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Poésie

Posts Tagged ‘bras’

Dans les bras de ma voisine (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020




    
Dans les bras de ma voisine
le chaton perdu
que mes parents ont chassé

(Jean-Hugues Malineau)

 

Recueil: Trente haïku rouges ou bleus
Traduction:
Editions: Pluie d’étoiles

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LA ROSE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Xing Jianjian e_15141 [800x600]

LA ROSE

Je dirai la rose aux plis-gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
O fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t’épanouis entre les beaux doigts
De l’Aube écartant les ombres moroses;
L’air bleu devient rose, et roses les bois;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses!
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille!
Heureux le front jeune où tu resplendis!
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer bleue Aphrodite éclose
Étincela nue aux clartés du ciel.
La Terre jalouse enfanta la rose;
Et l’Olympe entier, d’amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Xing Jianjian 

 

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Il y a des jours (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (3)

Il y a des jours où je voudrais me mettre au lit
et dans l’ombre à n’importe quelle heure
me cacher la tête et me tenir entre mes bras
– entre sommeil et la vie, entre mon âme et mon corps –
et frémir d’être Moi.

(Paul Valéry)

Illustration: George Clair Tooker

 

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L’AMOUR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Marc Chagall
    
L’AMOUR

Autrefois
j’écoutais le bruit de ma voix
Les volets clos espionnaient la maison
Une mouche se débattait dans les rideaux
Le soleil rampait sur le sol
j’étais loin de moi

maintenant
j’ai regardé la vie de ton côté
et j’ai tout détruit pour t’aimer
je t’aime
j’aime pour la première fois
je t’aime

ta jupe te serre la taille, abat-jour d’une lampe
les passants
veulent savoir qui tu es

qui es-tu ?

ivre de danse tu lançais tes bras aussi haut que tes
jambes
poisson de feu

silencieuse
tes yeux se ferment doucement sur les objets
avant de leur donner un nom

mon corps est l’asile du tien
il s’élève inconnu jusqu’à toi

mais tu es aussi grande que mon amour
et ton sourire se déchire au niveau de mes lèvres

je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

je t’aime
parce que tu as eu vingt ans à minuit dans mes bras.

(Jean Breton)

 

Recueil: L’amour et l’amitié en poésie
Traduction:
Editions: Folio Junior

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VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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GRAVE QUESTION (Armand Do)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020




GRAVE QUESTION

C’est un long jardin à promenade
Tendre; j’imagine que c’est là
Où Pierrot donnait la sérénade
A la fille du Pulcinella.

Or, voilà qu’une Anglaise rouquine,
Jeune qu’on présume fille au pair,
Les bras nus et la jupe coquine,
Y promène un mouflet au bon air.

Et, lorsque la belle Albion repose
Ses charmes délicats sur un banc,
Je regarde, troublé, et je n’ose
Surprendre le bucolique instant.

La beauté que j’admire à mon aise
Est-elle dans l’air du temps, ou bien
Dans l’âme rêveuse de l’Anglaise,
Ou dans le genou marmoréen ?

(Armand Do)

Illustration: Delphin Enjolras

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Berceuse (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Berceuse

Viens vers moi quand tu chantes, amie, j’ai des secrets
Que tu liras toi-même au reflet de mes yeux.
Viens, entoure mon cou dans tes bras, viens tout près
Et ton cœur entendra des mots silencieux.

Viens vers moi quand tu rêves, amie, j’ai des paroles
Dont le murmure seul est comme une douceur.
Elles imposent l’oubli, le doute, elles désolent,
Et pourtant leur musique enchante la douleur.

Viens vers moi quand tu ris, amie, j’ai des regards
Très longs qui vont porter la peur au fond de l’âme.
Viens, ils transperceront ton cœur de part en part
Et tu sentiras naître en toi une autre femme.

Viens vers moi quand tu pleures, amie, j’ai des caresses
Qui captent les sanglots amers au bord des lèvres
Et feront de ton amertume une allégresse :
Amie, viens boire une âme nouvelle sur mes lèvres.

(Remy de Gourmont)

Illustration

 

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En sourdine (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 Joseph Noel Paton -« Hesperus »

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme les yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

(Paul Verlaine)

Illustration: Joseph Noel Paton

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Soleil soleil (Claire Pommet)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019



    

Soleil soleil

Un, deux, trois
Ne me demandez pas pourquoi
Quand vient l’hiver et le grand froid
On voudrait tous mourir
Comme si c’était la première fois
Que la nuit tombait, dans nos bras
On voudrait tous partir
Retrouver le soleil
Qui nous manque
Qui va brûler toutes nos peines
Le soleil, qui nous hante
Oh reviens, soleil, soleil

Ne regardez jamais en bas
Ou le méchant loup vous mangera
Vous perdrez l’équilibre
On va tous compter jusqu’à trois
Et faire une chaîne avec nos bras
Sur la route du sud
Retrouver le soleil
Qui nous manque
Qui va brûler toutes nos peines
Le soleil, qui nous hante
Oh reviens, soleil, soleil

Souvenez-vous, la prochaine fois
Que vient la neige et le fracas
On n’va pas tous mourir
Entre les braises on marchera
Et la nuit noire nous embrassera
On pourra tous partir
On pourra tous partir

(Claire Pommet)

 

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POÈMES DE LA SEINE (Elhonen Vogler)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Leonod Afremov
    
POÈMES DE LA SEINE
(extrait)

Qui ne mesure nuit et jour
Que par Vénus aux bras ouverts
Voit dans le giron de Lutèce
Le songe devenir un ver.

À travers les prés verdissants
La terre sent, par lui foulée,
Dans la fumée des jours naissants
Les villes, ruines, s’écrouler.

Qui ne possède point de femme
Muet vers la Seine descend
Pour voir se mirer dans sa larme
Sa tête aux cheveux déjà blancs.

À qui n’a rien, pas même un toit,
Elle apprend, au bruit de sa vague,
Le langage du désarroi
Sur le boulevard Saint-Michel.

Pour tous les vagabonds elle est
Véritablement une mère
Qui sait apaiser toute plaie
Brûlant aux pieds de ceux qui errent.

(Elhonen Vogler)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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