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Posts Tagged ‘bourru’

Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’orage (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

L’orage

Debout près d’un bouleau, je vois foncer l’orage,
Le vent cingler les eaux paisibles du ruisseau,
Les villages courber, ainsi que des taureaux,
Leur dos gras et bourru sur les grands pâturages.
Moi, je ne pense à rien. Je laisse les odeurs
Envahir les recoins les plus nus de mon coeur.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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De ce que nous ferons de notre vie (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



Illustration: Abraham Poincheval 
    

De ce que nous ferons de notre vie, nous ne voulons rien savoir.
Notre indifférence au réel n’a d’égale que notre attention passionnée
aux images entrevues dans une lumière soudaine,
qui est peut-être celle que diffusent les éclats troubles du vin bourru.

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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FANTASMAGORIES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



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FANTASMAGORIES

Les oiseaux boulus bourrus
Dans les cages de la pluie
Le hérisson regoglu
Qui se traîne et qui s’ennuie
L’avers luisant des talus
Les ruisseaux gorgés de nuit
La cheminée s’époumone
Les fées trottent en sabots
Gobelins roulent cerneaux
Dans les ruelles des automnes
Lutins au coeur d’anémones
Fadets secouent leurs grelots
Voici passer sur la route
Corbillard et gris chapeau
Houppelandé, lourd de doute
Monsieur de Serres-Cambot
Chef d’orchestre des grenouilles
Monsieur de Serres-Cambot
Chef d’orchestre des crapauds.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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Grincement d’une branche tordue (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



Rameau déchiqueté, tordu,
Lançant là depuis mainte année
Au vent son chant sec et bourru,
Sans plus de feuilles ni d’écorce,
Las de cette vie surannée,
Las de ne pas mourir, sans force,
Inquiet en secret, mais fier.
Sa voix rauque sonne, obstinée,
Un été encore, un hiver.

**************

Knarren eines geknickten astes

Splittrig geknickter Ast,
Hangend schon Jahr um Jahr,
Trocken knarrt er im Wind sein Lied,
Ohne Laub, ohne Rinde,
Kahl, fahl, zu langen Lebens,
Zu langen Sterbens müd.
Hart klingt und zäh sein Gesang,
Klingt trotzig, klingt heimlich bang
Noch einen Sommer,
Noch einen Winter lang.

(Hermann Hesse)

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Bohémiens, Hellequins, Roulottiers (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2015


VanGogh

 

Les Bohémiens sont revenus
Vautrés autour de la roulotte
Où gambadent des enfants nus
Dans l’odeur d’ail et d’asphodèle.

On voit rôder dans la chanson
Du graillon, des frites heureuses,
Un vieux tapir, un hérisson
Bourru, grognard et philosophe,

Des chiens, silencieux lémures,
Plus maigres que des lévriers,
Chiens errants, veufs de compagnie
Ces animaux n’ont point d’amis.

Des ânes tondus et pelés,
Aux dents longues comme la mort,
Contemplent les badauds troublés
Ivres d’un silencieux remords.

Leur repas bref est terminé :
L’homme saisit une guitare
Et joue des airs mélancoliques
En attendant que la nuit tombe.

Mais le soir un spectacle d’or
Fleurit sur la place publique
Et fait trembler jusqu’aux étoiles
Dans les sidéraux interstices.

(Maurice Fombeure)

 

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