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Poésie

Posts Tagged ‘bracelet’

SAY IT WITH MUSIC (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

SAY IT WITH MUSIC

Les bracelets d’or et les drapeaux
les locomotives les bateaux
et le vent salubre et les nuages
je les abandonne simplement
mon coeur est trop petit
ou trop grand
et ma vie est courte
je ne sais quand viendra ma mort exactement
mais je vieillis
je descends les marches quotidiennes
en laissant une prière s’échapper de mes lèvres
À chaque étage est-ce un ami qui m’attend
est-ce un voleur
est-ce moi
je ne sais plus voir dans le ciel
qu’une seule étoile ou qu’un seul nuage
selon ma tristesse ou ma joie
je ne sais plus baisser la tête
est-elle trop lourde
Dans mes mains je ne sais pas non plus
si je tiens des bulles de savon ou des boulets de canon
je marche
je vieillis
mais mon sang rouge mon cher sang rouge
parcourt mes veines
en chassant devant lui les souvenirs du présent
mais ma soif est trop grande
je m’arrête encore et j’attends
la lumière
Paradis paradis paradis

(Philippe Soupault)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

 

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LES BIJOUX (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
LES BIJOUX

Un diadème d’or ajouré couronne mon front étroit et blanc.
Cinq chaînettes d’or, qui font le tour de mes joues et de mon menton,
se suspendent aux cheveux par deux larges agrafes.

Sur mes bras qu’envierait Iris, treize bracelets d’argent s’étagent . Qu’ils sont lourds !
Mais ce sont des armes; et je sais une ennemie qui en a souffert.

Je suis vraiment toute couverte d’or. Mes seins sont cuirassés de deux pectoraux d’or.
Les images des dieux ne sont pas toutes aussi riches que je le suis.

Et je porte sur ma robe épaisse une ceinture lamée d’argent.
Tu pourras y lire ce vers :
« Aime-moi éternellement; mais ne sois pas affligé si je te trompe trois fois par jour. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur le rivage de Nagato (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Pierre Puvis de Chavannes 1824 - 1898 , la pêcheuse, Louvre

Sur le rivage de Nagato
(Qui évoque un écheveau suspendu
A la corbeille
D’une fille)

Dans le calme du matin
Monte la marée,
Dans le calme du soir
Accourent les vagues.
Comme le flot
Qui ne cesse de monter
Comme les vagues
Qui gagnent, gagnent,
Rempli d’amour pour ma mie
je m’approche.
Sur la plage rocheuse
De la mer d’Ago
Ramassant des algues,
Les pêcheuses
Ont à leur cou
Des foulards qui brillent au soleil.
Des bracelets enroulés à leurs bras
On entend le cliquetis.
On les voit agiter leurs manches
De blanche étoffe.
Ne dirait-on pas qu’elles aiment ?

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration : Pierre Puvis de Chavannes

 

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Aujourd’hui j’ai tout raconté à l’eucalyptus (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Aujourd’hui
j’ai tout raconté à l’eucalyptus
il m’a écouté en silence
a ridé son front
et a coupé pensif
des petits morceaux de ciel
avec un couteau vert.

Tes yeux
sont des bracelets d’eau
qui m’attachent
à la terre sèche.

(Luis Mizón)

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Dans le soir de soleil (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration: Alfred Stevens
    
Dans le soir de soleil
la veuve baigne son corps,
et l’eau est un pauvre mari
tiède et discrète sur ses cuisses.

Eau transparente où je me vois,
et mon joyau est sous la terre,
le bruit du vent qui m’ensorcelle,
filtre du pin sous quoi il gît.

Que reste-t-il sur les tombeaux
de la chaleur qui m’enfermait ?
je dors dans un froid plus profond
que celui d’au delà des pierres.

Je veux partager les racines
qui forment ombre à tes cheveux,
et renoncer à l’air terrible
qui me prive de tes baisers.

Au caillou des visages
il est encore des étincelles,
ô mes yeux noirs partis du jour,
personne, hélas, ne vous rappelle.

Et mon amant, malgré mes pleurs,
viendra bientôt fendre mon corps,
menuisier aux gestes précis,
et le plaisir grandira ma plaie.

Qu’est mon sang de haut parfum,
et ma voix rosée du printemps,
à ce bouvier qui prendrait sa joie
de l’étreinte d’un faisceau d’orties ?

J’ai perdu le nom de l’amour
en perdant ma neige torride,
tout s’attiédit à mon entour
comme cette eau, bracelet livide.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Japonaise (Jude Stéfan)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



japonaise

la dernière fois très âgé
c’était un jour de vent
avec la belle Yuko je
savais où poser le menton
à la faire pâmer elle
avait à l’oreille une rose
et n’était pas épilée un
double collier un bracelet
qui tintait ornaient sa
nudité je revois un vase
une large glace en elle
pleurait ma jeunesse de
ses fins doigts qui voulait
m’empêcher de mourir par
son sourire, elle si brune

(Jude Stéfan)


Illustration

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Lorsque j’aimais (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

Illustration: Marc Chagall
    
Lorsque j’aimais

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

Un emportement lyrique
m’apportait, quoique trompeur,
une volupté unique,
un vif et ardent bonheur.

Toute chose il me montrait
sous le plus riant des jours,
donnant des airs de palais
au petit nid de l’amour.

Sa robe de pauvre allure
au vieux calicot déteint,
me semblait, je vous le jure,
faite de soie, de satin.

Deux bracelets de pauvresse
ornaient ses poignets ; pour moi
c’étaient bijoux de princesse,
qui ravivaient mon émoi.

Elle avait souvent la tête
couronnée de fleurs des champs ;
quel somptueux bouquet de fête
fut pour moi plus alléchant ?

Le sol était doux naguère,
quand près d’elle je marchais ;
soit il n’y avait point d’ornières,
soit la terre les cachait.

Aussi, moins touché je reste
par les rhéteurs, les savants,
que par le moindre des gestes
qu’elle m’adressait, avant.

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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L’ÉTÉ (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



L’ÉTÉ

Joie nouvelle d’une fièvre
D’une saison secrète
Moins friables par surcroît de ténèbres
Ou avis de grand frais
Et cette marque au fer
Qui charme le destin
Sous un bracelet de cuir

Un écart volontaire a tout désarçonné
L’horizon s’est retrouvé avec un peu plus de ciel
Un peu plus de latitude inconnue
Et un projet de coupe claire

Au point du jour
C’est déjà le beau midi de la lumière
L’ardeur dans les coursives qui ouvrent sur le désert
Comme on étreint cet impossible été
Au goût de soufre et de miracle
En se regardant dans les yeux

(André Velter)

Illustration

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LE SANG DU CIEL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

LE SANG DU CIEL

Bracelets du ciel et de la nuit
jours lointains
regards bleus
et les feuilles multicolores
refuges des reflets et des feux
Un seul mot
coeur ou sang
au loin plus près
et tout s’éteint
pour une nuit
sans rêve et sans chagrin
comme l’on dirait
à demain
avec un geste de la main
jours lointains
nuit ciel coeur et sang

(Philippe Soupault)

Illustration

 

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Carmen (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (4) [800x600]

Parmi les amoureux de Carmen,
Qui se hâtent, foule bigarrée,
Voulant l’entraîner derrière eux,
Un seul…

Silencieux et morose
N’attend rien, ne demande rien ;
Mais lorsque le tambourin résonne,
Et sourdement, tintent les bracelets,

Il se souvient des jours de printemps,
Et dans le tumulte des accords
Il regarde sa taille chantante
Et voit des rêves créateurs…

Tu es telle l’écho d’un hymne oublié
Dans mon noir et sauvage destin.
0 Carmen, il m’est triste et étrange
D’avoir pu rêver de toi…

Tu es ta propre loi, tu voles, tu voles outre,
Vers d’autres constellations, ne connaissant pas d’orbites,
Et ce monde-ci n’est pour toi qu’un rouge nuage de fumée
Où quelque chose consume, chante, tourmente et brille.

Et dans cet incendie est folle ta jeunesse.
Tout est musique et lumière : il n’y a ni bonheur, ni trahisons,
D’une même mélodie résonnent joie et tristesse.
Mais je t’aime : je suis pareil à toi, Carmen !

(Alexandre Blok)

Illustration: Alexey Slusar

 

 

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