Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bouteille’

La nuit je tenterai la joie (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Hala Mohammad 
    
La nuit je tenterai la joie
Je ne la trouve pas au tréfonds de moi-même
Il est encore tôt le matin
Peut-être
D’ici ce soir
Une folie balayera-t-elle le chagrin.
Je m’y efforcerai.
Autour de toi le monde s’est effondré
Alors
Tu disposes quelques chaises
Autour d’une table
Et pour compléter le rituel de la joie
Tu poses sur la table une bouteille d’alcool
Et un bouquet de fleurs sauvages
Petites, toutes petites
Prêtes à s’effriter au moindre toucher
Tandis que moi, dans le coin du tableau,
Ne suis qu’une nature morte.

***

(Hala Mohammad)

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUJOURD’HUI COMBIEN D’HEURES TOMBENT (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




Aujourd’hui combien d’heures tombent, tombent
dans le puits, dans la nasse, dans le temps :
elles sont lentes mais ne prennent de repos,
elles tombent, se rassemblant
au début comme des poissons,
puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
En bas, les heures
avec les jours s’entendent,
avec les mois,
avec les souvenirs fumeux,
avec des nuits désertes,
des femmes, des habits, des trains et des provinces,
le temps
s’accumule, et chaque heure
se dissout en silence,
s’effrite et choit
dans l’acide aux vestiges,
dans les eaux noires
dans la nuit sens dessus dessous.

(Pablo Neruda)

Illustration: Salvador Dali

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LIENS (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

    

LIENS

Ces petits bouts de verre poli
ramassés sur les plages
roulés, usés au sable

Tessons d’humanité perdus aux vagues
bouteilles à la mer
messages éclatés

Espoirs possibles
entre déréliction-tendresse
cynisme-attachement

Les enfermer en nœuds précieux
autant de liens
pour les offrir

Un grain pour la folie
un grain pour le tragique
un dernier pour le rire

Afin d’attacher la mémoire
d’enchaîner la beauté
pour contrer l’impossible.

(Françoise Coulmin)

In Pendant qu’il est encore temps, recueil,
Le Temps des Cerises, Fr, 2011.
In Pennilesspress, revue en anglais, GB, 2007.

 

Recueil: FLORILÈGE, 30 ans de poésie : SANS ESPOIR JE CÈDE À L’ESPOIR (SEJCE)
Traduction:
Editions: La feuille de thé

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il était une fois… (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Il était une fois…

Au tableau noir,
dans l’encrier de mon enfance,
la porte du savoir
s’ouvre à la connaissance.
Monsieur l’Instituteur,
blouse grise,
leçon apprise,
odeur de cire.

Au tableau vert,
grandes vacances de l’été,
goûters brioche et confiture,
Far West et l’aventure.
De l’arc jaillit la flèche.
Sur mon cheval,
je vise un bison blanc
qu’imagine l’enfant.

Au tableau bleu,
dessiner les oiseaux,
les voiles des bateaux,
pour rêver juste un peu.
Offrir au grand voilier
l’océan de papier,
en bouteille à la mer,
un poème … à la craie.

(Jean Moraisin)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

J’adresserai demain (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
J’adresserai demain
à d’autres vagues
mes bouteilles à la mer,
je rassemblerai vos absences
pour les offrir à des visages
de clandestine ressemblance.
Ne faites plus un geste
vers mes lèvres.
Je meurs de silence.
Ce temps qui nous tire en arrière
répondra seul de notre histoire
quand bleus sous les paupières,
vos yeux foudroient l’orage.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUX SONS D’UNE MUSIQUE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Aux sons d’une musique endormie et molle
Comme le glouglou des marais de la lune,
Enfant au sang d’été, à la bouche de prune Mûre ;

Aux sons de miel de tes chevrotantes paroles
Ici, dans l’ombre humide et chaude du vieux mur
Que s’endorme la bête paresseuse Infortune.

Aux sons de ta chanson de harpe rouillée,
Tiède fille qui luis comme une pomme mouillée,
— (Ma tête est si lourde d’éternité vide,
Les mouches d’or font un bruit doux et stupide
Qui prennent tes grands yeux de vache pour des fenêtres),
Aux sons de ta dormante et rousse voix d’été.
Fais que je rêve à ce qui aurait pu être
Et n’a pas été…

Quels beaux yeux de n’importe quel animal tu as,
Blanche fille de juin, grande dormeuse !
Mon âme, mon âme est pluvieuse.
D’être et de n’être pas je suis tout las.

Tandis que ta voix d’eau coule comme du sable
Que je m’endorme loin de tout et loin de moi
Entre les trois bouteilles vides sous la table.

— Noyé voluptueux du fleuve de ta voix…

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La glace comme une bouteille (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
La glace comme une bouteille. Dans la file
Chacun brûlait de retrouver la longue glissade
portée à la perfection, passage après passage —

Courir, se préparer, s’abandonner
A la pente pour le seul plaisir de la pente :
Adieu à la terre ferme, saut exceptionnel

par-delà notre maîtrise de nous-mêmes.
Le cycle revenait de prise en lâcher prise:
La fine voie lactée sur la glace noircie,

La course pour remonter, la voie libre et le retour —
Toujours recommencé, comme un cercle de lumière
Vers où l’on vogue alors qu’on sait l’avoir franchi.

***

The ice was like a bottle. We lined up
Eager to re-enter the long slide
We were bringing to perfection, time after time

Running and readying and letting go
Into a sheerness that was its own reward:
A farewell to surefootedness, a pitch

Beyond our usual hold upon ourselves.
And what went on kept going, from grip to give,
The narrow milky way in the black ice,

The race-up, the free passage and return —
It followed on itself like a ring of light
We knew we’d come through and kept sailing towards.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La bouteille fêlée (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




la bouteille fêlée
qui gardera longtemps son dépôt violet bleu

(Jean Follain)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 2 Comments »

Lentement (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
lentement
le temps passe
à la verticale

on est là
autant que la bouteille
le livre fermé
le cendrier
la table

tout vibre
très peu
d’exister

on rejoint

dans cette pièce
à ce moment
sans murs

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les grands jours du poète (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



 

Bouee-sauvetage

Les grands jours du poète

Les disciples de la lumière n’ont jamais inventé que des ténèbres peu opaques.
La rivière roule un petit corps de femme et cela signifie que la fin est proche.
La veuve en habits de noces se trompe de convoi.
Nous arriverons tous en retard à notre tombeau.
Un navire de chair s’enlise sur une petite plage. Le timonier invite les passagers à se taire.
Les flots attendent impatiemment Plus Près de Toi ô mon Dieu!
Le timonier invite les flots à parler. Ils parlent.
La nuit cachette ses bouteilles avec des étoiles et fait fortune dans l’exportation.
De grands comptoirs se construisent pour vendre des rossignols. Mais
ils ne peuvent satisfaire les désirs de la Reine de Sibérie qui veut un rossignol blanc.
Un commodore anglais jure qu’on ne le prendra plus à cueillir la sauge
la nuit entre les pieds des statues de sel.
A ce propos une petite salière Cérébos se dresse avec difficulté sur ses
jambes fines. Elle verse dans mon assiette ce qu’il me reste à vivre.
De quoi saler l’Océan Pacifique.
Vous mettrez sur ma tombe une bouée de sauvetage.
Parce qu’on ne sait jamais.

(Robert Desnos)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :