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Poésie

Posts Tagged ‘bramer’

Quand s’apaise le vent (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
Quand s’apaise le vent
Un cerf
brame au loin
Nous nous taisons

Quelle ombre lumineuse
attend encore

Jamais entrevue
Jamais ignorée
rappelant
soudain
La promesse tenue

Un jour d’avant
notre naissance

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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La forêt brûle (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



La forêt brûle

Que le cerf brame et la forêt s’élance
Tout un torrent de biches fend le jour
Les vieux corbeaux vont combattre les anges
La terre avale une salive ardente
Et boit le fleuve et la mer à son tour.

Les bois du cerf brûlent comme des torches
Et des phénix s’envolent de son coeur
L’arbre se penche, il cueille un peu de mort
Et d’arbre en arbre il vole des couleurs
La forêt brûle un peu plus haut que l’aube.

La forêt brûle et des ruisseaux de lave
Coulent aussi sur les visages d’herbe
Ceux qui ont peur sont mangés par les arbres
Et les plus forts sombrent dans leur colère
Pour éprouver la crainte du soleil.

Il n’est plus temps de tirer sur les aigles
Ils ont volé nos ailes, notre sang
Chacun n’a plus qu’une boule en lui-même
Comme un soleil qui tourne en le blessant
Chacun n’a plus que sa douleur à perdre.

Que le cerf brame et c’est un jour qui flambe
Un jour, un siècle au monde écartelé
On rêve ici du temps de la mort tendre
Qui s’endort feu peut se réveiller cendre
Et l’aube éteint les astres sans amour.

(Robert Sabatier)

 

 

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Nuit d’octobre (Eva Strittmatter)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Nuit d’octobre

Je fais un poème
Qui consiste en silence.
Effacez mes mots
Et voyez : le brouillard passe
Par-dessus les prés. Et là-haut
La grande lune d’octobre.
La nuit est habitée de cerfs
Qui brament et de leurs chasseurs.
La nuit est absolument sans vent.
Pas un mouvement dans le tout.
Sauf le bouleau dont les feuilles
Tombent sans un bruit.

(Eva Strittmatter)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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Nymphée (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016




Le quadrige céleste à l’horizon descend,
Et, voyant fuir sous lui l’occidentale arène,
Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
Ses étalons cabrés dans l’or incandescent.

Le char plonge. La mer, de son soupir puissant,
Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
Tandis qu’à l’Est d’où vient la grande nuit sereine
Silencieusement s’argente le Croissant.

Voici l’heure où la Nymphe, au bord des sources fraîches,
Jette l’arc détendu près du carquois sans flèches.
Tout se tait. Seul, un cerf brame au loin vers les eaux.

La lune tiède luit sur la nocturne danse,
Et Pan, ralentissant ou pressant la cadence,
Rit de voir son haleine animer les roseaux.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration: Giovani di Lutero

 

 

 

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Le daim esseulé (Fujiwara no Iteka)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Le bas des érables rouges
S’effeuille d’un côté.
Par l’averse du soir
Mouillé, le daim esseulé
Sans doute bramera-t-il.

(Fujiwara no Iteka)


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Le cerf (Le moine Jakuren)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2016


Par vent de tempête
Son gîte dans la prairie
Etant dévasté,
le cerf s’enfonce dans la forêt
Et brame.

(Le moine Jakuren)


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Dans le jardin taillé comme une belle dame (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



Dans le jardin taillé comme une belle dame

Dans le jardin taillé comme une belle dame,
Dans ce jardin nous nous aimâmes, sur mon âme !
O souvenances, ô regrets de l’heure brève,
Souvenances, regrets de l’heur. Ô rêve en rêve

Et triste chant dans la bruine et sur la grève.
Chant triste et si lent et qui jamais ne s’achève,
Lent et voluptueux, cerf qui de désir brame,
Et tremolo banal, aussi, de mélodrame :

C’est la table rustique avec ses nappes blanches
Et les coupes de vins de Crète, sous les branches,
La table à la lueur de la lampe caduque ;
Et tout à coup, l’ombre des feuilles remuées

Vient estomper son front bas, son front et sa nuque
Gracile. La senteur des fleurs exténuées
S’évapore dans les buées
Hélas ! Car c’est déjà la saison monotone,

L’automne sur les fleurs et dans nos coeurs l’automne.
Et ce pendant qu’elle abandonne
Ses doigts aux lourds anneaux à ma lèvre, j’écoute,
J’écoute les jets d’eau qui pleurent goutte à goutte.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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