Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘branchu’

BOIS, POURQUOI ME FAIRE GRISE MINE? (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




    
BOIS, POURQUOI ME FAIRE GRISE MINE?

Bois, pourquoi me faire grise mine?
Spectres branchus qui, dolemment,
Branlez du chef dans le ciel morne,
Pourquoi me railler méchamment?

***

WOODS, YOU NEED NOT FROWN ON ME

Woods, you need not frown on me;
Spectral trees, that so dolefully
Shake your heads in the dreary sky,
You need not mock so bitterly.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La demeure entourée (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



 

La demeure entourée

Le corps de la montagne hésite à ma fenêtre :
 » Comment peut-on entrer si l’on est la montagne,
Si l’on est en hauteur, avec roches, cailloux,
Un morceau de la Terre, altéré par le Ciel ?  »
Le feuillage des bois entoure ma maison :
 » Les bois ont-ils leur mot à dire là-dedans ?
Notre monde branchu, notre monde feuillu
Que peut-il dans la chambre où siège ce lit blanc,
Près de ce chandelier qui brûle par le haut,
Et devant cette fleur qui trempe dans un verre ?
Que peut-il pour cet homme et son bras replié,
Cette main écrivant entre ces quatre murs ?
Prenons avis de nos racines délicates,
Il ne nous a pas vus, il cherche au fond de lui
Des arbres différents qui comprennent sa langue.  »
Et la rivière dit :  » Je ne veux rien savoir,
Je coule pour moi seule et j’ignore les hommes.
Je ne suis jamais là où l’on croit me trouve
Et vais me devançant, crainte de m’attarder.
Tant pis pour ces gens-là qui s’en vont sur leurs jambes.
Ils partent, et toujours reviennent sur leurs pas.  »
Mais l’étoile se dit :  » Je tremble au bout d’un fil,
Si nul ne pense à moi je cesse d’exister.  »

(Jules Supervielle)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :