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Posts Tagged ‘briller’

Dépouille-toi sur la prairie de ton lourd chagrin de drap gris (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Dépouille-toi sur la prairie
de ton lourd chagrin
de drap gris :
Avril est là si clair qui brille
en fil d’aurore, en fil d’espoir,
ma fille!

Fougueux, piaffant à ton chevet,
l’alezan du jour
s’est levé,
bouscule, mord ta nonchalance,
ardent comme un soleil
s’élance !

Par la voltige et le lasso
la vie est un ciel
à prendre d’assaut :
étrille ton cheval fidèle
et remonte d’un saut
en selle !

Sur le chemin, crinière au vent,
le bonheur souvent
nous trotte devant,
fragile, farouche et rebelle
et il faut l’attraper vivant,
ma belle

(Christiane Barrillon)

Illustration: Andrew Wyeth

 

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Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

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Rosée d’argent (Rosalie Hirs)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    
Rosée d’argent

Ça allait si bien le souffle et tout pour toi
les filets du matin gestes allongés sur l’herbe

rosée d’argent les oiseaux leurs rameau en mouvement
s’inclinent avec des chants nous enlacent de leurs petits sauts

hors du sens des choses et le soleil brille de derrière
un nuage sans quelque chose à expliquer sous la pluie

et brillante commence à nouveau la survie des jours
et nous portons chacun un souffle le long d’un frôlement

(Rosalie Hirs)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Le jour (Nancy Huston)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



le jour,
les étoiles brillent
de toutes leurs forces

invisibles

(Nancy Huston)

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Alors je t’ai vue (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Yuri Pysar
    
Alors je t’ai vue —
Dans un flot de lumière,
la chambre comme une fleur fermée
soudain éclose s’est mise à briller,
des rubans de lumière volaient tout autour.

J’étais immobile et la tête vide,
tu as regardé et le vent
s’est engouffré dans ma tête,
comme il se lâche l’été
sur un vaste, vaste champ,
dans un vaste pays ouvert —

j’étais alors dans cette chambre
cette chambre rouge ponctuée d’or
dans la chambre rouge,
où elle se tenait alors
avec son corps de verre
si transparent, si léger,
ensemble pour toujours
en moi qui l’ai vue
dans ce jour rouge or blanc clair.

Il ne me reste qu’à frémir
me dissoudre
dans des mots afin qu’il ne reste rien
que sa lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Comme ce regard (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017




    
Comme ce regard qui prolonge la main
les choses qui font notre joie brillent
sous un soleil au corps toujours tendre.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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D’où viennent-elles ? (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017


Illustration    
    
D’où viennent-elles ?
De quel visage, de quelle étoile?

Tout juste si l’une brûle dans le vent.
Les autres, je m’attache à les écouter
sourdre de la pierre.

Tout juste si l’une brille en silence.
Les autres mordent
un coeur d’homme.

Promis à la terre seule.

(Eugénio de Andrade)

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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C’est quand la pluie tombe (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



Illustration: Leonid Afremov

    

C’est quand la pluie tombe, c’est quand
on le regarde doucement que brille le corps.

Pour dire cela la bouche est bien peu de chose,
il serait nécessaire que les mains elles aussi
voient ce brillant, qu’avec lui elles composent
la musique, et même bâtissent la maison.

Tous les mots parlent de ce feu,
ont le goût de peau de cette lumière mouillée.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Autre chanson (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration

 

Autre chanson

Les paroles non dites
Je ne les répéterai pas,
Mais en mémoire de cette rencontre manquée
Je planterai un églantier.
Comme elle brillait, là-bas, comme elle chantait,
Notre rencontre inespérée,
Je ne voulais plus rentrer,
Non, plus jamais.
Délice amer,
Amer bonheur, loin du devoir.
J’ai parlé avec qui je n’aurais pas dû.
J’ai longtemps parlé.
Qu’elle étouffe les amoureux,
La passion rapace :
Toi et moi, mon aimé, ne sommes que deux âmes
Là-bas, tout au bord du monde.

(Anna Akhmatova)

 

 

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

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Sucrée, l’odeur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Sucrée, l’odeur des raisins bleus…
Le lointain attire, enivre.
Ta voix est sourde et morne.
Je n’ai pitié de personne, personne.

Entre les grains, les fils des araignées,
Les tiges des sarments souples sont encore minces,
Les nuages voguent comme des glaçons, glaçons
Dans les eaux claires des rivières bleues.

Le soleil dans le ciel. Le soleil brille.
Va t’en dire à la vague ta douleur.
Ô, sans doute qu’elle répondra,
Et peut-être qu’elle t’embrassera.

(Anna Akhmatova)

 

 

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