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Poésie

Posts Tagged ‘brise’

PREMIERE BRISE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



PREMIERE BRISE

Le pollen de ce visage
remplit ta main.

Une seule caresse
ne te laisse

que la poussière
de son image.

A moins que le matin?

(Jean Mambrino)


Illustration: Fabienne Contat

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LE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



LE

Le vent coule si paisible
sur le sommeil de la prairie
que les herbes semblent
inventer la brise en rêve.

Et les nuages passent sans bouger
tellement ils sont haut et loin
de nos pensées.

Et les pensées se perdent
dans le bleu d’un autre ciel.

Alors respire le rien.

(Jean Mambrino)

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Nox (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Nox

Sur la pente des monts les brises apaisées
Inclinent au sommeil les arbres onduleux ;
L’oiseau silencieux s’endort dans les rosées,
Et l’étoile a doré l’écume des flots bleus.

Au contour des ravins, sur les hauteurs sauvages,
Une molle vapeur efface les chemins ;
La lune tristement baigne les noirs feuillages ;
L’oreille n’entend plus les murmures humains.

Mais sur le sable au loin chante la Mer divine,
Et des hautes forêts gémit la grande voix,
Et l’air sonore, aux cieux que la nuit illumine,
Porte le chant des mers et le soupir des bois.

Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines
Entretien lent et doux de la Terre et du Ciel !
Montez, et demandez aux étoiles sereines
S’il est pour les atteindre un chemin éternel.

O mers, ô bois songeurs, voix pieuses du monde,
Vous m’avez répondu durant mes jours mauvais ;
Vous avez apaisé ma tristesse inféconde,
Et dans mon coeur aussi vous chantez à jamais !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Tina Palmer

 

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APRÈS LA PLUIE (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



APRÈS LA PLUIE

J’aime la petite pluie
Qui s’essuie
D’un torchon de bleu troué !
J’aime l’amour et la brise,
Quand ça frise…
Et pas quand c’est secoué.

— Comme un parapluie en flèches,
Tu te sèches,
Ô grand soleil ! grand ouvert…
A bientôt l’ombrelle verte
Grand’ouverte !
Du printemps — été d’hiver. —

La passion c’est l’averse
Qui traverse !
Mais la femme n’est qu’un grain :
Grain de beauté, de folie
Ou de pluie…
Grain d’orage — ou de serein. —

Dans un clair rayon de boue,
Fait la roue,
La roue à grand appareil,
— Plume à queue — une Cocotte
Qui barbote ;
Vrai déjeuner de soleil !

(Tristan Corbière)

Illustration

 

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L’anecdote (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




L’unique peintre de ce bourg
repeignait la boutique austère
et fredonnait
quand de la gare s’en revenaient
les deux uniques voyageuses
indifférentes à cet amour
que mettait partout le printemps
mais il est des chants qui poursuivent
et que nous ramène une brise.
O monde je ne puis te construire
sans ce peintre
et sans ces deux femmes.

(Jean Follain)

Illustration: Marta Shmatava

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PERPLEXITÉ (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019




    
PERPLEXITÉ

En sortant de sa cabane
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

pas un nuage
le bûcheron regarde le thermomètre
il fait trente-trois degrés

pas une brise
le bûcheron regarde le calendrier
on est le quatorze juillet

pas un souffle
le bûcheron suce son index
et le tend vers le ciel

le soleil fleurit
inondant la clairière

de ses étincelles
on ne saurait trop se méfier
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

(Raymond Queneau)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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LAISSE-MOI ME TAIRE (Hirsh Glik)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Françoise Salmon
    
LAISSE-MOI ME TAIRE

Laisse-moi, laisse-moi me taire,
Que cessent les mots.
Laisse-moi dire une prière
Tout bas, les yeux clos.
Nul ne peut, ni gardes en armes
Grille ou barbelés,
Nul ne peut interdire aux larmes
Tout bas de couler.

Pareils aux arbres de silence,
Vent, ne nous évite,
Mais qu’avec toi nos voeux s’élancent
Vers d’autres zéniths.
Va ton chemin, brise légère,
Va sans trop flâner
Pour porter à ma vieille mère
Mes tendres pensées.

Parmi les yeux de millions d’êtres,
Ceux de ma maman,
Tu sauras bien les reconnaître :
Ils sont différents.
Nul vent ne sèche la rosée
À ses yeux brûlants,
Elle pleure, martyrisée,
Son fils, dans un camp.

Va vite, vent, je lui envoie
Un signe d’amour,
Que ses yeux malades revoient
Son fils, de retour.
Et le vent murmure : est-ce un rire
Ou, secret, un pleur ?
De ma fin déjà, veut-il dire
Qu’ici sonne l’heure ?

Écoute encore, vent, écoute,
Au coeur un sanglot.
Mais le vent a fui sur la route
Et plus un écho.
Maintenant laisse-moi me taire,
Que cessent les mots.
Laisse-moi dire une prière,
Tout bas, les yeux clos.

(Hirsh Glik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une brise si douce sur le blé vert (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



 

une brise si douce sur le blé vert
qu’elle fait trembler
le papillon

(Kobayashi Issa)

Illustration

 

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La brise fraîche (Onitsura)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



 

La brise fraîche
emplit le vide du ciel
de la rumeur du pin

(Onitsura)

Illustration: Hokusaï

 

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Je suis riche de soirs et d’aurores (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



 

Antonio Sgarbossa 1945 - Italian Figurative painter -  Tutt'Art@ (2)

Je suis riche de soirs et d’aurores,
De chants, de parfums, de clarté;
Quel fruit cueillerais-je encore
Au verger de ta beauté?

Je suis ivre d’étés et d’automnes,
De fleurs, de fruits et de vins;
Tu m’as fait de toi-même aumône :
Qu’aurais-je imploré demain?

Mon rêve est réalisé
(L’avais-je rêvé si beau?)
Et pourtant mon coeur est brisé,
Et je songe qu’on rêve au tombeau.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Antonio Sgarbossa

 

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