Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bref’

Brefs (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Illustration 

    
Brefs

De l’autre côté de la forêt
le ciel prend ses quartiers,
les noms deviennent fleuves.
Ce que l’on n’aperçoit plus
existe alors de plein droit.
Le bleu atteint ta perfection
pour découvrir un paysage
restituant au corps sa part d’infini.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’admirable (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2017



Illustration
    
L’admirable
c’est de se savoir de passage
tel un arbre
ou un ruisseau
mais à plus brève échéance
d’être là
au centre du monde
dont on ne perçoit pas la réalité.
Chaque instant
qui glisse sur le corps
et s’efface aussitôt
en dit la présence.

Les mots les paroles
qui sont le calque de l’existence
s’achèvent en même temps
que la main la voix.
Le tragique est aussi
dans l’imminence de l’absence
de ce qui s’ensuit ou non.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉCOUTEZ ! (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



vin r

ÉCOUTEZ !

Seigneur, tu nous offres encore du vin?
Ne le verse pas tout de suite dans nos tasses.
Je viens de réfléchir, et je veux parler.
Rassure-toi! Je serai bref.

Voici l’instant où les convives sont moins gais, où le rire hésite,
l’instant où les danseuses chancellent, où les pivoines s’effeuillent.
Voici le seul instant où le coeur parle avec sincérité.

Seigneur, tu possèdes des palais, des guerriers valeureux et du vin parfumé.
Moi, je n’ai que mon luth, qui chante d’amères chansons
à l’heure où les pivoines laissent tomber leurs pétales.

En cette vie, nous n’avons qu’une certitude : la mort.
Ces bouches que nous baisons, elles seront, un jour, remplies de terre,
et ce luth, qui vibre sous mes doigts, servira de perchoir aux poules.

Le tigre bondit dans les vallées où errait, jadis, le poisson Mrang.
Le corail tapisse les ravins où fleurissaient, autrefois, des violettes.

Écoutez, là-bas, dans la montagne blanche de lune,
écoutez les singes qui pleurent, accroupis sur les tombes abandonnées!

Maintenant, seigneur, tu peux remplir nos tasses.

(La Flûte de Jade)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

JAN SIX (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



rembrandt-7-800x600

JAN SIX

Derrière sa tête le ciel se creuse
Cet homme seul
Qui lit à la fenêtre
Ouvre un autre espace
Comme dans un sablier d’or
Le temps s’éblouit
Et l’heure brève s’écoule absente
Adossé au soleil
Le visage porté par les ailes du col
Danseur immobile
Il se meut en lui-même
Et l’eau informe le verre
D’une buée fragile

(Heather Dohollau)

Illustration: Rembrandt van Rijn

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La passion mesurée (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



La passion mesurée

Trochée je t’ai aimé, avec une tendresse dactyle
et un geste spondée.
Tes iambes aux miens avec force j’ai entrelacés.
En un jour alcmanique, l’instinct rhopalique
a rompu, léonin,
la porte pentamètre.
Plainte de trois longues entre de brefs murmures.
Et quoi encore, et quoi encore, dans le crépuscule échoïque,
sinon le souvenir brisé
d’une latine, grecque, indénombrable délectation?

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un jour, le crépuscule reviendra (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Un jour, le crépuscule reviendra,
La nuit tombera des étoiles,
Nous serons, corps étendus,
Proches d’ici, loin d’ici.

Des ténèbres montent
De douces et brèves mélodies.
Écoutons-nous perdre nos habitudes,
Brisons enfin les rangs.

Voix au loin, proche chagrin — :
Toutes les voix de ces défunts
Que nous avions envoyés en courriers
Pour nous guider dans l’endormissement.

***

Einmal dämmert Abend wieder,
Nacht fällt nieder, von den Sternen,
Liegen wir gestreckte Glieder
In den Nähen, in den Fernen.

Aus den Dunkelheiten tönen
Sanfte kleine Melodeien.
Lauschen wir uns zu entwöhnen,
Lockern endlich wir die Reihen.

Ferne Stimmen, naher Kummer — :
Jene Stimmen jener Toten,
Die wir vorgeschickt als Boten
Uns zu leiten in den Schlummer.

(Hannah Arendt)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Être du fond de la nuit brève (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2016



Être du fond de la nuit brève
Une trace sans repère
L’écho à la voix blanche
Le chant d’un amour inconnu

(André Velter)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous nous rencontrons (Hsu Chih-mo)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2016



Nous nous rencontrons au coeur de la nuit,
Tu tends vers ton destin, moi vers le mien;
Heureuse si tu t’en souviens,
Plus encore si tu oublies
Ce bref éclair né de notre singulière rencontre.

(Hsu Chih-mo)

Illustration: Josephine Wall

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DRAPS BLEUS (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



croisieres

LES DRAPS BLEUS

Tout est là qui attend
Le signe altier d’un gant dans l’ombre
La caresse du vent
Et ces toits qui descendent en miroirs vers la mer

Nous ne serons jamais à quai
Ou pour une escale très brève
Quelques instants sur quoi fermer les yeux
Avant de repartir accordés
Du sel aux coins des lèvres

Le temps qui s’est levé
Entre les draps bleus d’un lit du Rajasthan
N’est pas de ceux qui passent
Il appartient au présent chaviré
Triomphant des naufrages et des peurs

Les questions peuvent rester divinement sans réponse
Et se transporter ailleurs
Avec une sorte d’allégresse neuve
Une ferveur qui parle aux étoiles en plein jour

Je me sens l’âme à la verticale
Et tout est là qui n’attend pas

(André Velter)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :