Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bras’

L’ORAGE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration:Ana Cruz
    
L’ORAGE

Tout à coup l’orage accourt
avec ses grosses bottes mauves
il piétine les bégonias les blés les prés
il marche sur les chênes
il emplit les rus de son urine
il crache de la boue
il broie l’air entre ses bras
et puis il s’en va
content de lui

(Raymond Queneau)

 

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LA FOURMI ET LA CIGALE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    

LA FOURMI ET LA CIGALE

Une fourmi fait l’ascension
d’une herbe flexible
elle ne se rend pas compte
de la difficulté de son entreprise

elle s’obstine la pauvrette
dans son dessein délirant
pour elle c’est un Everest
pour elle c’est un Mont Blanc

ce qui devait arriver arrive
elle choit pafatratement
une cigale la reçoit
dans ses bras bien gentiment

eh dit-elle point n’est la saison
des sports alpinistes
(vous ne vous êtes pas fait mal j’espère ?)
et maintenant dansons dansons
une bourrée ou la matchiche

(Raymond Queneau)

 

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Voix du fleuve (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Voix du fleuve

Êtres amoureux de plainte et de crainte
Cherchez un refuge entrez dans notre enceinte
Vous serez heureux et vous y guérissez
De bras et de mots doucement enlacés.

Corps en coquillage et lèvres de corail
Nagent en sonnant dans le flottant sérail
Des cheveux confondus aux branches des rochers
S’approchent s’en vont dans les remous cachés.

Lampes aux feux bleus éclairant à moitié
Piliers oscillants tournoyant sur un pied
Vibrations de viole entraînant dans les ondes
Bercent calmement et vous rendent contents.

Quand songes et chants à la fin vous fatiguent
Que le flot de joies sereinement prodigue
Vous touche un baiser : confondus en anneaux
Vous glissez : une onde en bas et vers le haut…

(Stefan George)


Illustration: William Edward Frost

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Les bras copiés collés (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Les bras copiés collés
unis au ras du sexe
beaucoup de bruit
la nuit
une fente de noir
greffée dans la matière
Sa tête
tachée de rouge exprès
bien mal payée la chair
Les yeux fermés
on se dit tout
ou presque
Mots tièdes
hachés menu
on cerne le silence
on parle sous la lumière

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Une larme de sel (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration

    
Une larme de sel
une pincée de réel
d’autres morceaux
de ciel
La rive habituelle
une voix de tête
qui passe
sous la grammaire
L’homme effacé
criant de vérité
La nuit s’écoule
on imagine
le mot coincé
dans le berceau du rêve
On s’imagine
les bras chargés
de soi
on veille au grain
on cherche

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Je me souviens des longs tourments (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration: Evaristo
    
Je me souviens des longs tourments :
La nuit se mourait aux fenêtres;
Elle se tordait les bras, son image
Luisait dans les rayons du jour.

Cette vie, fuyant, inutile,
Blessait, brûlait et humiliait:
Et tel un spectre se dressant,
Le jour profilait les coupoles;

Sous la fenêtre, plus pressant
Se faisait le pas des passants;
Et, dans l’eau grisâtre des flaques,
La pluie faisait des ronds.

Le matin n’en finissait pas…
La question vaine taraudait,
Et rien n’a résolu l’averse
De larmes folles du printemps.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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LES SECRETS DE L’ÉCRITURE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
LES SECRETS DE L’ÉCRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
Ni pour les habitués d’une cité lacustre
Pour l’écolier attentif à son coeur
Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
Entre mes bras depuis cent ans
Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
Ni l’herbe le flatter doucement au visage
J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
La neige pure ainsi qu’une main féminine
Et le pollen éparpillé sur les gazons
Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
J’écris pour dépasser la crue noire du temps
Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
À cette auberge au bord du ciel où les passants
Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
Pleines de fruits et des soleils encourageants
Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
Qui ne supporte pas le poids de la parole
Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
Et la lumière de mon coeur toujours plus haute
Aveuglante comme une poignée de sel gris.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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C’est bien toi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



C’est bien toi
Je ne t’ai jamais vu
Et je te reconnais
Tu es celui que j’attendais
Prends la lampe
Appuie-toi sur mon bras
ll n’y a pas de rampe
Monte encore plus haut
Tu sais
On n’est jamais trop près du ciel

(René Guy Cadou)

 

 

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La nuit les bras sont gris (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



La nuit les bras sont gris
On se laisse prendre
Une main passe de haut en bas
Et c’est le corps qui s’en va
Dans les draps neufs de l’amour
La boucle couvre le visage
Le front n’est plus qu’une petite tache
Belle comme le jour

Te voilà nue
Ce n’est pas une raison pour trembler
Tout le ciel pour te parer.

(René Guy Cadou)

Illustration: Jean Jacques Henner

 

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Nuque nuées d’oiseaux (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

nuque nuées d’oiseaux
choses essentielles qui passent par le je
ses bras ouverts
sur le double fond des images
quand la vie va
de la langue aux êtres de transparence

(Nicole Brossard)

 

Recueil: Cahier de roses & de civilisation
Traduction:
Editions: d’Art le Sabord

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