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Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



 

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore,
L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu’à l’éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L’air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l’Empire des flots ne l’eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l’onde et n’osa revenir.

(Vincent Voiture)

Illustration: Wilfred Gabriel de Glehn

 

 

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LAPIS-LAZULI (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



LAPIS-LAZULI

Perle brillante et dure qu’on trouve
dans les tombes d’Egypte. Larme bleue
des momies qui ne peuvent oublier le ciel.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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L’oiseau (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



L’oiseau très grand qui survolait la plaine
au même rythme que les creux et les collines,
longtemps nous l’avions planer
dans un ciel absolu
qui n’était ni le jour ni la nuit.
Une cigogne? Un aigle? Tout ensemble
le vol silencieux du chat-huant
et cette royale envergure
d’un dieu qui se ferait oiseau …

Nos yeux un instant détournés
soudain virent descendre la merveille:
c’était la fille de l’aurore et du désir
ange dans nos sillons tombé avec un corps
plus féminin que l’amour même et longue longue
posant ses pieds à peine sur le sol
car le vent de ses ailes la soulevait encore.
Enfin le lisse et blanc plumage
sur cette femme de cristal se replia.
Elle semblait ne pas nous voir
ni s’étonner qu’un lac
au-devant de ses pas s’étendit… déjà
elle y plongeait en souriant pour elle-même
heureuse de se souvenir
des éléments antérieurs
et d’un temps sans limite…
Elle ourdit dans cette eau transparente
les signes d’un langage inconnu
puis s’ébrouant, cernée de perles,
de nouveau brillante et glacée,
elle frappa du pied la terre…
Telle je la vois encore
légèrement inclinée en avant
et déjà presque détachée,
telle nous l’avons vue monter
et disparaître dans l’azur.

C’est depuis ce temps-là que je sais
par quel subtil vouloir
et quels secrets mouvements
nous pouvons voler quand tout dort.

(Jean Tardieu)


Illustration: Patricia Marmier

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Souvent le coeur qu’on croyait mort (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Souvent le coeur qu’on croyait mort
N’est qu’un animal endormi;
Un air qui souffle un peu plus fort
Va le réveiller à demi;
Un rameau tombant de sa branche
Le fait bondir sur ses jarrets
Et, brillante, il voit sur les prés
Lui sourire la lune blanche.

(Cécile Sauvage)

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LE TALISMAN (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015




LE TALISMAN

Là où la mer toujours mouvante
Bat sur des rocs inhabités,
Là où la lune est plus brillante,
Dans la douceur du soir tombé,
Là où dans son harem raffine
Tous ses plaisirs le musulman,
Une sorcière très câline
M’a confié un talisman.

Elle me dit, la caresseuse
«Conserve-le, mon talisman
Car sa force est mystérieuse,
Je te l’ai donné en t’aimant.
Dans l’ouragan, dans la tempête
Ou si tu es faible ou mourant,
Il ne sauvera pas ta tête,
Oh mon chéri, ce talisman.

Il n’est pas fait pour la conquête
Des richesses de l’Orient;
Les admirateurs du Prophète,
Il n’en fera pas tes manants.
Et loin des terres étrangères,
Sur le sein que tu aimes tant,
Vers ton pays, ne compte guère
Que t’emporte mon talisman.

Mais quand devant des yeux perfides,
Tu te sens soudain succomber,
Quand, la nuit, une lèvre humide
T’embrasse sans vraiment t’aimer,
Contre les nouvelles souffrances
Du coeur, contre tous les tourments,
Les trahisons, les négligences,
Te protège mon talisman.»

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Souvenir (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015




Souvenir

Elle tressaille des lèvres et ses yeux sont rieurs,
et pourtant elle s’élève chargée de reproche,
cette image venue des profondeurs, du fond du coeur de la nuit du coeur
– douce étoile à la porte de mon ciel.
Elle se fait brillante, triomphale – et ses lèvres se ferment
plus étroitement – et une larme coule.

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Fabienne Contat

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Comme mes persiennes (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



comme mes persiennes ma peau laisse
toujours entrer un peu de ma douleur brillante

(Jean-François Mathé)


Illustration: Pablo Picasso

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