Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘braise’

Du rien (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    

Du rien
où le sens se perd dans l’espace
l’amour surgit, reste étranger
plus vaste que ce que nous imaginions,
plus haut.

Y a-t-il dans ses braises un abri ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Je Voudrais Vous Revoir (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Je Voudrais Vous Revoir

Cette lettre peut vous surprendre
Mais sait-on ? peut-être pas
Quelques braises échappées des cendres
D’un amour si loin déjà

Vous en souvenez-vous?
Nous étions fous de nous

Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j’y pense et j’y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir

Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l’orgueil ordinaire
Du « nous deux c’est différent »
Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares, on l’apprend plus tard
Le temps sur nos visages a soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir et pas par hasard

Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir
Même si c’est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?

L’âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l’on s’en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines
Blessures au goût de
Victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Ekaterina Moré

 

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Pour détruire un jour d’été (Max Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Don Hong-Oai  , Pine Peak

Pour détruire un jour d’été
Le seul envol d’un oiseau
Vent froid au revers des plaines
Les hameaux de sang caillés

Notre coeur est nostalgie
Une terre à nos pas inconnue
Regret de ne plus habiter
Et nous n’y avons pas vécu

D’autres chemins jamais foulés
Celui-ci nous semble un otage
Le regret le désir mêlés
Espoir et deuil ont le même âge

La montée d’un aile au soir
Souligne le jour qui tombe
Quelle braise encore empêche
Le feu d’accepter la cendre ?

(Max Pol Fouchet)

Illustration: Don Hong-Oai

 

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Le feu obscur (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Le feu obscur
l’oeil noir de la flamme
brille en chaque point
du temps
où s’origine l’âme des pierres
la braise des corps mortels

le feu obscur
passe et demeure
passe en sa pointe
entraîne l’écorce et la chair et les feuilles
jusqu’aux regards
jusqu’au minuit de la lumière

mais sans perdre
ses racines

celui qui trouve ses racines
trouvera la clairière

(Jean Mambrino)

Illustration: Josette Mercier

 

 

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Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
   
Tu t’ennuies ? —

— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés.
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. — Entendre
là des voix
en deuil, tendres ?…

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rendez-moi le cerisier porte-feu (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Fuyuko Matsui promenade

Rendez-moi le cerisier porte-feu riant de toutes ses braises,
ma grenouille verte et le cricri du logis.
Rendez-moi l’arc-en-ciel, le jet d’eau, l’hortensia et ses flammes corymbes.
Les yeux des pensées, les brugnons lumineux et la rose rouge
réchauffant son parfum dans le jour.
Rendez-moi le sens de ma floraison devant l’héliotrope.
Rendez-moi l’Enfant et la Vierge de lumière.
Rendez-moi le mimosa, la paix et l’arbre du Bien.
Rendez-moi le bengali dont les notes m’éclairent.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Fuyuko Matsui

 

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Passage (Martine Fourcand)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019


 


 Boleslas Biega 382_

Passage

Quand tout est fait
Ne pars pas
Reste là
pupilles dilatées de l’intense pénombre
Recueille l’ailleurs de la destruction
La vie, incandescence d’après l’incendie
Prends dans ta main cette dernière braise
Elle dessinera dans ta paume
l’espace des retrouvailles
Car il n’est rien de rompu
Juste un passage

(Martine Fourcand)

Illustration: Boleslas Biega

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Sous les pierres (Michel Passelergue)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



Sous les pierres,
à l’écoute des cassures du Temps.
Des eaux ou des braises…
Souterraines nourriront les excroissances de ton sommeil.
Et ta fenêtre leur devra ces pluies de silence,
ces images filtrées par l’oubli quand,
buveur de mots perdus,
tu t’éloigneras de la rive brasillante.

(Michel Passelergue)


Illustration

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Je suis tellement heureuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Paul Signac _l_age_d_or

La floraison du bâton

[8]
Je suis tellement heureuse,
je suis la première ou la dernière

d’un vol ou d’un essaim ;
je suis pleine de nouveau vin ;

je suis marquée par un mot,
je suis brûlée par le bois,

tirée de braises rougeoyantes,
ni coupée, ni marquée par l’acier ;

je suis la première ou la dernière à renoncer
au fer, à l’acier, au métal ;

je suis allée en avant,
je suis allée en arrière,

je suis allée de l’avant depuis le bronze et le fer,
jusque dans l’Âge d’Or.

***

I am so happy,
I am the first or the last

of a flock or a swarm;
I am full of new wine;

I am branded with a word,
I am burnt with wood,

drawn from glowing ember,
not cut, not marked with steel;

I am the first or the last to renounce
iron, steel, metal;

I have gone forward,
I have gone backward,

I have gone onward from bronze and iron,
into the Golden Age.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Paul Signac

 

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Les braises d’un crépuscule mauve (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



eros [800x600]

Les braises d’un crépuscule mauve
fument derrière les noirs cyprès…
Sous la gloriette ombragée, la fontaine
avec son Amour, ailé et nu, de pierre,
et qui rêve, muet. Dans la vasque de marbre
repose l’eau morte.

(Antonio Machado)

 

 

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