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Poésie

Posts Tagged ‘brasier’

Ecouter (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Il y a ce qui rassure
et dort au coeur de la chose
on l’écoute
dans la boucle du fleuve
dans la houille éclairant
de ses brasiers
le corps de la jeune fille
qui s’expose à la vie
dans la ramure et le jour clair
ou dans la nuit poignante.

(Jean Follain)

 

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Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

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Braises pour que brûle le monde (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Jesse Barnes _  [800x600]

Les murs ne tombent pas
[17]

… braises pour que brûle le monde,
car nous devons aller de l’avant,

nous sommes au carrefour,
la marée se refonde ;

elle découvre galets et coquillages,
si beaux et pourtant statiques, anciennes

pensées creuses, anciens usages ;
descendons vers la mer,

ramassons des algues sèches,
entassons du bois flotté,

allumons un nouveau brasier
et dans la fragrance

de sel brûlé et d’encens de mer
chantons de nouveaux péans au Soleil nouveau

de la régénération ;
Lui, nous l’avons toujours adoré,

nous avons toujours dit,
à jamais au grand jamais, Amen.

***

… coals for the world’s burning,
for we must go forward,

we are at the cross-roads,
the tide is turning;

it uncovers pebbles and shells,
beautiful yet static, empty

old thought, old convention;
let us go down to the sea,

gather dry sea-weed,
heap drift-wood,

let us light a new fire
and in the fragrance

of burnt salt and sea-incense
chant new paeans to the new Sun

of regeneration ;
we have always worshipped Him,

we have always said,
forever and ever, Amen.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Jesse Barnes 

 

 

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Ainsi allais-je (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




Illustration: Paul Delvaux
    
ainsi allais-je dévorant des ténèbres
une fleur dans ma main de somnambule
un sourire d’autre cloué à mes lèvres
mon corps nu comme un mot
mes désirs enlacés à son image
si seulement ils faisaient un brasier sur mes lèvres
pour brûler les syllabes qui ne s’unissent pas

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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POÉSIE I (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

POÉSIE I

Poésie
Tu nous mènes
vers la substance du monde

Lacérant en poèmes
le bandeau des mots

Rompant leur cartilage
Dénonçant leurs lézardes

Questionnant la clairière
Cernant tout le brasier.

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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NOTRE HUBLOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

hublot

NOTRE HUBLOT

En quel lieu, évanouis,
L’accord de nos lèvres,
Nos mains de ce jour-là,
Nos yeux de telle saison ?

En quel brasier confus,
Les rameaux du vertige ?

En quel lointain friable,
Les crêtes de notre sang ?

Mais par tous ces instants
Et pour chaque battement d’âme,
A cause de nos questions
Sous tant de lampes croisées :

La mer Toute la mer
S’est prise à notre hublot.

(Andrée Chedid)

Illustration: Laetitia Pique

 

 

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SUR la haute mer (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Illustration: Edward Hopper
    
SUR la haute mer, la barque de l’insomnie.
Sur la plage, le corps qui veille.

Entre la fièvre de l’été, toi, l’amour vaincu,
le brasier de mensonges, l’extase stérile.

Dans une autre bouche, un désert de pierre,
la nostalgie se brûle comme un démon triomphant.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Il faut parler avec clarté des pierres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



Il faut parler avec clarté des pierres claires,
des pierres sombres,
de la roche ancestrale, du rayon bleu
resté prisonnier au coeur du saphir,
et du rocher statuaire en sa grandeur
irrégulière, du vol sous-marin,
de l’émeraude et de son brasier vert.

Parfait, mais le caillou
ou la marchandise qui scintille de feux,
oui, l’éclair vierge du rubis
ou la vague congelée de la côte,
le jais secret qui a choisi
de l’ombre l’éclat négatif,
répondez-moi, répondez au pauvre mortel:
de quelle mère sont-ils venus, du sperme
de quel volcan, de quel océan, de quel fleuve,
de quelle flore antérieure, de quel parfum,
interrompu par la clarté glaciale?
J’appartiens à ces hommes transitoires
qui fuyant l’amour dans l’amour
sont restés brûlés, partagés
en chair et en baisers, en propos noirs
mangés par l’ombre :
je ne suis pas fait pour tant de mystères :
j’ouvre les yeux et ne vois rien :
je palpe la terre et je poursuis mon voyage
tandis que le brasier ou la fleur, la fragrance ou l’eau
se muent en races de cristal,
oeuvres de la lumière se font éternité.

(Pablo Neruda)

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Je suis debout sur la falaise nue (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Je suis debout sur la falaise nue,
Enveloppé d’un manteau de nuit.
Depuis ces hauteurs désolées mon regard
Descend jusqu’à un pays couvert de fleurs.
Je vois s’envoler un aigle
Qui avec le courage de la jeunesse
S’élance à la poursuite des rayons dorés,
Et montant s’enfonce dans le brasier éternel.

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Caspar David Friedrich

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MUR (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
MUR

Les respirations du ciel
sur l’étendue des jardins.
Les nuages sur les maisons
comme des toitures.

Une ondée soudaine suffit
à tendre en l’air l’arc-en-ciel.

Le brasier solaire
se rallume sur le pays.
L’arbre sur le mur
laisse luire son feuillage.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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