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Poésie

Posts Tagged ‘brasier’

Le sang de la mer brûle (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Moll
    
Le sang de la mer brûle
Embrasure
Brève du pas

Aimant
L’écume ou le brasier

Sur le large
Où mourir

La précipitation

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre
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Comme le phalène (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Comme le phalène je vole droit au brasier
et baise l’incandescence.

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LA NUIT EXORCISÉE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

LA NUIT EXORCISÉE

J’aurai des yeux de mendiant
Pleins de richesses inconnues,
Des mains liant et déliant
Ma faim sauvage, mes soifs nues.

Brasier fiévreux : ma liberté
Couvée en mon âme asservie…
… Être ainsi le ressuscité
Surpris de rentrer dans ma vie.

J’aurai le signe d’or au front,
Je marcherai dans ma légende
Et des lumières bougeront
Par-dessus le ciel en offrande.

*

Souffles tendus sur des printemps
Où brille sait-on quelle moire ?
Beau massif de mes quarante ans,
Érige-toi dans ma mémoire.
Foulez, mes pas, l’humus du temps.

*

La terre, ma chaude inconnue,
Je l’ai saisie, oh ! son soleil
D’argile douce, d’eau feuillue
Porteuse d’arbres en éveil
Dans leur tendresse encore nue.

*

Rédemptrice, et vibrent tes mains
Dans la musicale rosée
De cette nuit exorcisée
Du maléfice des chemins.

Nous t’appelons la Voyageuse
Depuis que l’anneau de ton cri
Est devenu ce signe inscrit
Sur le blason de Bételgeuse.

Belle allumeuse des cailloux
Qui figurent au sein des fleuves
Un vrai semis d’étoiles neuves,
Ah ! dorme en toi ce coeur de nous.

(Jules Tordjman)

 

 

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AÏE! (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Estrid Cortambert

    

AÏE!

Le cri laisse dans le vent
une ombre de cyprès.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

Tout s’est brisé dans le monde.
Il ne reste que le silence.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

L’horizon sans lumière
est mordu de brasiers.

(Je vous ai déjà dit de me laisser
dans ce champ,
pleurer.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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LES TRANSPARENTS (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Giotto di Bondone
    
LES TRANSPARENTS

Ils sont debout à l’orée de la lumière,
Transparents et bleutés. Parfois la brise
Les soulève au-dessus de la tourmente qui saisit l’arbre,
Près de la plaine où bataille l’année.
Dehors, la torche du soleil consume la lavande
Et le désir de gloire. Eux seuls ne sombrent pas.
Ils savent sous la clarté odorante des roses,
La guêpe en embuscade et que Beauté
Peut être masque de Néant.
L’autre se démène, cherchant qui dévorer.

Ils vont sur le sentier où les pieds se meurtrissent, leurs épaules
Ploient sous la charge invisible. Une lumière
Les transfigure, la paix grandit. Et lui dans le silence
Passant toute bonté : leur coeur vivant brasier
Du seul amour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Sache que tout ce qui survient alimentera le brasier (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Dans ce qui t’arrive,
impossible de discerner à l’avance
ce qui s’avèrera être un bien
ou ce qui t’apparaîtra comme un mal.
Sache que tout ce qui survient
alimentera le brasier.

(Charles Juliet)

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Dans l’étincelle le brasier (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Dans l’étincelle
le brasier
dans la rosée
l’océan
dans l’iris
l’univers
dans le grain de l’instant
l’éternité.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Evidences insaisissables (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
évidences insaisissables
la pluie même n’y aura pas suffi
ni les corps à l’embouchure de la nuit qui se frôlent
trois notes que tu chantes c’est la mélodie toute
trois branches qui se croisent déjà c’est le brasier
frêle et sûr un jour danse deux vies mêlées

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017




    

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myositis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain,
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin.

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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