Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘braise’

Fillettes (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



Fillettes

En longue file, viennent et vont
Les diablotins, mes petites saintes;
Et c’est du chaud pain frais que leur front –
Yeux de charbon, braises de charbon
Encor non éteintes.

En longue file, viennent et vont,
Et leurs amours aux fleurs sont pareilles;
Comme muguets aiment les garçons –
Vont aux garçons comme grives vont
Aux raisins des treilles.

En longue file, viennent et vont,
Même pleurantes, ne font que rire;
Lointaines sont, et lointaines vont –
Ainsi l’on voit, par les soirs trop bons,
Les étoiles luire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Jean-Honoré Fragonnard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021


Réussite_Malinowsky

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.
Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.
Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,
Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.
Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Puisse mon amour… (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Puisse mon amour…

Puisse mon amour des dessins changeants
des corps, des eaux et des vents de ce monde
avec les martinets voler encore ce soir
certitude d’un instant dans la joie
d’une vie d’un coup d’aile dépliée
comme si dans le geste de s’ouvrir
il y avait une braise éternelle –

Reviens près de ces pierres
où quelques mots respirent –
écoute-les de toute ta nuit
tout le poids de l’oubli courbé
sur un feu qui consent aux gris
lumineux et fragiles de ces cendres –
poignée de semences
que dispersent les vents –

(Lorand Gaspar)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Derrière le dos de Dieu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mais il reste la nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020



    

Mais il reste la nuit
Où la braise en souffrance
Épure mille charbons
En unique diamant.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Lecture (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



La Lecture

le silence à l’escale
les doigts bagués de fleurs

la lampe roule à son bord les images
la nuit en dune à la fenêtre

et soudain craque
la braise d’une phrase dans la cendre d’un livre

(Daniel Boulanger)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

LA PLAIE ET LE BAUME (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2020




Illustration: Le Bernin

    
LA PLAIE ET LE BAUME

… le grand cœur de la région obscure des limites,
là où toutes vies, toutes consciences coïncident
dans la couronne de Nuit-Lumière…

Roger Gilbert-Lecomte

Je ne saurais rien dire de cet état,
où je fus happé derrière l’horizon.

Comme renversé d’amour,
les nerfs aiguisés à la braise,
les veines meurtries au vivant.

Oui, le très-vivant.
Ce qui n’en finit pas de prendre visage
entre deux apparences.

C’est, tellement.
Et l’on voudrait que cette spirale qui noue cœur et ventre
fût traduite au mieux du monde.

On voudrait l’exact sanglot de la ténèbre,
la fièvre de tous les rires.
Et la décomposition même, si parfaite.
Sa toute blancheur.

Pour mieux accueillir le poudroiement.
Là où tout parle.
Où la pensée s’efface.
Où frémit la nuque des étoiles.

Il faut aller vers ce ressac,
traverser les atomes.
Avec toutes les langues du vertige.

La secousse,
si belle.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie n’est pas toujours en flammes (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



La vie n’est pas toujours en flammes
Par moments c’est une masse de braise
La flamme
C’est la vie qui chante
Mais la braise c’est la vie qui chauffe

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

La braise qui couve (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2020




    
La braise qui couve
va-t-elle point s’éteindre
aux larmes qui grésillent

(Bashô)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

C’est vaste nuit (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



c’est vaste nuit que l’agnelle en feux
braise d’encens ses sept glaïeuls noirs
de feu rayé et de violette
d’onyx office qu’abeilles tressent

(Bernard Manciet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN HOMME ATTEND L’AUBE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



 

Illustration: Christophe Saccard
    
UN HOMME ATTEND L’AUBE

Le livret militaire, le diplôme de docteur
Et quelques lyriques tourmentes.
Sur la colline,
Tranquille,
Le moulin à vent.
Le miroir du lac
S’assombrit dans le soir.
Sur une maison abandonnée
La chouette chuinte.
Les étoiles sont loin.
De la fraîcheur.
Il fait bon maintenant
Etre avec les siens
Autour de la table
Sous la lampe à pétrole.
Un chien aboie
Sur l’étranger qui passe.
Seul.
Les chemins vont dans les ténèbres.
Silence.
Des diamants — les étoiles —
Ecorchent le verre bleu de la nuit.
Déserte, la plaine.
Un mur inachevé.

Ruines. Odeur de ciguë.
Ici, dans les fondations,
Le maître-maçon
N’a pas emmuré son amour.
Demain
Sur les pierres chaudes, au soleil,
Sortiront les lézards.
Demain !
Soleil !
Ici il y a du feu dans l’âtre.
Sous les cendres, la braise.
Des vieilles ramures
Jaillit la flamme.
Le passé est une souche
Sur laquelle est assis un homme,
Le visage éclairé
Par la flambée.
Le visage éclairé,
Un homme
Attend l’aube.

(Mihai Beniuc)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :