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LES GARS QUI VONT A LA FÊTE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Aymeric Noa

    

LES GARS QUI VONT A LA FÊTE

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Pour y boire chopinette,
Y goûter le vin nouveau,

Y tirer la carabine,
Y sucer le berlingot.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Sont rasés à la cuiller,
Sont raclés dessous la peau,

Ont passé la blouse neuve,
Le faux-col en cellulo.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Y faire danser les filles,
Chez Julien le violoneur,

Des polkas et des quadrilles
Et le pas des patineurs.

Le piston, la clarinette
Attendrissent les costauds.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

On boit à la riginglette
Si le branle donne chaud.

Quand ils ont bu, se disputent
Et se cognent sur la peau,

Puis vont culbuter les filles
Au fossé sous les ormeaux.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Reboivent puis se rebattent
Jusqu’au chant du premier jô,

Le lendemain on en trouve :
Sont couchés dans le ruisseau…

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE BATEAU NOIR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



maelstrom-tourbillon

LE BATEAU NOIR

Je veux prendre un bateau sans boussole,
Sans rames, sans agrès et sans voiles,
Pour aller, sous un ciel sans étoiles.
Chevaucher au hasard la mer folle.

Vapeur, bous et hurle avec rage !
Tourne, tourne, âpre vis de l’hélice!
Sifflet, crie avec joie et délice,
Comme un pétrel repu dans l’orage !

Au branle étourdissant des marées,
Mouillé parles embruns et la pluie.
Les yeux pleurant de sel et de suie.
Dans les glaces du Nord démarrées,

Dans les puits des maelströms qui tournoient,
Dans les rocs des écueils aux dents noires,
Près des requins ouvrant leurs mâchoires,
Tombeaux vivants des morts qui se noient.

Crevant de faim, de soif et de fièvres,
J’irai je ne sais où, seul, farouche.
Et peut-être qu’alors sur ma bouche
Je n’aurai plus le goût de tes lèvres.

(Jean Richepin)

 

 

 

 

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