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Poésie

Posts Tagged ‘brillant’

Oh tu pleures (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Oh tu pleures. Silence obscur larme perdue
Et fleur de la maison sous le nuage noir
Et la menace de la mort d’antique nue
Le drapeau de la honte avec le ciel du soir,

Tu pleures. Des brillants descendent sur ta pierre
Et touchent à ton sein. Les miracles lointains
Sont errants et l’amour voit périr ta paupière
O toi qui inspirais le poète prochain

Dans une odeur de bois augustes et de livres
Regardant des trésors par d’anciens carreaux
Mère de notre amour et Vierge qui ne livres

Pas le secret de liberté mystique et beau
Mais conserves l’hymen sous la robe de pierre
Et rêves l’éternel pardon comme du lierre.

(Pierre-Jean Jouve)

 

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C’est toi le Printemps que j’attendais (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

C’est toi le Printemps que j’attendais,
La vie multiple et brillante
Où chaque instant est parfait et brillant.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Kristoff L

 

 

 

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Dehors Dedans (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Dehors Dedans

Quand je ferme les yeux je vois des points brillants
un pan de ciel en moi et ses milliers d’étoiles
Si je rouvre les yeux par une nuit très claire
je fais partie du ciel qui fait partie de moi

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Décembre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Décembre

Le hibou parmi les décombres
Hurle, et Décembre va finir ;
Et le douloureux souvenir
Sur ton coeur jette encor ses ombres.

Le vol de ces jours que tu nombres,
L’aurais-tu voulu retenir ?
Combien seront, dans l’avenir,
Brillants et purs ; et combien, sombres ?

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

(François Coppée)

Illustration

 

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Si je pouvais tourner à mon doigt l’anneau brillant du temps (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018



Si je pouvais tourner à mon doigt
L’anneau brillant du temps,
Alors je rendrais présent
L’aujourd’hui d’autrefois.

***

If I could turn
Upon my finger the bright ring of time,
The now of then
I would bring back again.

(Kathleen Raine)

 

 

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De “ l’infracassable noyau de nuit ” (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    

De “ l’infracassable noyau de nuit ”
au “ Grand Brillant ” intérieur

(André Breton)

 

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Les Soeurs de Charité (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2018



Illustration: Alex Alemany
    
Les Soeurs de Charité

Le jeune homme dont l’oeil est brillant, la peau brune,
Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,
Et qu’eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune
Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu,

Impétueux avec des douceurs virginales
Et noires, fier de ses premiers entêtements,
Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales,
Qui se retournent sur des lits de diamants ;

Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde,
Tressaille dans son coeur largement irrité,
Et plein de la blessure éternelle et profonde,
Se prend à désirer sa soeur de charité.

Mais, ô Femme, monceau d’entrailles, pitié douce,
Tu n’es jamais la Soeur de charité, jamais,
Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse,
Ni doigts légers, ni seins splendidement formés.

Aveugle irréveillée aux immenses prunelles,
Tout notre embrassement n’est qu’une question :
C’est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles,
Nous te berçons, charmante et grave Passion.

Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances,
Et les brutalités souffertes autrefois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances,
Comme un excès de sang épanché tous les mois.

– Quand la femme, portée un instant, l’épouvante,
Amour, appel de vie et chanson d’action
Viennent la Muse verte et la Justice ardente
Le déchirer de leur auguste obsession.

Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes,
Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant
Avec tendresse après la science aux bras almes,
Il porte à la nature en fleur son front saignant.

Mais la noire alchimie et les saintes études
Répugnent au blessé, sombre savant d’orgueil ;
Il sent marcher sur lui d’atroces solitudes
Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil,

Qu’il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades
Immenses, à travers les nuits de Vérité
Et t’appelle en son âme et ses membres malades
0 Mort mystérieuse, ô soeur de charité.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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NOCTURNE (Skipwith Cannell)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Jody Bergsma
    
NOCTURNE

I
Tes pieds
Comme de petits oiseaux d’argent,
Tu les poses sur les chemins charmants ;
Ainsi je te suivrai,
Toi Colombe aux Yeux D’or,
Sur n’importe quel chemin je te suivrai,
Car la lumière de ta beauté
Éclaire ma route comme une torche.

II
Tes pieds sont blancs
Sur l’écume de la mer;
Serre-moi fort, toi Cygne brillant,
De peur que je chute,
Et dans les eaux profondes.

III
Longtemps j’ai été
Le Chanteur sous la Croisée
Et maintenant je suis las.
Je suis malade de désir,
O ma Bien-aimée;
Prends-moi donc avec toi
Vite
Sur notre chemin.

IV
Du filet de tes cheveux
Tu as pêché en mer
Et un poisson étrange
Fut pris dans ton filet;
Car ta chevelure,
Bien-aimée,
Tient mon coeur
Dans sa toile d’or.

V
Je suis las de l’amour et tes lèvres
Sont des coquelicots éclos au petit jour.
Donne-moi donc tes lèvres
Que je puisse connaître le sommeil.

VI
Je suis fatigué de désir,
Je suis faible d’amour;
Car sur ma tête le clair de lune
Est tombé
Comme une épée.

(Skipwith Cannell)

 

Recueil: Des Imagistes Anthologie
Traduction:
Editions: La Nerthe

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Si nous hissons bien haut (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018



Illustration: Julia Perret
    
Si nous hissons bien haut notre emblème,
rien de brillant ne nous demeure étranger.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Notre vie (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018




    
Notre vie
tourne-t-elle
autour de notre mort?
Est-ce la mort
qui contourne la vie?
est-ce le tournoiement
de la toupie
sur elle-même
le grand tournis
de la planète
à flanc de soleil
le tourniquet
entre rêve et réel
le détournement
des ombres
par une ombre moins noire
ou le tournoi
de deux éclairs
dans l’éblouissement?
Est-ce le tourbillon
des sources
au cirque du désert
le tour du puits
brillant de lune
en ses entrailles
la margelle et l’anneau
autour des remous
les remous de la nuit
autour du secret?

Mais si c’était
autour de rien
la chose à mieux savoir
et le désir
autour de tout
de changer la boue
en poussière
et de souffler
sur la poussière
pour mettre à nu
la peau de tout?

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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