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Poésie

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ILE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



ILE

c’est le roc innommé
aucun signe sur les cartes
aucun geste contre le jusant
le bras hors du marais

c’est le caillou ponctuel
bloc sur les rides brisées
bloc dans les longues flèches des voix
le sommet des merveilles

l’ombilic mural de la fleur des vents

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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SOUS LE CRÉPUSCULE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Femme-Africaine

SOUS LE CRÉPUSCULE

sous le crépuscule horizontal s’avance
une jeune fille d’un certain pays

on la voit sur la pente verte s’élever
légère ses cheveux flottant dans les arbres

et sa marche et ses bras et sa robe glissent
furtifs entre les nuages et les herbes

qu’en est-il des vals des sommets ou des plaines
qu’elle repousse doucement vers la nuit

vers le regard d’une patience inféconde
l’inoubliable jeune fille du soir

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration

 

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Passage du Temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Passage du Temps

Dans les bras du silence
Les toits bleuissent
Une aube indécise
Verse un air liquide
Sur la forêt assoiffée
A l’horizon le ciel épouse la terre
Dans un jour fait d’insectes et de fleurs

L’arbre dort encore
Les oiseaux le secouent
Pour le réveiller
Et en faire tomber
Des cerises à peine mûres

Le vent rampe à ras du sol
Tout mon être tressaille
Quand le matin étire
Ses bras nus caressés de soleil

Il circule des prémisses d’azur
Au flanc d’un nuage
Des couleurs tourbillonnent
Dans le flou au bout de la route
Où la colline déploie des clairs et des sombres

La mousse tourne autour des troncs
Et les brumes s’effilochent
A la pointe des branches

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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Je tiens ses mains; je la presse sur mon coeur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021



Illustration: Gustav Klimt

   

Je tiens ses mains; je la presse sur mon coeur;
J’essaye d’emplir mes bras de sa beauté;
de butiner son doux sourire sous mes baisers;
de boire avidement son regard sombre.
Hélas! où est tout cela?
Qui peut violenter l’azur du ciel?
Je veux étreindre la beauté; elle m’échappe;
le corps seul reste dans mes mains.
Déçu et fatigué, je reprends ma route.
Comment le corps toucherait-il la fleur,
que seul l’esprit peut toucher?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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L’AMOUR (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



 

mer-chevaux

L’AMOUR

Quand y a la mer et puis les ch´vaux
Qui font des tours comme au ciné
Mais qu´ dans tes bras, c´est bien plus beau
Quand y a la mer et puis les ch´vaux

Quand la raison n´a plus raison
Et qu´ nos yeux jouent à s´ renverser
Et qu´on n´ sait plus qui est l´ patron
Quand la raison n´a plus raison

Quand on rat´rait la fin du monde
Et qu´on vendrait l´éternité
Pour cette éternelle seconde
Quand on rat´rait la fin du monde

Quand le diable nous voit pâlir
Quand y a plus moyen d´ dessiner
La fleur d´amour qui va s´ouvrir
Quand le diable nous voit pâlir

Quand la machine a démarré
Quand on n´ sait plus bien où l´on est
Et qu´on attend c´ qui va s´ passer

Je t´aime

(Léo Ferré)

Illustration

 

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J’AIME TA LETTRE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021




    
J’AIME TA LETTRE

J’aime ta lettre, plus douce que l’après-midi du Samedi
Et les vacances, ta parole de songe bleu.

La fragrance des mangues me monte à la nuque
Et comme un vin de palme un soir d’orage, l’arôme féminin des goyaves.

Les tempêtes suscitent les humeurs, le palais blanc s’ébranle dans ses assises de basalte
L’on est long à dormir, allongé sous la lampe sous la violette du Cap.
La saison s’est annoncée sur les toits aux vents violents du Sud-Ouest
Tendue de tornades, pétrie de passions.

Les roses altières les lauriers-roses délacent leurs derniers parfums
Signares à la fin du bal
Les fleurs se fanent délicates des bauhinias tigrées
Quand les tamariniers aux senteurs de citron allument leurs étoiles d’or.
Du ravin monte, assaillant mes narines, l’odeur des serpents noirs
Qui intronise l’hivernage.

Dans le parc les paons pavoisent, en la saison des amours.
Rutilent dessus les pelouses, pourpres princiers, les flamboyants
Aux coeurs splendides, et les grands canas d’écarlate et d’or.
M’assaillent toutes les odeurs de l’humidité primor-diale, et les pourritures opimes.
Ce sont noces de la chair et du sang — si seulement noces de l’âme, quand dans mes bras
Tu serais, mangue mûre et goyave ouverte, souffle inspirant ah ! haleine fraîche fervente…

J’aime ta lettre bleue, plus douce que l’hysope
Et sa tendresse, qui me dit que tu es m’amie.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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N’ÉTRANGLEZ PAS LES SINGES (Gérard Mordillat)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021



Illustration
    
N’ÉTRANGLEZ PAS LES SINGES

N’étranglez pas les singes
Ils me regardent
Leurs bras sont maigres comme les miens
Leur souffrance jumelle
Je suis gibbon de mot en mot
Chimpanzé, orang-outang, gorille
Macaque, babouin electrodisé
Bonobo
Pauvre poilu au cul pelé
Je suis l’encagé vif
Le mangeur de bananes
Le branleur grimaçant
Qui singe sa mort
Qui singe sa vie
Qui ne vaut pas une cacahuète
Pas un pet de ouistiti…
Homme noir
Homme blanc
N’étranglez pas les singes aux yeux verts
Ça m’arrache les poils du coeur
Ça m’arrache le sang du ventre

(Gérard Mordillat)

 

Recueil: Le linceul du vieux monde
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Je suis un pendu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Je me pends à une branche
Par les bras
Les pieds dans le vide
Et te tire la langue

– Je suis un pendu.
-Idiot !

Je saute et me pends
A ton cou gracile
Et tu m’étouffes
Entre tes bras

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pedro Nogueira

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La beauté (Radu Bata)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2021




    
La beauté

la beauté c’est marcher
sur le fil du soir
comme une lumière
sur une balançoire

courir les oiseaux
dans l’air doux de l’été
non pas pour les chasser
mais pour les chanter

ressusciter les fées
embrasser les chimères
dans les bras de Morphée
faire jouir l’éphémère

traverser les nuits
avec les hirondelles
jouer à la marelle
dans un champ d’étincelles

effacer en douceur
les peines de la mémoire
afin qu’elle trouve la paix
dans un miroir

jubiler comme un ange
avant le purgatoire
croiser fort les phalanges
dans le noir

(Radu Bata)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction:
Editions: Unicité

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Un géant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Un géant plus que géant
Est au bout du chemin,
Collé à l’horizon

Et, les bras étendus,
Empêche le temps
De passer.

(Guillevic)

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