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Posts Tagged ‘bourrasque’

PRÈS DE LA CASCADE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    
PRÈS DE LA CASCADE

Heurtant le manteau du ciel vide
d’un son clair sur le canevas du silence,
le flot surgit des nuages,

et sur un rocher, au sommet d’une colline,
une bourrasque gronde
avec un son presque animal.

Tellement plus que le calme, ces bruits me parlent !
J’ai trop entendu le silence,
trop longtemps écouté le mutisme du ciel.

***

AT THE WATERFALL

Touching the mande of the empty sky
with a clear sound on a canvas of silence,
the stream ,slows out of the clouds,

And on a rock, high on Place Fell
a gust of wind sounds
with a noise almost animal.

So much nearer Chan stillness they speak to me !
I have heard too much silence,
listened too long to the mute sky.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Les bourrasques de vent de neige (Béatrice Marchal)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



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Les bourrasques de vent de neige
ont laissé sur les crêtes
de rares sorbiers rabougris
penchant leurs grappes pâles
au-dessus du vide courbés pliés
comme pour retenir
dans une imploration sans fin
on ne sait quel amour.

(Béatrice Marchal)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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LE CHRYSANTHÈME TARDIF (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

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LE CHRYSANTHÈME TARDIF

O pourquoi cette fleur tarde-t-elle
A montrer ses boucles frisées ?
Voici déjà le temps du plaintif rouge-gorge
Où les fleurs sont dans leurs tombes.

Au long du lourd été, quand le soleil
Convie frondaisons et ramures,
Et fait passer toute sa force dans les fleurs,
Pourquoi ne s’être pas éclose ?

Elle a bien dû sentir cet appel enflammé,
Malgré son indifférence,
Réservant son éveil au temps des feuilles mortes,
Lorsque la sève redescend.

Trop tard vient sa beauté, donc singulière ;
Le vif de la saison n’est plus.
Il ne lui reste qu’à frémir
Dans la bourrasque.

A-t-elle une raison d’attendre,
Rêve-t-elle, insensée,
Que pour une fleur d’un éclat si tendre
L’hiver relâcherait sa prise ?

Mais je parle comme si elle était née
Avec le don de la pensée
Alors qu’elle n’est qu’un des masques
Du Souverain Visage.

***

THE LAST CHRYSANTHEMUM

Why should this flower delay so long
To show its tremulous plumes ?
Now is the time of plaintive robin-song,
When flowers are in their tombs.

Through the slow summer, when the sun
Called to each frond and whorl
That all he could for flowers was being done,
Why did it not uncurl ?

It must have felt that fervid call
Although it took no heed,
Waking but now, when leaves like corpses fall,
And saps all retrocede.

Too late its beauty, lonely thing,
The season’s shine is spent,
Nothing remains for it but shivering
In tempests turbulent.

Had it a reason for delay,
Dreaming in witlessness
That for a bloom so delicately gay
Winter would stay its stress ?

— I talk as if the thing were born
With sense to work its mind ;
Yet it is but one mask of many worn
By the Great Face behind.

(Thomas Hardy)

Illustration

 

 

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SUR DES CHRYSANTHEMES (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

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SUR DES CHRYSANTHEMES

Des chrysanthèmes,
Secouant leurs oripeaux,
Hagards de vent et saoulés d’eau,
Tanguent, roulent de la tête.

Cheveux éplorés, — et si mouillés ! —
La vieille s’en va, la tête nue,
Par les chemins gris et par les rues,
Gros mouchoir en boule à son poing crispé…

Drame… deuil… douleur… La vieille est folle ;
Et ses cheveux blancs s’emmêlent, s’envolent,
Ét ses cheveux blancs se plaquent, se collent,
Quelques-uns verdis, d’autres rouillés.

*

Des chrysanthèmes,
Lassés de vent, bavant l’eau,
Dodelinent de la tête.

L’étique roulotte est embourbée…
Diaphane de faim, grise de crasse,
En vieilles savates, une finasse
S’attèle à la roue, et sa tignasse
Jaune égoutte au long de son grand nez…

De très nobles chrysanthèmes,
Profanés de vent et d’eau,
Sont prostrés par leur défaite…

Les grands oiseaux blancs en gris exil,
Plantés sur leur patte, corail frêle,
La tête en sommeil au fond de l’aile,
Rêvent à des Gange ou à des Nil…

Mais ce parc ! ce parc alentour grelotte ;
Oh le fond boueux des flaques d’eau
Où piteux, si long ! trempe et clapotte
Le plumage déchu de ces oiseaux…

*

Oh cueillez et recueillez
Le chrysanthème au coeur noyé !

Quoi, elle est tombée à la mare !
Ah dans quel état, ses longs rubans !
Voici qu’elle en sort en claquant les dents :
Ét son chapeau ! Et son écharpe !

— C’est qu’elle a voulu aller en barque
Malgré les claques de la bourrasque :
Elle a glissé sur la banquette.

(Charles Vildrac)

 

 

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Pousser la tête dehors (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018




    
Pousser la tête
dehors.

Contre le vent.

C’est grande
bourrasque.

Je vire, chavire.

Vite! Votre main,
si belle illusion…
m’y
raccrocher!

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Des tourbillons de neige (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Des tourbillons de neige cinglent les vitres
sur le trottoir des silhouettes pressent le pas
ce qu’en vain j’essaie d’écrire
prend la consistance de flocons
qu’une bourrasque déporte et éparpille
sur l’étendue de la page blanche

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Respiration (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration
    
Respiration

Le vent est ainsi
il ne regarde pas il emporte
Cessez vos simagrées
le vent ne regarde pas
Il ne sert à rien de s’agripper
à la rampe de la mosquée
chaque doigt cédera
ou de croire que vous pourrez rester
dans votre villa cité des Pins
éternellement
Le vent emporte
il ne distingue pas le mort du vivant
l’homme de la femme
la cravate de la semelle
petits tourbillons de poussière
ou bourrasques, tempêtes
sur les esquifs bleus et rouges
dans l’orage qui entrechoque les mondes
ou la vivacité d’un ciel clair

Le vent est magnanime
il fait place nette

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous allons la même route (Robert Marteau)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Nous allons la même route, la mésange et moi:
Elle de fil en piquet, moi posant un pas après l’autre.
Le poney somnole derrière les barbelés. La sauge
Fait des cartes de marine en bordure du pré.
Les vaches, les genêts adoubent de beurre la campagne
Que le ciel embrasse dans la brume. Le frêne penche
Sur la mare ses pendentifs. Le corbeau décortique
Déjà les châtaignes d’automne, éraille le concert
Dont l’agneau se mêle, et le ruisseau qui descend
Du bois vert, triangle incliné dont une pointe touche
L’enclos où la ferme se pose à l’abri des bourrasques.
C’est samedi: le merle saute sous le cerisier.
Les plantes mettent du mauve au sommet de leur tige. Un chien
Jappe. Les grillons signent la partition des oiseaux.

(Robert Marteau)

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La tempête passe (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




    
La tempête passe entre les doigts ouverts
en renversant le ciel parmi les feuilles mortes
et la terre ne dépasse plus de la terre
que par quelques arbres coulant avec leur mâture.

Les oiseaux perdus dans les branches se taisent,
les bielles s’arrêtent dans les machines souterraines,
les chambres sans plafond sont nues dans la bourrasque
qui troue la cendre froide où les hommes se cachent.

Les noeuds de rosée n’ont pas tenu dans l’herbe
qui pourchasse le vent en toute liberté,
surprise de voir la terre si dure et si passive
aux coups que lui donne le nuage en plein vol.

Les ceps transis restent seuls dans les champs
au milieu des os que tendent les chaumes.
Le monde est soudain vide comme un couloir
où le moindre pas, le moindre mot résonne.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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L’Automne (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Graham Gercken
    
L’Automne

Avec des ardeurs de lionne,
La forêt vibre et s’abandonne
Aux baisers rouges de l’automne,

Et sa chevelure jaunie
Pleure sur la lente agonie
Des solitudes d’Ionie.

La feuille vole et tourbillonne :
Le rythme du vent monotone
Gémit sur la mort de l’automne.

La forêt jette un cri fantasque,
Comme une plainte qui se masque
Sous le rire de la bourrasque.

Dans l’ombre au parfum d’anémone,
La nuit glorifie et couronne
La mort divine de l’automne.

(Renée Vivien)

 

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