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Poésie

Posts Tagged ‘brasier’

La chambre est en feu (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
La chambre est en feu;
la folie crépite, fracasse
le sommeil et ses ombres.
Tu murmures: « Je t’aime ».
Le rouge brasier
dévore le coeur.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence
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QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Illustration: Edmund Blair Leighton

QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE

Quel secours faut-il plus que j’atende à ma peine,
Si ce n’est par la mort qui m’est toute certaine,
Puis que mes longs soupirs, ma foy, mon amitié
Le brasier de mon cœur, l’éfroy de mon visage,
Ne peuvent esmouvoir vostre obstiné courage
A se laisser toucher d’un seul trait de pitié.

O que le feu d’Amour est d’estrange nature !
Mon cœur sans defaillir luy sert de nourriture.
Je n’ay sang ny poulmon qui n’en soit consommé,
Mais differant et tout de la commune flame,
Encor que je vous touche il n’émeut point vostre ame,
Et rien qui soit en vous n’en peut être allumé.

***

What further help must I await for my suffering,
If it is not by death that is quite certain for me,
Since my long sighs, my faith, my friendship
My heart ablaze, the fright of my face
Cannot move your obstinate spirit
To let itself be touched by a single act of pity.

O how strange is the fre of Love!
Without flinching, my heart serves as sustenance.
I have neither blood nor lung that not be consumed by it,
But different and all of the common flame,
Even though I touch you, it does not move your soul,
And nothing in you can be lit.

***

Welch‘ Hilfe muss ich noch erwarten meiner Pein,
Wenn nicht durch den Tod, der mir ist gewiss.
Da doch meine langen Seufzer, meine Treue‘ und meine Freundschaft,
Die Glut mein‘s Herzens, die Furcht auf meinem Antlitz
Nicht erweichen können Euer störrisch‘ Herz,
Sich von auch nur einer Gest‘ des Mitleids rühren zu lassen?

Oh, wie das Liebesfeuer seltsam ist!
Mein Herze dient ihm voll & ganz als Speise.
Blut und Lunge all werden so verzehrt.
Aber anders ist‘s als die gemeine Flamme,
Auch wenn mein Berühren Euch nicht die Seele rührt,
Und nichts in Euch sich dadurch kann entzünden.

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

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L’instant et l’échappée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



L’instant et l’échappée

Les raisons s’entrecroisent
Et n’atteignent nulle cible
L’énigme frappe
À nos portes ensablées

Est-ce vivre
Que chevaucher le présent
Mais renier le futur?
Se parer de saisons
Mais tarir la durée ?

Est-ce vivre
Qu’ignorer l’ici
En arpentant l’éternel ?
Délaisser le quotidien
Et s’arroger l’infini ?

Ni ceci ni cela
Mais ensemble dans notre brasier
Le grain avec l’espace
L’instant et l’échappée.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Tu cherches la lettre perdue (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Tu cherches la lettre perdue
parmi les paroles errantes,
tu cherches un nom dans un ailleurs
sans lieu.

La forêt dans l’oiseau
la voix dans le silence
le lointain dans le proche.

Mais tu es ta propre mesure :
si peu de jour, si peu de nuit,
Suspendu entre source et brasier,
Noué aux plantes incestueuses.

Tu es cette flamme enterrée
qui ne se souvient plus sauf
un visage comme un grain d’ombre.

(Lionel Ray)

 

 

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Le sang de la mer brûle (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Moll
    
Le sang de la mer brûle
Embrasure
Brève du pas

Aimant
L’écume ou le brasier

Sur le large
Où mourir

La précipitation

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Comme le phalène (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Comme le phalène je vole droit au brasier
et baise l’incandescence.

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LA NUIT EXORCISÉE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

LA NUIT EXORCISÉE

J’aurai des yeux de mendiant
Pleins de richesses inconnues,
Des mains liant et déliant
Ma faim sauvage, mes soifs nues.

Brasier fiévreux : ma liberté
Couvée en mon âme asservie…
… Être ainsi le ressuscité
Surpris de rentrer dans ma vie.

J’aurai le signe d’or au front,
Je marcherai dans ma légende
Et des lumières bougeront
Par-dessus le ciel en offrande.

*

Souffles tendus sur des printemps
Où brille sait-on quelle moire ?
Beau massif de mes quarante ans,
Érige-toi dans ma mémoire.
Foulez, mes pas, l’humus du temps.

*

La terre, ma chaude inconnue,
Je l’ai saisie, oh ! son soleil
D’argile douce, d’eau feuillue
Porteuse d’arbres en éveil
Dans leur tendresse encore nue.

*

Rédemptrice, et vibrent tes mains
Dans la musicale rosée
De cette nuit exorcisée
Du maléfice des chemins.

Nous t’appelons la Voyageuse
Depuis que l’anneau de ton cri
Est devenu ce signe inscrit
Sur le blason de Bételgeuse.

Belle allumeuse des cailloux
Qui figurent au sein des fleuves
Un vrai semis d’étoiles neuves,
Ah ! dorme en toi ce coeur de nous.

(Jules Tordjman)

 

 

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AÏE! (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Estrid Cortambert

    

AÏE!

Le cri laisse dans le vent
une ombre de cyprès.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

Tout s’est brisé dans le monde.
Il ne reste que le silence.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

L’horizon sans lumière
est mordu de brasiers.

(Je vous ai déjà dit de me laisser
dans ce champ,
pleurer.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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LES TRANSPARENTS (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Giotto di Bondone
    
LES TRANSPARENTS

Ils sont debout à l’orée de la lumière,
Transparents et bleutés. Parfois la brise
Les soulève au-dessus de la tourmente qui saisit l’arbre,
Près de la plaine où bataille l’année.
Dehors, la torche du soleil consume la lavande
Et le désir de gloire. Eux seuls ne sombrent pas.
Ils savent sous la clarté odorante des roses,
La guêpe en embuscade et que Beauté
Peut être masque de Néant.
L’autre se démène, cherchant qui dévorer.

Ils vont sur le sentier où les pieds se meurtrissent, leurs épaules
Ploient sous la charge invisible. Une lumière
Les transfigure, la paix grandit. Et lui dans le silence
Passant toute bonté : leur coeur vivant brasier
Du seul amour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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