étroit labour,
un pas pour la haine,
un pas pour l’amour.

Le soleil me noie,
l’été me fait peur,
bourdonnante joie,
va bouffer les fleurs.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉPITHÈTES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2019




    
ÉPITHÈTES

Une source — corrompue
Un secret — divulgué
Une absence — pesante
Une éternité — passagère
Des ténèbres — fidèles
Des tonnerres — captifs
Des flammes — immobiles
La neige — en cendre
La bouche fermée
Les dents serrées
La parole niée
muette
bourdonnante
glorieuse
engloutie.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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MELANCOLIE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



MELANCOLIE

C’est l’aube et c’est l’automne
Et loin devant les yeux
La vapeur tourbillonne
Sur les vergers brumeux.

De mornes voix résonnent
Par les grands champs déserts, —
Et des clameurs sillonnent
Là-haut les coteaux verts.

Un cerf-volant bourdonne,
Jadis, c’était ton jeu.
Tu pleures… c’est l’automne
Sur les vergers brumeux.

(George Bacovia)

Illustration

 

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Les joies (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Volant autour de la source,
La changeante libellule
M’éjouit depuis longtemps :
Tantôt sombre et tantôt claire,
Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,
Tantôt bleue et tantôt verte.
Oh! Si je pouvais, du moins,
Voir de tout près ses couleurs!

Elle bourdonne et plane et point ne cesse!
Mais, chut! Au tronc du saule elle se pose.
Ah! Je la tiens! Ah! Je la tiens! Sur l’heure,
Je l’examine avec précision,
Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’analyste de tes Joies!

***

Die Freuden

Es flattert um die Quelle
Die wechselnde Libelle,
Mich freut sie lange schon;
Bald dunkel und bald helle,
Wie dern Chamäleon;

Bald rot, bald blau.
Bald blau, bald grün.
O dass ich in der Nähe
Doch ihre Farben sähe!

Sie schwirrt und schwebet, rastet nie!
Doch still, sie setzt sich an die Weiden.
Da hab ich sie! Da hab ich sie!
Und nun betracht ich ihn genau,
Und seh ein traurig dunkles Blau.

So geht es dir, Zergliedrer deiner Freuden!

(Goethe)

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Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras
et beaucoup de vertige, beaucoup d’insurrection
même après tant d’années de mer entre nous
à chaque aube il est dur de ne plus t’aimer

parfois dans la foule surgit l’éclair d’un visage
blanc comme fut naguère le tien dans ma tourmente
autour de moi l’air est plein de trous bourdonnant
peut-être qu’ailleurs passent sur ta chair désolée
pareillement des éboulis de bruits vides
et fleurissent les mêmes brûlures éblouissantes

si j’ai ma part d’incohérence, il n’empêche
que par moments ton absence fait rage
qu’à travers cette absence je me désoleille
par mauvaise affliction et sale vue malade
j’ai un corps en mottes de braise où griffe
un mal fluide de glace vive en ma substance

ces temps difficiles malmènent nos consciences
et le monde file un mauvais coton, et moi
tel le bec du pivert sur l’écorce des arbres
de déraison en désespoir mon cœur s’acharne
et comme, mitraillette, il martèle
ta lumière n’a pas fini de m’atteindre
ce jour-là, ma nouvellement oubliée
je reprendrai haut bord et destin de poursuivre
en une femme aimée pour elle à cause de toi

(Gaston Miron)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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L’abeille (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




Multitude de l’abeille!
Élévation
sacrée
de l’unité,
collège
palpitant!

Bourdonnent
de sonores
nombres
qui travaillent
le nectar,
et passent
de rapides
gouttes
d’ambroisie :
c’est la sieste
de l’été dans les vertes
solitudes
d’Osorno. Là-haut
le soleil plante ses lances
dans la neige,
les volcans luisent,
vaste
comme
les mers
est la terre,
bleu est l’espace,
mais
il y a quelque chose
qui frémit, c’est
le coeur
brûlant
de l’été,
le coeur de miel
multiplié,
la bruissante
abeille,
le crépitant
rayon de miel,
d’envol et d’or!

Abeilles,
travailleuses pures,
ogivales
ouvrières,
fines, étincelantes
prolétaires,
parfaites,
téméraires milices
attaquant au combat
d’un aiguillon suicide,
bourdonnez,
bourdonnez par-dessus
les dons de la terre,
famille d’or,
multitude du vent,
secouez l’incendie
des fleurs,
la soif des étamines,

le vif
fil

(Pablo Neruda)

 

 

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LE VILLAGE A MIDI… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

André Derain  -07 [1280x768]

LE VILLAGE A MIDI…

Le village à midi. La mouche d’or bourdonne
entre les cornes des boeufs.
Nous irons, si tu le veux,
si tu le veux, dans la campagne monotone.

Entends le coq… Entends la cloche… Entends le paon…
Entends là-bas, là-bas, l’âne…
L’hirondelle noire plane.
Les peupliers au loin s’en vont comme un ruban.

Le puits rongé de mousse ! Ecoute sa poulie
qui grince, qui grince encor,
car la fille aux cheveux d’or
tient le vieux seau tout noir d’où l’argent tombe en pluie.

La fillette s’en va d’un pas qui fait pencher
sur sa tête d’or la cruche,
sa tête comme une ruche,
qui se mêle au soleil sous les fleurs du pêcher.

Et dans le bourg voici que les toits noircis lancent
au ciel bleu des flocons bleus ;
et les arbres paresseux
à l’horizon qui vibre à peine se balancent.

(Francis Jammes)

Illustration: André Derain 

 

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PEGASE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Pégase

PEGASE

Au pays basque on sonne encore l’agonie.
Et je songe à ma mort, au jour où j’entendrai
Confusément, comme bourdonne une forêt,
Ces grands coups espacés d’une aile vers la vie.

(Francis Jammes)

 

 

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JE LE SAVAIS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Pal Szinyei-Merse
    
JE LE SAVAIS

Je le savais bien : te voilà présente.
Vois les tournesols à la tête lente,
Leurs têtes de pierre ont toutes viré.
Et vois le désordre auprès des salades,
Méfait de la brise et de ses gambades.

«Au vent de ta jupe », ai-je murmuré.
Ruisseau de pavots à l’écume rouge.
Rouge aussi, dedans, le seigle qui bouge
Tel banc de poissons dont le tremblement
Est un doux sourire au doux bruissement.

Tu deviens mon bain, ma boisson qui sonne,
Tes deux bras si beaux sont des courants frais,
Dans ce remuement ton sein tourbillonne :
Mille clapotis que j’entends tout près
Lorsqu’à mon oreille ton souffle bourdonne.

Viens te laisser boire et plie sous mes dents
Que trouble ton feu. Car la mort, longtemps,
A soif de l’été, cette cruche immense
Où coule la bière à vive cadence.
Les nuages bien joufflus
Ne sont qu’écume au-dessus…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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