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Poésie

Posts Tagged ‘bref’

Extase (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Illustration: Louis Pierre Verwee
    
Extase

D’un coeur passionné savourons notre rêve
Avant que la vie dure et fausse nous l’enlève,
O mon amour, viens nous asseoir
Sous les saules d’azur pleurant au bord du soir.

Tout fuit intensément, embrassons notre songe;
Que l’heure nous oublie et pour nous se prolonge,
Et que, sans jamais s’épuiser,
Renaissent, floraisons brûlantes, nos baisers.

La cétoine s’endort gitée au coeur des roses;
Comme une hostie au fond d’un ciboire repose,
Qu’entoure un mystique halo,
Dans ton âme et ta chair tout mon être est enclos.

Et nous nous étreignons, expirants, bouche à bouche,
Pendant que les grands lys penchés sur notre couche
Y versent des parfums d’autel.
Anéantis au flux du désir immortel,

Aimons-nous, mes amours! Ayons pour seule envie,
Puisque l’heure agonise et que s’enfuit la vie,
Lèvre à lèvre, d’avoir goûté,
Dans un spasme trop bref, toute une éternité!

(Marie Dauguet)

 

 

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Extase (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Malanie Quentin
    
Extase

D’un coeur passionné savourons notre rêve
Avant que la vie dure et fausse nous l’enlève,
O mon amour, viens nous asseoir
Sous les saules d’azur pleurant au bord du soir.

Tout fuit intensément, embrassons notre songe;
Que l’heure nous oublie et pour nous se prolonge,
Et que, sans jamais s’épuiser,
Renaissent, floraisons brûlantes, nos baisers.

La cétoine s’endort gitée au coeur des roses;
Comme une hostie au fond d’un ciboire repose,
Qu’entoure un mystique halo,
Dans ton âme et ta chair tout mon être est enclos.

Et nous nous étreignons, expirants, bouche à bouche,
Pendant que les grands lys penchés sur notre couche
Y versent des parfums d’autel.
Anéantis au flux du désir immortel,

Aimons-nous, mes amours! Ayons pour seule envie,
Puisque l’heure agonise et que s’enfuit la vie,
Lèvre à lèvre, d’avoir goûté,
Dans un spasme trop bref, toute une éternité!

(Marie Dauguet)

 

 

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Nous irons dans les bois… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Nous irons dans les bois…

Nous irons dans les bois silencieux et doux
Au glissement des feuilles mortes
Et nos baisers seront silencieux et doux
Comme le bruit des feuilles mortes.

Pémètre-t-on jamais, tant vont se dissolvant
Les baisers fervents que l’on rêve,
Si l’on vit, si l’on pense ou si, parmi le vent,
On est la cendre qu’il soulève?

Le songe luit parfois et tel un bref éclair,
La certitude qu’on vous aime,
Puis on dit:  » Je ne sais si la chair de ma chair
Est mienne ou bien reste elle-même.

La bouche qui sourit est la même qui ment;
Demain le coeur de ma maîtresse
Sous d’autres mains aura le divin tremblement
Qu’il eut jadis sous mes caresses.

Le regard qui promet est le même qui ment;
Le même baiser peut éclore
Pour d’autres sur sa bouche et le même serment
Monter aux lèvres que j’adore. »

Nous irons dans les bois silencieux et doux
Où se meurent les marjolaines,
Et parmi le brouillard silencieux et doux
S’effaceront nos formes vaines.

(Marie Dauguet)

 

 

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A l’ombre des sapins… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Francis Picabia
    
A l’ombre des sapins…

A l’ombre des sapins exhalant leur arôme
S’ouvrent, un peu gluantes, des bises;
Le vent indolemment fait tomber des alises
Et le jour qui s’écoule a la saveur d’un baume.

Un torpide sanglot monte des fondrières,
Languissante prière et qui scande
Les chuchotis légers qu’ont les blancs de Hollande
Et les trembles semant leurs feuilles aux lisières.

Souplement écartant les branches enlacées
Des taillis d’un bleu d’hortensias,
Un brocart, suspendant sa marche cadencée,
Frotte ses cornes aux troncs des acacias.

Renvoyant à l’écho les coups brefs qu’il assène
Un pic entêté fouille du bec
L’écorce crevassée et rugueuse d’un chêne
D’où tombe en crépitant l’averse des glands secs;

Un mulot dérangé a glissé sous les ronces,
Et je rêve, ô solitude douce…
Mon coeur pacifié te pénètre et s’enfonce
En toi, comme le pied des hêtres dans la mousse.

(Marie Dauguet)

 

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Avec mes vieilles mains… (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



 

Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes vieilles mains…

Avec mes vieilles mains de ton front rapprochées
J’écarte tes cheveux et je baise, ce soir,
Pendant ton bref sommeil au bord de l’âtre noir
La ferveur de tes yeux, sous tes longs cils cachée.

Oh ! la bonne tendresse en cette fin de jour !
Mes yeux suivent les ans dont l’existence est faite
Et tout à coup ta vie y parait si parfaite
Qu’un émouvant respect attendrit mon amour.

Et comme au temps où tu m’étais la fiancée
L’ardeur me vient encor de tomber à genoux
Et de toucher la place où bat ton coeur si doux
Avec des doigts aussi chastes que mes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

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Et le temps de la mort était bref (Claude Sernet)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017




    
Et le temps de la mort était bref
Et le monde ajoutait son attente
Au tourment de la terre et des eaux

Et le jour remontait de l’abîme
Et la nuit retournait à la nuit
Et la pluie accourait sur la terre
Et le vent demeurait sur les eaux

Et ce fut dans le vent, dans la pluie
Un désordre de rêve et d’amour
Et l’amour était neuf sur la terre
Et le rêve était vieux sur les eaux

Et la vie et la mort étaient justes
Et le rêve et l’amour étaient bons
Et la vie écoutait sur la terre
Et la mort se taisait sur les eaux

Il se fit un désordre de rêve
Un désordre de vie et de mort
Et l’amour refleurit sur la terre
Et le ciel éclata sur les eaux

(Claude Sernet)

 

Recueil: Les Pas recomptés
Editions: Seghers

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Premier baiser (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




    
Premier baiser

Pour tous deux en classe primaire
La journée passait en leçons.
Le soir la route familière
Nous ramenait la maison.

Au cours de cet itinéraire
Nous mangions le morceau de pain
Qu’avait prépare notre mère
Avant le départ du matin.

J’essayais avec innocence
De l’embrasser, sans résultat.
Pour surmonter sa résistance
J’ai proposé du chocolat.

Quand elle eut fini ma tablette
J’ai du femer les yeux avant
De sentir ses lèvres discrètes
Sm les miennes un bref instant.

Si ce baiser fut éphémère
Son souvenir subsistera
Si douce fut sa bouche légére
Barbouillée de mon chocolat.

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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La chanson de la rose (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
La chanson de la rose

Je cueillerai la rose,
La rose et le lilas,
La ousta ga ousta!

Je cueillerai la rose aux jardins de ma belle
Dessous les arbres bleus où boivent les gazelles;
Où des faons vont broutant, aux chansons des piverts,
L’ombre des gazons verts.

Hélas! dans cette tour ma belle est endormie;
Pour y cueillir la rose, au baiser de ma mie,
Oiseau bleu, bel oiseau, il faut monter bien haut,
Porte-moi sur ton dos.

O belle, dormez-vous comme en un reliquaire,
Votre anneau d’or au doigt, au fond d’un englivière?
Alors que me conduise un beau poisson nageant
Vers votre lit d’argent.

La rose et le lilas aux jardins de mon rêve
Ne refleuriront plus, car les amours sont brêves;
Le mistral a tari le fleuve, en mon coeur mort,
La tour s’est effondrée avec ses créneaux d’or!

Où donc cueillir la rose,
La rose et le lilas,
La ousta ga ousta!

(Marie Dauguet)

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LE POÈME FINAL (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



 

Carry Akroyd Aerial (May)

LE POÈME FINAL

J’ai une forge dans le coeur.
Je sens plus pourpre que l’aurore,
Plus noyé que l’algue,
Plus lointain que la mouette,
Plus creux que les puits.
Mais je ne donne naissance
Qu’à l’écaille et qu’aux grains.

Ma langue se prend aux mots :
Je n’exprime plus blanc,
Je ne dis plus noir ;
A peine le gris d’une falaise rongée,
Le bref vertige d’une ombre,
L’hirondelle entrevue
Et l’iris deviné.

Où sont les justes paroles,
Le feu sans agonie,
Le poème final ?
En quel lieu est la vie ?

(Andrée Chedid)

Illustration: Carry Akroyd

 

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Les jours sont à présent trop brefs (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Les jours sont à présent trop brefs
et les années
On se perdra l’un l’autre
s’étant aimés
s’aimant
de cette perte même
Déjà nos corps trébuchent
un fil encore se tend
les mains qui le tressent
se touchent à distance

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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