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Poésie

Posts Tagged ‘branchage’

Le boeuf (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

boeuf-peinture

Le boeuf

Que voyait-il au fond du pré,
Ce bœuf qui restait là, figé,
A regarder, halluciné,
Un buisson d’églantiers ?
Il n’y avait pas un oiseau,
Pas l’ombre d’un nuage,
Pas de vent qui, sur le coteau,
Eût fait trembler un seul branchage.
Que voyait-il, que nul ici
Ne pouvait même deviner,
Pour demeurer halluciné
Devant ce buisson d’églantiers?

(Maurice Carême)

Illustration

 

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POÈME ET JOURNÉE D’ÉTÉ (Lu You)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



POÈME ET JOURNÉE D’ÉTÉ

Toute la journée, ma porte en branchages
Reste fermée au pied de la montagne
Ombragé par les sophoras, le vieux puits est
Envahi par la mousse
Un nouveau poème psalmodié, je reste sans rien faire
Je tire le lit en rotin pour faire une sieste

(Lu You)

 

 

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DE RETOUR À LA CHAUMIÈRE (Liu Changqing)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



DE RETOUR À LA CHAUMIÈRE

Le soleil décline et les montagnes bleues s’éloignent
En ce jour de grand froid la chaumière se révèle plus rustique
Le chien aboie devant la porte en branchages
Le voyageur est de retour par cette nuit de tempête de neige

(Liu Changqing)

Illustration

 

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UN CAMÉLIA (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Charles Gleyre 
    
UN CAMÉLIA

Elle s’approche du soir, lentement,
un camélia blanc sur l’épaule accroché.
Bruits de soie noire, plis sous les branchages,
dans l’ombre calme et du cercle entier de la nuit,
tandis que sur le visage et le flux des miroirs,
court le parfum fidèle, froissé, des sels dorés.

Errance de ce visage, clair et ardent,
qui, à travers l’orage inespéré d’août,
éclaire, et fait l’obscurité plus douce.

Elle peut passer, se couvrir d’ombre.
Qu’importe !
Elle a sur sa robe et dans ses doigts,
les clartés célestes pour refleurir,
plus haut, après la nuit.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel ? (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel ?

La bouche en cœur, à chatouiller des clairs de lune,
Va siroter le lait des aubes, gare, gare,
Des sphinx tête de mort sont issus de l’écume
De leurs regards,

La nuit portée sur les épaules de leurs ombres,
Aux bovines fadeurs, dont les pas sont des âges
(Serpents, sonnez le vide à leurs gestes qui sombrent).
Aux branchages sèches ressemblent les sauvages,

Seuls, qui dans la détresse des vents se décrassent
Et dans les fumants sacrilèges débandés
(Serpents, sonnez le vide !) et sous leurs carapaces,
Les morts, méditatifs comme des scarabées,

Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel !

(Olivier Larronde)

Illustration: Misha Gordin

 

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La croix de Belaygue (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




    
La croix de Belaygue

Ce n’est pas le corps qui se dégage de la pierre,
C’est elle qui l’envahit
Et les poignets sont pris
Et la tête penche sur l’épaule comme un début de colline.
Les muscles ont des attaches lointaines au-delà des routes
Avec les arbres, les talus, plus loin que l’horizon.
C’est une pierre dévorante
Qui hêle la croix dans mille branchages au carrefour
Et retient la nuit le voyageur supplicié
Dans une osmose géante qui élargit le ciel.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Pour penser, deviens un arbre (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Pour penser, deviens un arbre.
Bifurque à gauche, à droite, en éventail,
ne cesse jamais de dédoubler tes branchages dans l’espace grand.

Ramifie, multiplie tes ramilles, envahis le volume,
par la cime et dans le large, capte la lumière.
La généalogie n’invente que si elle bifurque — ainsi parle-t-on d’un arbre généalogique.

Perpétue donc l’arborescence dans le bas comme au haut,
longe lentement le cheminement noir de tes racines souterraines qui savent proliférer au loin,
lance hardiment le jaillissement vertical du tronc, étale vers le ciel, de ton houppier, les musculeuses branches planes,
détaille un feuillage si large qu’il pourrait recouvrir la place du village,

émets la chimie exquise de parfums subtils, piège des abeilles, et de poisons tueurs de chenilles parasites,
chante avec le vent dont les turbulences font vibrer ta ramure dont l’immobilité,
alors, se tord, hante les nids accueillants des pics et des mésanges d’où émanent dix chansons.

Monte des mottes vers les notes.

(Michel Serres)

Illustration

 

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Je ne vois plus le soleil (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
Je ne vois plus le soleil ni l’eau ni l’herbe m’étant
emprisonné où nul matin n’a de domaine si dans le
cube pur de la nuit je distingue d’autres branchages que
sur l’arche des pensées je les chasse je les cache

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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Ce mouvement presque invisible sous la brume (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

Ce mouvement presque invisible
sous la brume
comme si là-bas
s’envolaient des oiseaux

Et dans le jour encore gris
courent ici et là comme la crête d’un feu pâle
les branchages neufs des tilleuls

(Paul de Roux)

Illustration

 

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Parfois je me réveille avec un goût d’écorce (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2016



Parfois je me réveille avec un goût d’écorce
en bouche, un goût qui vient de la montée des sèves.
Peut-être ai-je connu un grand bonheur là-haut
et dormi dans la cérémonie des branchages
quand se faisait l’accouplement des eaux du ciel
après l’hiver velu dans le tronc maternel.

(Henry Bauchau)

 

 

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