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Poésie

Posts Tagged ‘boussole’

SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
SANS LIEU

sans lieu
sans mémoire
les stèles du vide
le suaire du ciel
ce qui s’abat
sur le corps du monde

sans lieu
sans pourquoi
les hautes nuées
de sang sombre
l’abandon recroquevillé
dans la lumière

sans lieu
sans voix
par coulée
au plus bas
la nuit sortie au jour

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans boussole
l’abîme d’en-haut
la poudre d’ombre
la pulpe de l’ébloui

sans lieu
sans cesse
rompre la mort
avec ceux qui transparaissent
vers les lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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LE BATEAU NOIR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



maelstrom-tourbillon

LE BATEAU NOIR

Je veux prendre un bateau sans boussole,
Sans rames, sans agrès et sans voiles,
Pour aller, sous un ciel sans étoiles.
Chevaucher au hasard la mer folle.

Vapeur, bous et hurle avec rage !
Tourne, tourne, âpre vis de l’hélice!
Sifflet, crie avec joie et délice,
Comme un pétrel repu dans l’orage !

Au branle étourdissant des marées,
Mouillé parles embruns et la pluie.
Les yeux pleurant de sel et de suie.
Dans les glaces du Nord démarrées,

Dans les puits des maelströms qui tournoient,
Dans les rocs des écueils aux dents noires,
Près des requins ouvrant leurs mâchoires,
Tombeaux vivants des morts qui se noient.

Crevant de faim, de soif et de fièvres,
J’irai je ne sais où, seul, farouche.
Et peut-être qu’alors sur ma bouche
Je n’aurai plus le goût de tes lèvres.

(Jean Richepin)

 

 

 

 

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SIGNER (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



eblouissement

SIGNER

Ça tient d’une magie simple
D’une concordance des contretemps
Captée en un instant
Qui renverse les frontières les saisons
Les dés jetés dans la poussière

C’est un étourdissement

Avec une boussole en feu
Une fois parti au grand large
On déplie ses océans
On garde la tête à l’Orient
On parie sur une volonté cavalière

C’est un éblouissement

(André Velter)

 

 

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Jetons à la mer sextants et boussoles (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



Jetons à la mer
sextants et boussoles.
Que la raison
ne nous inonde plus!
Que nos pas se perdent!
Mais la braise troue la peau.

(Jacques Izoard)

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La mer (Santiago Montobbio)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



La mer est l’horizon des enfants.
Elle habite leur coeur et peut-être elle est leur boussole,
leur rythme, leur pouls. La mer est au bout
de tout ce qui resplendit dans cette vie.
La mer est une enfance. La mer est liberté, musique.
Moi je veux être la mer qui te rencontre et te devine
quand le matin s’éveille et je veux suivre son rythme
en ton âme, comme un enfant
qui à la fin et dans son coeur l’écoute.

(Santiago Montobbio)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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RETOUR (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



RETOUR

La conversation téléphonique ruisselait dans la nuit et
scintillait sur les campagnes et les faubourgs.
Puis j’ai mal dormi dans ce lit d’hôtel.
Je ressemblais à l’aiguille de cette boussole que, le
coeur battant, le coureur de cross porte dans la forêt.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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UT MAJEUR (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



UT MAJEUR

Lorsqu’il se retrouva dans la rue après son rendez-vous galant
la neige tourbillonnait au vent.
L’hiver était venu
alors qu’ils s’étreignaient.
La nuit blanche luisait.
Il marchait à grands pas joyeux.
La ville entière paraissait en pente.
Des sourires croisés –
chacun souriait derrière son col dressé.
C’était la liberté !
Et les points d’interrogation chantaient la présence divine.
Pensait-il.
Une musique se détacha
pour avancer à grands pas
dans la neige en tempête.
Tout convergeait vers la note do.
Une boussole incertaine dirigée vers le do.
Une heure passée au-delà des souffrances.
Tout semblait si facile!
Et chacun souriait derrière son col dressé.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Leonid Afremov

 

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A vol d’oiseau (Michel Luneau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



A vol d’oiseau

Où va-t-il, l’oiseau sur la mer ?
Il vole, il vole…
A-t-il au moins une boussole ?

Si un coup de vent
Lui rabat les ailes,
Il tombera dans l’eau
Et ne sait pas nager.

Et que va-t-il manger?
Et si ses forces l’abandonnent,
Qui le secourra ? Personne.

Pourvu qu’il aperçoive à temps
Une petite crique !
C’est tellement loin, l’Amérique…

(Michel Luneau)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Seuls les chemins perdus (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015



N’avoir d’autres objectifs
que les mains ouvertes
et les écarts inévitables de la boussole,
non pour les corriger
mais pour nous lancer en eux, justement.

Là ces ombres que nous sommes
trouveront les routes nécessaires
pour déceler dans le temps
les traits de cet invraisemblable songe.

Seuls les chemins perdus
et les voyages inverses
font place aux songes impossibles
et conduisent au port.

(Roberto Juarroz)

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A vol d’oiseau (Michel Luneau)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



A vol d’oiseau

Où va-t-il, l’oiseau sur la mer ? Il vole, il vole… A-t-il au moins une boussole ?
Si un coup de vent Lui rabat les ailes, Il tombera dans l’eau Et ne sait pas nager.
Et que va-t-il manger ? Et si ses forces l’abandonnent, Qui le secourra ? Personne.
Pourvu qu’il aperçoive à temps Une petite crique ! C’est tellement loin l’Amérique…

(Michel Luneau)


Illustration

 

 

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