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Poésie

Posts Tagged ‘brasier’

Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Sache que tout ce qui survient alimentera le brasier (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Dans ce qui t’arrive,
impossible de discerner à l’avance
ce qui s’avèrera être un bien
ou ce qui t’apparaîtra comme un mal.
Sache que tout ce qui survient
alimentera le brasier.

(Charles Juliet)

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Dans l’étincelle le brasier (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Dans l’étincelle
le brasier
dans la rosée
l’océan
dans l’iris
l’univers
dans le grain de l’instant
l’éternité.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Evidences insaisissables (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
évidences insaisissables
la pluie même n’y aura pas suffi
ni les corps à l’embouchure de la nuit qui se frôlent
trois notes que tu chantes c’est la mélodie toute
trois branches qui se croisent déjà c’est le brasier
frêle et sûr un jour danse deux vies mêlées

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017




    

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myositis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain,
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin.

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Jamais n’est lasse d’être nue (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration: Andrzej Malinowski
    
Jamais n’est lasse d’être nue,
la vendeuse de violettes,
aucun poignard n’agrafe sa jupe
et son corsage est de large tulle.

Dans sa chambre, une seule odeur,
et sur son corps gainé de lait,
et dans son coeur violet,
et dans le sang qui le transperce.

En cette serre de l’été
le printemps conserve ses taches,
et l’on mord la sève de mars,
brasier de mille fleurs modestes.

Les corps de sel fondent de joie
contre la pluie ensorcelée
dont les genoux sont de feuillage
et dont le sexe est de grésil.

O mains vendues aux fleurs
au-devant d’un corps donné,
j’achète vos ailes consacrées
par-dessus le sang de leur proie.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Yeux d’azur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Yeux d’azur

Circassienne beauté, ces brasiers lumineux
ne sont pas faits pour le mépris qui blesse,
ou la fureur. Ils offrent, flambeaux généreux,
l’amour qui va nous rendre heureux,
du plaisir la douce promesse.

S’ils étaient faits pour éloigner un coeur aimant,
accroître ses souffrances,
s’ils étaient envoyés par un dieu inclément,
alors la différence

serait nette, et la voûte tranquille des cieux
ne leur donnerait point ce bleu turquoise,
le soleil bienfaisant se soucierait fort peu
de leur offrir ce même feu
qui de désir son corps embrase.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Il est dur de marcher parmi les hommes (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Il est dur de marcher parmi les hommes
Et de faire semblant qu’on n’est pas mort,
De raconter le jeu tragique des passions
Devant ceux qui n’ont pas vécu encore.
De trouver, en scrutant le cauchemar des nuits
Un ordre dans le chaos fou des émotions
Pour que l’art fasse voir par ses pâles reflets
Quel brasier est la vie qui se détruit

(Alexandre Blok)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Edward Okun

 

 

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Avec mes sens, avec mon coeur … (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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Hier soir, en dormant, j’ai rêvé (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
coulait une fontaine.
Dis-moi, pourquoi, filet caché,
eau, viens-tu jusqu’à moi,
source de vie nouvelle
où je n’ai jamais bu?

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie!
que j’avais une ruche
au-dedans de mon coeur;
et que les abeilles dorées
y faisaient
avec mes vieilles amertumes
de la cire blanche, du miel doux.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
luisait un soleil brûlant.
Il était brûlant, parce qu’il donnait
une chaleur de brasier flamboyant,
et c’était un soleil parce qu’il éclairait
et faisait pleurer.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, illusion bénie! —
que c’était Dieu
que j’avais dans mon coeur.

(Antonio Machado)

Illustration

 

 

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