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Poésie

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FRÈRES AVEUGLES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2020




    
FRÈRES AVEUGLES

Pensez à tous ceux qui voient
vous tous qui ne voyez pas
où vont-ils se laisser conduire
ceux qui regardent leur bout de nez
par le petit bout d’une lorgnette
Pensez aussi à ceux qui louchent
à ceux qui toujours louchent vers l’or
vers la mer leur pied ou la mort
à ceux qui trébuchent chaque matin
au pied du mur au pied d’un lit
en pensant sans cesse au lendemain
à l’avenir peut-être à la lune au destin
à tout le menu fretin
ce sont ceux qui veillent au grain
Mais ils ne voient pas les étoiles
parce qu’ils ne lèvent pas les yeux
ceux qui croient voir à qui mieux mieux
et qui n’osent pas crier gare
Pensez aux borgnes sans vergogne
qui pleurent d’un oeil mélancolique
en se plaignant des moustiques
des éléphants de la colique
Pensez à tous ceux qui regardent
en ouvrant des yeux comme des ventres
et qui ne voient pas qu’ils sont laids
qu’ils sont trop gros ou maigrelets
qu’ils sont enfin ce qu’ils sont
Pensez à ceux qui voient la nuit
et qui se battent à coup de cauchemars
contre scrupules et remords
Pensez à ceux qui jours et nuits
voient peut-être la mort en face
Pensez à ceux qui se voient
et savent que c’est la dernière fois

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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POUR LES MAUVAIS JOURS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020



    

POUR LES MAUVAIS JOURS

Courage mon garçon
courage polisson

Nous battrons la semelle
et le briquet

Nous couperons la ficelle
et le sifflet

Nous tiendrons la chandelle
et le bon bout

Courage polisson
Courage mon garçon

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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J’aime les mots (François David)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Illustration
    
J’aime les mots

J’aime les mots
tous les mots
même les mots très courts
des marmots de mots
comme le mot « mot »
je l’aime en entier
et pour chacune de ses lettres
son o
qui donne l’envie de boire
cette lettre en son coeur
comme au creux d’un puits
et l’autre devant
pour lui dire en avance
t’m
ô comme je t’m
et même le « t »
je ne voudrais l’ôter
ce « t » inattendu
inentendu
au bout du mot
au bout du compte
en ce mot comme en cent
autant que finissant
de l’initiale à la finale
j’aime tout du mot « mot

(François David)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Salut, toi (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2020




Salut, toi – réalité
instantanée à l’autre
bout du soi-disant fil.

(Robert Creeley)

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JUSQU’AU AU BOUT ? (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    
JUSQU’AU AU BOUT ?

Des fils abandonnés
pour d’inextricables desseins
et des urgences ailleurs

Relier communiquer au-delà des abîmes
se libérer des contraintes
pour rallier des absences

Pelotes emmêlées
écheveaux en attente
labyrinthe condamné à l’échec

Et pourtant
ça marche
il semble certain
que même enchevêtré
chaque petit chemin
trouve son but.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

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Je n’ai jamais pu (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
Je n’ai jamais pu aller au bout de moi-même,
par peur du vide.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

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Vergers d’enfance (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Vergers d’enfance

Nymphes et dryades enlacées
houris et péris sous gaze et perles

Les pétales dans l’herbe
un lézard sur un caillou

Les guêpes mordent
dans la poire

Une collection de noyaux
des arabesques de pelures

Une goutte de résine
au fond de la blessure
d’un cerisier

Le parfum des fraises
un sourire velouté

Murmures des écorces
crépitements en sourdine

Un goût de tendre aveu
sur le bout de la langue

Sous les caresses des brindilles
les bourgeons s’entrouvrent

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Que voit-on au BOUT du monde (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Que voit-on au BOUT du monde
je suis ici
je pars
je marche devant moi
je suis ailleurs
mais il y a toujours
de la terre pour marcher
autant devant
erèirred tnatua
je suis perdu
au milieu du monde
enfermé dans les devant
qui sont partout
AUTOUR de moi

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Escher

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Notre Pain (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Notre Pain
Pour Alejandro Gamboa

On prend le petit-déjeuner… Humide terre
de cimetière à l’odeur de sang aimé.
Ville d’hiver… La cuisante traversée
d’une charrette qui semble traîner
une émotion de jeûne enchaînée!

On voudrait toquer à toutes les portes
et demander je ne sais qui; et puis
voir les pauvres et, en pleurant tout bas,
donner des petits bouts de pain frais à tous.
Et saccager les vignes des riches
avec les deux mains saintes
qui dans une échappée de lumière
s’envolèrent déclouées de la Croix!

Cils du matin, ne vous levez pas!
Notre pain de chaque jour, donne-le-nous,
Seigneur… !

Mes os ne sont pas à moi;
peut-être les ai-je volés!
Je suis venu m’arroger ce qui sans doute
était assigné à un autre;
et je pense que, si je n’étais pas né,
un autre pauvre aurait pris ce café!
Je suis un mauvais larron… Où irai-je!

Et en cette heure froide, où la terre
est si triste et fleure la poussière humaine,
je voudrais toquer à toutes les portes,
et supplier je ne sais qui, pardon,
et lui faire des petits bouts de pain frais
ici, dans le four de mon coeur !

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Nous sommes juchés la tête en bas (Jim Morrisson)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
Nous sommes juchés la tête en bas
au bord de l’ennui
Nous cherchons à atteindre la mort
Au bout d’une bougie
Nous essayons de trouver quelque chose
Qui nous a déjà trouvés.

(Jim Morrisson)

 

Recueil: Prière américaine
Traduction:
Editions:

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