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Posts Tagged ‘bouvreuil’

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marc Chagall

    

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT…

Voilà : ce matin je voulais
Honorer d’un brin de romance
L’éveil des nids pleins d’oiselets
Et le doux printemps qui commence
J’ai débouché mon encrier,
Pris une plume et du papier

Refrain
J’ai voulu faire une chanson
Mais tireli tirelirette
Dans mon champ rempli de moisson
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantaient trop fort (bis)

Au bout des vers de ma chanson
Tombèrent d’un vol unanime
Fauvette, bouvreuil et pinson
Dont le bec pilla chaque rime
Et leur refrain assourdissant
Étouffa le mien en passant.

Ainsi ce soir auprès de vous
Froissant nerveusement des roses
Je cherche les mots les plus doux
Pour vous dire certaines choses
J’en trouve trop… qui sont très bien
J’ouvre la bouche et ne dis rien.

Refrain final
Je voudrais vous causer d’amour
Mais tireli tirelirette
Dans mon coeur qu’enfête le jour
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantent si fort (bis).

(Gaston Couté)

 

 

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En avril (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
En avril

En avril sous les bourgeons roux,
Voici le bouvreuil aux cris doux,
Voici le merle et la mésange,
Que nul vent glacé ne dérange,
Pépiant au soleil nouveau,
Pendant que d’argent clair se frange
La berge noire des ruisseaux.

Voici le vert cendré des pousses;
Étalant de bleuâtres housses,
La mousse où fleurissent dorés,
Caressés du ciel azuré
Les coucous, où les anémones
Ouvrent leurs pétales nacrés
À l’abri vaporeux des aulnes.

Voici la flûte verte et glauque
Des grives et la plainte rauque
Des crapauds en amour montant,
Des vases molles de l’étang
Et qui, bourdonnante, dévide
Son rythme par les joncs humides
Que chauffe un soleil éclatant.

Voici les trembleuses fougères
Déroulant leurs crosses légères
Et les longs iris flexueux
Qu’agite le vol anguleux
Et fantasque des demoiselles
Effleurant leurs calices bleus
Du bout transparent de leurs ailes.

Ah! Viens, mon amour, je le veux,
Viens, dans la nuit des chemins creux
Parmi les fleurs en avalanches,
Mon coeur est un nid sous les branches;
Viens, comme un doux oiseau lassé,
Dans le nid tiède reposer
A l’ombre des épines blanches.

(Marie Dauguet)

 

 

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Il piaule des bouvreuils… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Il piaule des bouvreuils…

Il piaule des bouvreuils aux rameaux décharnés;
Sur mes soleils flétris, sur mes espoirs fanés,
Pleurez mon coeur.

Vous êtes dans le vent sinistre et meurtrier
La fuite de l’averse aux cailloux du sentier,
Pleurez mon coeur.

Vous êtes le bouleau que le vent a brisé,
L’oiseau qui sur son nid couve des oeufs brisés,
Pleurez mon coeur.

Les blasphèmes du vent emplissent l’horizon
Comme ceux d’un forcat les murs de sa prison,
Pleurez mon coeur.

Seule une âme comprend tout ce que vous souffrez:
C’est l’âme des grands bois par le vent torturés,
Pleurez mon coeur.

Car ce qui vous console est d’unir, coeur dément,
Vos sanglots forcenés aux cris des éléments,
Pleurez mon coeur.

(Marie Dauguet)

 

 

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LA CHANSON DES CHANSONS (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



LA CHANSON DES CHANSONS

J’ai vu les prés, les bois, les étangs, les buissons,
Et les petits oiseaux m’ont appris leurs chansons.

Je sais, faisant rouler dans ma gorge une perle,
Flûter comme un bouvreuil et siffler comme un merle.

Je connais le refrain des cailles dans le foin,
Et des perdreaux perdus qui s’appellent au loin.

Je peux dire d’un trait la cantilène douce
Que file la mésange en dansant sur la mousse.

J’ai retenu la gamme aux bonds capricieux,
Trilles de l’alouette en fusant vers les cieux.

Je répète la brusque et stridente ariette
Du pinson, du linot et de la mauviette.

J’imite jusqu’aux cris éclatant tout à coup
Du geai, du loriot, du pivert, du coucou.

J’ai gardé sûrement au cœur de ma mémoire
La romance de la fauvette à tète noire.

Enfin j’ai su noter la merveille des voix.
Le grand air tout entier du rossignol des bois.

Comment donc se fait-il quêta voix me paraisse,
Mignonne, plus belle et plus enchanteresse?

Pourquoi tous ces concerts me semblent-ils moins doux
Que ta parole quand je suis à tes genoux?

Maîtresse, ta voix gaie, amoureuse et tendre,
Ces chanteurs aimeraient eux-mêmes à l’entendre.

Viens voir les prés, les bois, les étangs, les buissons.
Je veux que les oiseaux apprennent tes chansons.

(Jean Richepin)

 

 

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Soleil et Chair (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




Soleil et Chair

[…]
Par la lune d’été vaguement éclairée,
Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée
Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
Dans la clairière sombre où la mousse s’étoile,
La Dryade regarde au ciel silencieux…
– La blanche Séléné laisse flotter son voile,
Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon…
-La Source pleure au loin dans une longue extase…
C’est la Nymphe qui rêve, un coude sur son vase,
Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé.
– Une brise d’amour dans la nuit a passé,
Et, dans les bois sacrés, dans l’horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres Marbres,
Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid,
– Les Dieux écoutent l’Homme et le Monde infini !

(Arthur Rimbaud)

Illustration

 

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Une boule d’air t’enroule (Pericle Patocchi)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



Une boule d’air t’enroule
et t’enlève à la nuit

le souffle court
le cri
du bouvreuil tire les bois
des prunelles ensevelies
sous les paupières

le pain
est là sur la nappe
pétri
de soleil et de larmes

(Pericle Patocchi)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Toujours (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016


 

L’enseigne s’érige
au-dessus d’une porte
où le chien vient gratter
l’homme dort.
Il a dit ramenant l’herbe
je préfère ma demeure
à tout au monde
mes fleurs rouges à mes filles.
Il ignore qu’un cristal
se multiplie.
N’empêche que sonne l’heure
comme à sa jeunesse altérée.
Si la maison croulait, auprès des ruines
un bouvreuil chanterait encore.

(Jean Follain)

 

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Sous les battements fragiles de sa tendresse (Jean Aron)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015


bouvreuil

 

Ce qui fait la puissance du bouvreuil
dans l’hiver des forêts,
c’est qu’il cherche à cacher
sa souffrance
sous les battements fragiles
de sa tendresse.

(Jean Aron)

Illustration

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SPHERE (Jean Pache)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



SPHERE

L’hiver agitait quelques voilures déjà sales.
Elle : impérieuse, docile — piétinant le jour
dont elle adore les barreaux.

*

J’aime délibérément un ciel capable
de toutes les métamorphoses.

*

Désormais le risible fracas des pies évince
la monotonie du bouvreuil :
aussi loin qu’elle porte, la vue ne couvre
ni la distance ni l’effritement sournois
des heures.
Et la rumeur intime a trop de minutie.

*

À l’étape du silence (hors de l’illusion),
la mémoire libère les contours d’une juste
présence.

(Jean Pache)

 

 

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