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VŒU D’AMOUR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
VŒU D’AMOUR
Yan-Ta-Tchen

Minuit !… Il n’y a plus de courtisans, dans le pavillon impérial ;
les deux amants sont seuls, et causent à demi-voix.
« C’est la nuit unique dans l’année, dit l’empereur,
où la Tisseuse Céleste et le Divin Bouvier, séparés par le Fleuve d’argent
se rejoignent, par le pont frémissant, que forme pour eux un vol de corneilles.
« Ne nous compare-t-on pas, à cause de notre fidélité, à la Tisseuse et au Bouvier du ciel ?
« Voici l’instant, où il convient de brûler des parfums, en l’honneur de nos divins modèles. »
L’impératrice verse l’encens, et la fumée odorante emporte leurs vœux :
« Puissions-nous planer dans les airs, sans cesse, comme un couple d’oiseaux !
« Puisse sur la terre, notre attachement être toujours pareil à celui qui lie la branche à l’arbre !
« Le ciel et la terre peuvent finir, mais notre amour ne finira jamais ! »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Le Bouvier et la Fileuse (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017


Le Bouvier
Et la Fileuse
Se font face sur la rivière
Lisse comme une fine natte
Depuis le temps où se sont séparés
Le ciel et la terre.
Leur amour
Ne connaît pas de repos
Leurs lamentations
Ne leur laissent pas de répit,
Par les flots bleus
Leurs désirs sont réduits à néant,
Dans les nuages blancs
Leurs larmes se sont taries.
En cette situation
Ils ne peuvent que soupirer.
En dépit de tout
Ils s’aiment l’un l’autre.
Que n’a-t-il une petite barque
Peinte en rouge,
Que n’a-t-il des avirons
Garnis de gemmes
Pour traverser
Quand vient le matin,
Pour ramer vers elle
Avec la marée du soir?
Au bord de la Voie Galactée
Eternelle
Elle étendrait son écharpe
Qui vole à travers le ciel.
Aux beaux bras se mêleraient,
Que de nombreuses nuits
Ils voudraient dormir ensemble
Même quand ce n’est pas l’automne.

(Yamanoue no Okura)

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Ô jour qui meurs à songer d’elle (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Ô jour qui meurs à songer d’elle
Un songe sans raison,
Entre les plis du noir gazon
Et la rouge asphodèle;

N’est-ce pas, aux feux du plaisir
Inclinée et rebelle,
Elle encor, mais cent fois plus belle,
Et de flamme à saisir?

… Là-bas monte la voix dernière
D’un bouvier sous les cieux.
On n’entend plus que les essieux
Qui grincent dans l’ornière.

(Paul-Jean Toulet)

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L’oubli (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l’horizon marin,
Sur l’azur infini dresse sa forme noire.

La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

Mais l’Homme indifférent au rêve des aïeux
Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La Mer qui se lamente en pleurant les sirènes.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration: ArbreaPhotos

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Ma soeur, il se fait tard (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2016




Ma soeur, il se fait tard. Le jour devient timide.
La colline rosit, au loin… L’herbe est humide.

Ecoute… Les bouviers sur les pas des troupeaux
Troublent de leurs appels la sente et les coteaux.

Le lac prochain s’endort. Les sarcelles s’envolent.
Sur les roseaux pensifs, comme autant de corolles,

Les blancs oiseaux des Dieux songent avec ferveur…
Il se fait tard, ma soeur. La nuit et sa faveur

Nous ramènent bientôt aux soins de nos mystères.
C’est l’heure… Descendant aux jardins de la terre,

Les mânes protecteurs, les Esprits et les Morts
Viennent de leurs enfants apaiser les remords,

Exaucer des mortels les voeux et les offrandes,
Et sur nos mains verser des grâces odorantes.

Que le vent nous libère et chasse les hiboux
De l’ombre inviolée et chaste des bambous !

Mais déjà l’arc-en-ciel empourpre la savane
D’une splendeur au ton mystique et diaphane.

De la lune alahmade invoquant le flambeau,
Allons prier, ma soeur, prier sur les tombeaux…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Géraldine Potron

 

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