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Poésie

Posts Tagged ‘briller’

Il ne reste plus dans la ville (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017




    
Il ne reste plus dans la ville
dont les plus hauts murs ont comme fenêtres les étoiles
que la lumière de quelques lampes
qui couvrent les rues de leurs eaux dormantes.

Le dernier passant s’est jeté, tête baissée,
dans une porte qui se referme sans bruit
sur un couloir si long si glacé
qu’il est comme un tunnel sous une montagne.

Jamais il n’arrivera au bout de cette trouée dans la nuit.
Son existence est lourde à porter
parce qu’il sait qu’en haut de l’escalier
il y a toujours la même morte qui l’attend : la solitude.

Il sait que des milliers de femmes
quelque part dans un monde bien clos
découvrent la brûlure secrète de leurs corps
pour l’amour d’un baiser, pour le poids d’une étreinte.

Un drap de plâtre retombe sur sa chambre.
A quoi bon ouvrir la fenêtre
d’où le printemps viendrait par brassées
lui rappeler qu’il n’est pas de la fête?

Sa lampe brillera longtemps parmi les étoiles.
Mais ne croyez pas qu’il écrit quelque poème :
il attend simplement que la nuit se lève
pour essayer de vivre un jour pareil aux autres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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U (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Le vent a soufflu
La pluie a tombu
La neige a fondu
La grêle a grêlu
L’tonnerre a tonnu

L’éclair a brillu

et ça…

ça m’a plu !

(Alain Boudet)


Illustration: Pierre-Paul Feyte Chasseur … du Tonnerre!!

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Après une journée perdue (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Paige Bradley
    
Après une journée perdue comme toutes les autres
à attendre dans un bureau qu’on ait gagné sa vie,
on entre dans la nuit
avec la certitude qu’elle vous offrira sa rançon de femmes.

Nuit toujours pareille avec ses convois de lumière
nuit tournant sous de hautes montagnes de vent
nuit qui fait briller les regards
nuit légère sur les paupières comme la mer sur les coquillages.

La main de l’homme n’est vraiment vivante
que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe.

Cette chair que je froisse que j’attire à moi
comme une branche trop chargée
cette chair qui frémit
à mesure qu’on la dénude de son linge

comme on le fait à une jeune pousse
de l’argile qui la recouvre
cette chair est la seule étendue
où mon corps peut jeter l’ancre.

Cette chair est la seule issue
qui me mène à la pointe d’un désir
neuf et luisant comme un fer qu’on forge.
Comme une taupe le désir fouille cette femme
qui respire de tout son ventre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je suis seul (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Evaristo
    
Je suis seul derrière mes paroles,
derrière ma tête, ombre sur le mur.
L’armoire triste brille un peu la nuit
et de ce filet renaît le matin.

Limité par la mort, par mon regard,
je reste si longtemps à la même place
que je vois se renverser une à une les lumières
que le soir envoie au-devant de la nuit.

La solitude est haute et noire
entre les arbres qui se retirent dans le soir.
Dois-je crier mon amour aux passantes
entourées de leur beau regard tranquille ?

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Marilyn (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
je m’appelle Norma Jeane Baker
petite soeur absolue
sainte Marilyn

petite soeur de toutes les femmes
j’ai donné
donné sans retour

J ai signé
j’ai payé
diamant sur l’ongle

j’ai cherché
la grande consolation
toujours cherché autre chose

au-delà de tout
jusqu’à me rencontrer
là où les corps célestes brillent en enfer

dans le choeur des damnés
des désaccordés
jusqu’à me rencontrer

et comprendre
qu’une goutte de sang pouvait
se transformer en fleur

qu’un désespoir en talons aiguilles
pouvait défier
le monde

je suis la présence je suis
la pureté
mais la pureté blue-jean bop

la pureté valium
la pureté
cadillac

avec mes frissons d’ange
avec ma peau aux arcs-en-ciel fragiles
avec ma voix aux yeux si tristes

avec mon étourdissant besoin d’enfance
quand ai-je commencé
ma chute en paradis

je fonds sans fin
je suis
un sucre d’amour

je fonds en larmes internes
je suis la douceur de la jouissance
je pourrais faire mourir quelqu’un d’émotion

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Il y avait un jardin (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Michèle Tahon   adam et eve

Il y avait un jardin

{Parlé}
C´est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l´acier
Et le bitume entre le béton et l´asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n´était pas le paradis ni l´enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l´amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s´y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l´herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n´avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d´enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

(Georges Moustaki)

Illustration: Michèle Tahon

 

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La pluie est une jeune femme (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration
    
La pluie est une jeune femme
un peu jalouse
Il semble oui que l’on voit mieux
après son passage sa colère
On voit ce qui est ce qui brille
le feu de paille de ce qui est
les ailes blanches d’une fleur
les bras verts d’un feuillage
la vie passante limpide
éternelle

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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ETOILE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
ETOILE

à demi dénudée une créature de rêve
parée de la « robe » et enfin prête
la toilette prévaut l’accessoire aide
le génie du styliste crée son modèle

avec art et dextérité il l’habille
même les étoiles en extase brillent
érigée en icône et la voici enfin
oser l’objet est désormais vain

dans ce monde de strass cloisonné de voile
elle y est devenue l’inaccessible étoile

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Le rêve de la lune (Marie Botturi)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Le rêve de la lune

Si la lune brille
Quand tu dors,
C’est pour planter
Des milliers de soleils pour demain.
Si tout devient silence
Quand tu dors,
C’est pour préparer
Le chant des milliers d’oiseaux
Et dorer les ailes des libellules.
Si la lune tombe dans tes bras
Quand tu dors,
C’est pour rêver avec toi
Des milliers d’étoiles.

(Marie Botturi)

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J’ai croisé la folie (André Laude)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



j’ai croisé la folie
une fleur sur les lèvres
j’ai mesuré ma rage et ma tendresse
dans la paille noire des étables
les armes de l’aube brillaient
comme autant de promesses
qu’il fallait tenir coûte que coûte
sel sur la plaie
visage en déroute.

(André Laude)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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