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Poésie

Posts Tagged ‘brasier’

Avec mes sens, avec mon coeur … (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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Hier soir, en dormant, j’ai rêvé (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
coulait une fontaine.
Dis-moi, pourquoi, filet caché,
eau, viens-tu jusqu’à moi,
source de vie nouvelle
où je n’ai jamais bu?

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie!
que j’avais une ruche
au-dedans de mon coeur;
et que les abeilles dorées
y faisaient
avec mes vieilles amertumes
de la cire blanche, du miel doux.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
luisait un soleil brûlant.
Il était brûlant, parce qu’il donnait
une chaleur de brasier flamboyant,
et c’était un soleil parce qu’il éclairait
et faisait pleurer.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, illusion bénie! —
que c’était Dieu
que j’avais dans mon coeur.

(Antonio Machado)

Illustration

 

 

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Je ne sais si tu es vivant ou mort (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017


 


Je ne sais si tu es vivant ou mort,
Si l’on peut te chercher sur la terre
Ou seulement, quand on médite, sur le soir,
Sur celui qui n’est plus pleurer dans la lumière.
Tout est pour toi: la prière de chaque jour,
La fiévreuse langueur de l’insomnie,
La troupe blanche de mes vers
Et le brasier bleu de mes yeux.
Personne n’est plus proche de mon coeur,
Personne ne m’a fait autant souffrir,
Même celui qui m’a vouée à la torture,
Même celui qui m’a aimée et oubliée.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Alex Alemany

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QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

Illustration: Edmund Blair Leighton

QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE

Quel secours faut-il plus que j’atende à ma peine,
Si ce n’est par la mort qui m’est toute certaine,
Puis que mes longs soupirs, ma foy, mon amitié
Le brasier de mon cœur, l’éfroy de mon visage,
Ne peuvent esmouvoir vostre obstiné courage
A se laisser toucher d’un seul trait de pitié.

O que le feu d’Amour est d’estrange nature !
Mon cœur sans defaillir luy sert de nourriture.
Je n’ay sang ny poulmon qui n’en soit consommé,
Mais differant et tout de la commune flame,
Encor que je vous touche il n’émeut point vostre ame,
Et rien qui soit en vous n’en peut être allumé.

***

What further help must I await for my suffering,
If it is not by death that is quite certain for me,
Since my long sighs, my faith, my friendship
My heart ablaze, the fright of my face
Cannot move your obstinate spirit
To let itself be touched by a single act of pity.

O how strange is the fre of Love!
Without flinching, my heart serves as sustenance.
I have neither blood nor lung that not be consumed by it,
But different and all of the common flame,
Even though I touch you, it does not move your soul,
And nothing in you can be lit.

***

Welch‘ Hilfe muss ich noch erwarten meiner Pein,
Wenn nicht durch den Tod, der mir ist gewiss.
Da doch meine langen Seufzer, meine Treue‘ und meine Freundschaft,
Die Glut mein‘s Herzens, die Furcht auf meinem Antlitz
Nicht erweichen können Euer störrisch‘ Herz,
Sich von auch nur einer Gest‘ des Mitleids rühren zu lassen?

Oh, wie das Liebesfeuer seltsam ist!
Mein Herze dient ihm voll & ganz als Speise.
Blut und Lunge all werden so verzehrt.
Aber anders ist‘s als die gemeine Flamme,
Auch wenn mein Berühren Euch nicht die Seele rührt,
Und nichts in Euch sich dadurch kann entzünden.

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

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L’ARC DECLINANT (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



L’ARC DECLINANT

Nous fûmes purs et pourtant nous sommes en deçà de notre mesure.
Qui parle de parfaire ?
Nous entrons dans l’arc déclinant où la corde mollit,
la ferveur comme la flèche ne vibre plus.
Nous n’aurons pas plus de repos que nous n’eûmes de larmes.

N’est-il plus rien à voir, rien à entendre.
Rien pour le soleil. Rien pour la récompense.
Rien pour la vanité. Rien pour le délire ?
La lampe des amants s’éteint
et l’âme est écorchée de tous les incendies de l’ombre.

Elle n’a plus de bouche et sa bouche est pleine de Dieu.
Au dernier communiqué des flammes,
le geste qu’elle tendit vers moi
fut celui d’un versant inconnu qui s’éclaire,
et nous fléchissons sur la beauté
comme le brasier touché par la grâce.

Nous garderons les armes à la main
pour d’autres combats,
dans d’autres mondes impossibles.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Josephine Wall

 

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Les promesses du feu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Jean-Marie Reynaud
    
Les promesses du feu

Ce fer amour que je forge deux fois,
Va le jeter dans l’extase liquide.
Entends siffler le métal rouge orange
Devenu bleu par morsure de l’eau.

Comme un poumon ce soufflet qui s’anime
Et porte l’air au coeur du brasier.
Un autre fer pour un même cheval
Qui tirera le soc sur les labours.

Un autre, un autre encore pour l’image
De quatre fers, quatre points cardinaux
Qui jailliront comme des étincelles
Pour situer ta présence en ces lieux.

Coups sur l’enclume, un village s’éveille.
Coups sur le fer, une forme apparaît.
Le forgeron sous son cuir a des ailes
Et sur son front des perles de rosée.

Qui les dira ses prouesses cosmiques
Mariant l’air et la terre et le feu ?
Le bras se lève et retombe en cadence
Et le fer chante et chante le marteau.

L’adolescent qui regarde la flamme
Forge sa vie et contemple ce bras
Si musculeux, si noueux qu’il évoque
De vieux exploits enfouis dans l’Histoire.

Et cette odeur de charbon, de matière,
De fer à blanc, de sueur sur la chair
Grise l’instant. Des chapelets de fers
Sur le mur noir attendent leur voyage.

Frères du jour revenons à ces forges
Où fut un homme au visage de feu
Que je revois, présence salvatrice,
Quand le présent m’assaille de sa nuit

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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LES CYGNES SAUVAGES (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



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LES CYGNES SAUVAGES

Toute la nuit, la tempête avait fait rage,
attisant le brasier de ma douleur.

A l’aube, je suis allée m’asseoir dans le belvédère
où j’attendais, autrefois, mon bien-aimé.

Il pleuvait encore. La rivière charriait des troncs d’arbres.
Exténuées d’avoir lutté contre la tourmente,
les pivoines du jardin ne pouvaient se relever.

Deux cygnes sauvages vinrent lisser leurs plumes sous le belvédère.
J’ai laissé tomber sur eux mes larmes,
pour qu’ils les apportent à mon bien-aimé.

(La Flûte de Jade)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III)

Entre le monde et la nuit
il y a l’épaisseur d’un carreau
à travers lequel la lumière va surgir
pour se jeter dans celle de tes yeux.

Au ras du sol, les feuilles se lissent
pour recevoir le soleil
qui passera de l’une à l’autre
en allumant le brasier de la rosée.

Tes paupières battent comme les sources
dont le matin veut éveiller la terre,
les oiseaux s’immobilisent un instant
pour mieux sentir la rondeur de la clarté.

Et c’est le jour porté de colline en colline,
renversé dans les lits de la verdure,
c’est le jour éperdu de joie
dès qu’il reconnaît tes seins.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je t’aime (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Je t’aime comme on aime un beau jour d’été,
immobile et très haut entre le matin et le soir.
Je pense à toi d’une façon tellement forte
que ton absence bat en moi comme une porte dans le vent.

Seule, maintenant, une mémoire aveugle me rappelle
les caresses dont ton corps enfermait mon corps
comme dans des forêts infranchissables,
mais elle ne peut me rendre le poids de ta chair.

Je te cherche en moi comme dans une ville déserte
et pourtant à chaque instant je te rencontre
comme la terre à chaque pas rencontre des sources,
mais j’ai froid sans la chaleur de tes mains.

Et ta voix, ta voix qui me faisait vivre
comme la flamme fait vivre un brasier,
ta voix n’est nulle part, même pas sur ma bouche
à laquelle elle se mêlait jusqu’au silence des baisers.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je ne sais si tu es vivant ou mort (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Je ne sais si tu es vivant ou mort,
Si l’on peut te chercher sur la terre
Ou seulement, quand on médite, sur le soir,
Sur celui qui n’est plus pleurer dans la lumière.
Tout est pour toi: la prière de chaque jour,
La fiévreuse langueur de l’insomnie,
La troupe blanche de mes vers
Et le brasier bleu de mes yeux.
Personne n’est plus proche de mon coeur,
Personne ne m’a fait autant souffrir,
Même celui qui m’a vouée à la torture,
Même celui qui m’a aimée et oubliée.

(Anna Akhmatova)

 Illustration: Arthur Braginsky

 

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