Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘braise’

Sous les pierres (Michel Passelergue)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



Sous les pierres,
à l’écoute des cassures du Temps.
Des eaux ou des braises…
Souterraines nourriront les excroissances de ton sommeil.
Et ta fenêtre leur devra ces pluies de silence,
ces images filtrées par l’oubli quand,
buveur de mots perdus,
tu t’éloigneras de la rive brasillante.

(Michel Passelergue)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je suis tellement heureuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Paul Signac _l_age_d_or

La floraison du bâton

[8]
Je suis tellement heureuse,
je suis la première ou la dernière

d’un vol ou d’un essaim ;
je suis pleine de nouveau vin ;

je suis marquée par un mot,
je suis brûlée par le bois,

tirée de braises rougeoyantes,
ni coupée, ni marquée par l’acier ;

je suis la première ou la dernière à renoncer
au fer, à l’acier, au métal ;

je suis allée en avant,
je suis allée en arrière,

je suis allée de l’avant depuis le bronze et le fer,
jusque dans l’Âge d’Or.

***

I am so happy,
I am the first or the last

of a flock or a swarm;
I am full of new wine;

I am branded with a word,
I am burnt with wood,

drawn from glowing ember,
not cut, not marked with steel;

I am the first or the last to renounce
iron, steel, metal;

I have gone forward,
I have gone backward,

I have gone onward from bronze and iron,
into the Golden Age.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Paul Signac

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les braises d’un crépuscule mauve (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



eros [800x600]

Les braises d’un crépuscule mauve
fument derrière les noirs cyprès…
Sous la gloriette ombragée, la fontaine
avec son Amour, ailé et nu, de pierre,
et qui rêve, muet. Dans la vasque de marbre
repose l’eau morte.

(Antonio Machado)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Braises pour que brûle le monde (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Jesse Barnes _  [800x600]

Les murs ne tombent pas
[17]

… braises pour que brûle le monde,
car nous devons aller de l’avant,

nous sommes au carrefour,
la marée se refonde ;

elle découvre galets et coquillages,
si beaux et pourtant statiques, anciennes

pensées creuses, anciens usages ;
descendons vers la mer,

ramassons des algues sèches,
entassons du bois flotté,

allumons un nouveau brasier
et dans la fragrance

de sel brûlé et d’encens de mer
chantons de nouveaux péans au Soleil nouveau

de la régénération ;
Lui, nous l’avons toujours adoré,

nous avons toujours dit,
à jamais au grand jamais, Amen.

***

… coals for the world’s burning,
for we must go forward,

we are at the cross-roads,
the tide is turning;

it uncovers pebbles and shells,
beautiful yet static, empty

old thought, old convention;
let us go down to the sea,

gather dry sea-weed,
heap drift-wood,

let us light a new fire
and in the fragrance

of burnt salt and sea-incense
chant new paeans to the new Sun

of regeneration ;
we have always worshipped Him,

we have always said,
forever and ever, Amen.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Jesse Barnes 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tous les chemins ramènent au même lieu (Amina saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu
le voyage est cheval d’illusion

les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème se cherche

il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina saïd)

Illustration: Erich Heckel

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

NOMS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



NOMS

Ah! Edwige, quel joli nom
tu portes, femme au coeur bleu :
c’est un nom de reine
qui peu à peu est arrivé jusqu’aux cuisines
et n’a jamais repris le chemin des palais.
Edwige

est fait de syllabes tressées
comme l’ail qui en chapelets
pend aux poutres.

Si nous regardons ton nom dans la nuit,
attention! il scintille
comme une tiare, de la cendre,
comme une braise verte
qui se cache dans le temps.

(Pablo Neruda)


Illustration: Edwige Lefevre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La braise du silence intérieur (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



Les émotions du coeur
finissent par empourprer
le soufre ou la braise
du silence intérieur.

(Michel Camus)


Illustration

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

BLASON SECRET (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



BLASON SECRET

Si dans le pli quadruple moire
La lèvre a ce cours clair et fauve
Encore caché, la quatrefeuille
Jardin à choyer buissonneux

Si la bouche appliquée à Bouche
Où ne trouver dents ni palais
La langue allant dans la claire ombre
Et l’odeur de mer, son travail

Ô mort toi tu n’auras ce lait
Qu’après le sonnet, soie du jour
Au creux de la cuisse l’enclos
Printanier de Secrète chose
Je me voue à ta braise rose
Caverne où mourir, chant dispos

(Jacques Chessex)

Illustration: Paul Avril

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pourtant chaque jour plus seul (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Daniel Siguier
    
Pourtant chaque jour plus seul

Homme ouvre le seuil de ta demeure
femme ouvre ta chambre ouvre tes jambes
enfant ouvre la salle de tes jeux
parlez-moi embrassez-moi dites un peu
montrez-moi les photos les cicatrices les secrets
la solitude me maçonne
chaque jour elle jette sur moi d’un geste sec
sa truellée de ciment noir
elle me crépit elle vise mes yeux
elle monte son mur autour de moi
elle épaissit ma peau toujours sa trahison
quand l’envie de brûler me parle
quand l’envie de parler me brûle
quand l’océan des autres me lèche
quand cet homme qui passe je voudrais l’arrêter
et cette femme lui sourire poser ma main sur son épaule

pourtant chaque jour plus seul isolé contre moi
moi qui ai le goût des bonjours
des braises du coeur dans les yeux
des mots
des mains
du verre de vin sous les platanes.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras
et beaucoup de vertige, beaucoup d’insurrection
même après tant d’années de mer entre nous
à chaque aube il est dur de ne plus t’aimer

parfois dans la foule surgit l’éclair d’un visage
blanc comme fut naguère le tien dans ma tourmente
autour de moi l’air est plein de trous bourdonnant
peut-être qu’ailleurs passent sur ta chair désolée
pareillement des éboulis de bruits vides
et fleurissent les mêmes brûlures éblouissantes

si j’ai ma part d’incohérence, il n’empêche
que par moments ton absence fait rage
qu’à travers cette absence je me désoleille
par mauvaise affliction et sale vue malade
j’ai un corps en mottes de braise où griffe
un mal fluide de glace vive en ma substance

ces temps difficiles malmènent nos consciences
et le monde file un mauvais coton, et moi
tel le bec du pivert sur l’écorce des arbres
de déraison en désespoir mon cœur s’acharne
et comme, mitraillette, il martèle
ta lumière n’a pas fini de m’atteindre
ce jour-là, ma nouvellement oubliée
je reprendrai haut bord et destin de poursuivre
en une femme aimée pour elle à cause de toi

(Gaston Miron)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :