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Poésie

Posts Tagged ‘braise’

Tous les chemins ramènent au même lieu (Amina saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu
le voyage est cheval d’illusion

les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème se cherche

il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina saïd)

Illustration: Erich Heckel

 

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NOMS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



NOMS

Ah! Edwige, quel joli nom
tu portes, femme au coeur bleu :
c’est un nom de reine
qui peu à peu est arrivé jusqu’aux cuisines
et n’a jamais repris le chemin des palais.
Edwige

est fait de syllabes tressées
comme l’ail qui en chapelets
pend aux poutres.

Si nous regardons ton nom dans la nuit,
attention! il scintille
comme une tiare, de la cendre,
comme une braise verte
qui se cache dans le temps.

(Pablo Neruda)


Illustration: Edwige Lefevre

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La braise du silence intérieur (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



Les émotions du coeur
finissent par empourprer
le soufre ou la braise
du silence intérieur.

(Michel Camus)


Illustration

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BLASON SECRET (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



BLASON SECRET

Si dans le pli quadruple moire
La lèvre a ce cours clair et fauve
Encore caché, la quatrefeuille
Jardin à choyer buissonneux

Si la bouche appliquée à Bouche
Où ne trouver dents ni palais
La langue allant dans la claire ombre
Et l’odeur de mer, son travail

Ô mort toi tu n’auras ce lait
Qu’après le sonnet, soie du jour
Au creux de la cuisse l’enclos
Printanier de Secrète chose
Je me voue à ta braise rose
Caverne où mourir, chant dispos

(Jacques Chessex)

Illustration: Paul Avril

 

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Pourtant chaque jour plus seul (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Daniel Siguier
    
Pourtant chaque jour plus seul

Homme ouvre le seuil de ta demeure
femme ouvre ta chambre ouvre tes jambes
enfant ouvre la salle de tes jeux
parlez-moi embrassez-moi dites un peu
montrez-moi les photos les cicatrices les secrets
la solitude me maçonne
chaque jour elle jette sur moi d’un geste sec
sa truellée de ciment noir
elle me crépit elle vise mes yeux
elle monte son mur autour de moi
elle épaissit ma peau toujours sa trahison
quand l’envie de brûler me parle
quand l’envie de parler me brûle
quand l’océan des autres me lèche
quand cet homme qui passe je voudrais l’arrêter
et cette femme lui sourire poser ma main sur son épaule

pourtant chaque jour plus seul isolé contre moi
moi qui ai le goût des bonjours
des braises du coeur dans les yeux
des mots
des mains
du verre de vin sous les platanes.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras
et beaucoup de vertige, beaucoup d’insurrection
même après tant d’années de mer entre nous
à chaque aube il est dur de ne plus t’aimer

parfois dans la foule surgit l’éclair d’un visage
blanc comme fut naguère le tien dans ma tourmente
autour de moi l’air est plein de trous bourdonnant
peut-être qu’ailleurs passent sur ta chair désolée
pareillement des éboulis de bruits vides
et fleurissent les mêmes brûlures éblouissantes

si j’ai ma part d’incohérence, il n’empêche
que par moments ton absence fait rage
qu’à travers cette absence je me désoleille
par mauvaise affliction et sale vue malade
j’ai un corps en mottes de braise où griffe
un mal fluide de glace vive en ma substance

ces temps difficiles malmènent nos consciences
et le monde file un mauvais coton, et moi
tel le bec du pivert sur l’écorce des arbres
de déraison en désespoir mon cœur s’acharne
et comme, mitraillette, il martèle
ta lumière n’a pas fini de m’atteindre
ce jour-là, ma nouvellement oubliée
je reprendrai haut bord et destin de poursuivre
en une femme aimée pour elle à cause de toi

(Gaston Miron)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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Au soir (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




    
Au soir,
L’endormement des petits oiseaux.
Dans le reposoir du rosier sauvage
L’aiguille libellule immobilise la gaze des ailes.
Un effet de lune bombe la face de l’étang.
Restes d’un feu de jardinier,
Mille braises tremblantes
Rêvent leur fumée.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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LIT DE RIVIÈRE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration: Josephine Wall

    

Entends la palpitation de l’espace
Ce sont les tambours de l’été
Les pas de la saison en rut
Sur les braises de l’année
C’est son bruit d’ailes et de crotales
Sous sa robe de racines et d’insectes
La terre crépite
La soif s’éveille élève
Ses grandes cages de verre
Là tu chantes ta chanson furieuse
Ta chanson heureuse
D’eau captive
Tu chantes nue
De pollen le visage
Les seins et le ventre tachés
Sur le paysage aboli
Ton ombre est un pays d’oiseaux
Que le soleil disperse
D’un geste

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CE GONG (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

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CE GONG

Ce gong c’est en dehors
Mais où est-ce ?

Dehors qu’est-ce
Et où suis-je ?

Ce gong est-ce hors de moi
Ou en moi ?

Ce bruit de fer
Porté par l’air
A mes oreilles
Si j’étais sourd
Puissé-je l’être
Il serait rouille
Braise dans l’eau
Rat mort
Os carié,

Les fruits d’hier
A quelles dents
Sont-ils échus ?

L’oncle et la nièce
Où est-ce
Qu’ils sont allés ?

Et la liesse
Qu’une saison
Je souhaitai ?

L’ai eue,

Gong
Ou marteau
L’ouïe est enclume
Le sang bouillonne,
Massue la pensée
Alors j’écoute et geins,

Me tais,

Qu’est-ce ?

Le dedans résonne,

L’écho des idées
Tonnant revient,

Est-ce en moi-même
Que je suis pilonné ?

Suis-je en ce gong
Par corps
Ou par défaut ?

Ce gong il faut
Qu’il cesse,

Que je sois hors,

Ou que l’intérieur clame,

A voix de nez,

Ni pis ni mieux qu’il ne sut faire
Naguère
Et que misère cent fois je l’entendis.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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