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Derrière les yeux, le mystère (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022




    
Derrière les yeux, le mystère

Derrière les yeux, le mystère
D’où infiniment advient la beauté
D’où coule la source du songe
Bruissant entre rochers et feuillages
Chantant en cascade
les saisons renouvelées
Chantant les instants
de la vraie vie offerte
Matin du martinet disparu
Midi de la mésange retrouvée
Longues heures à traverser le jour
Un seul battement de cils et mille papillons
prêts à s’enfouir parmi les pétales
prêts à durer tant que dure la brise
Jusqu’à la passion du couchant
où les âmes clameront alliance
Jusqu’à l’immémorial étang
où rayon de lune et onde d’automne
Referont un

(François Cheng)

Le long d’un amour, 2003.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Lointaine, la beauté fine (Marc-Henri Arfeux)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2022



Illustration
    
Lointaine, la beauté fine

Lointaine, la beauté fine est ascension,
Roseraie de neige
Formant une maison claire
Sur la fumée du bleu.
Le monde ainsi donné
Rejoint l’enfant de son visage
En un matin,
Et ton regard ouvre les passes
Au plus léger de la lumière.
Le jour alors te reconnaît.
La buée rouge des fleurs,
Un chant, qui tout le jour
Accompagne mes yeux,
Tandis que je traverse,
Avec la brise et l’alouette,
Ce monde abandonné.

Où vont les herbes et les nuages,
Les écheveaux de la lumière,
Le papillon d’après-midi devant la lune,
Et ma figure, baignée de tant de paysages
Versant leurs heures,
De proche en proche vers le plus seul?

Ni moi, ni mon cheval ne le savons.
Dormir d’un seul éclat,
Les yeux ouverts
Au seuil des grands parfums d’étoiles.
Se souvenir de la fascination
De la pivoine
Follement donnée
Aux mains de transparence qui peuplent l’air,
En ce jardin de mai où traverser était un geste d’aube,
Puis s’éveiller
Dans le sourire de la lenteur
Sans fin recommencée
Par les allées d’automne
Où les pétales jamais défaits
Rassemblent un avenir
Ganté d’abeilles et de pollen.

Les yeux, cherchant cet or,
Suivent à distance
La mince nuée de la beauté,
Statue mouvante insaisissable,
Épousant l’air de son absence
Sans fin recommencée.

Traversant les reflets,
Tu marches entre les marbres
Hantés d’amour,
Un bouquet nu à tes paupières,
La bouche fardée de nuit,
Pour mieux offrir Le grain de l’aube
A la pulpe du vent.

(Marc-Henri Arfeux)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LA MELANCOLIE PRINTANIÈRE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
LA MELANCOLIE PRINTANIÈRE
Sur l’air du  » Phénix perché sur le platane »
— Liu Yong

Dans la brise légère
Je m’appuie au balcon.
La mélancolie printanière étend son ombre
jusqu’à l’horizon.

Qui me comprend,
silencieux,
accoudé contre la balustrade
aux fines ciselures ?

Dans le vin, j’essaye de noyer mon ennui,
devant une coupe je chante.
Peu engageant est mon sourire forcé,
et ma robe est flottante.

Mais ce n’est pas que je regrette
d’avoir maigri pour la coquette.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE
Sur l’air de  » La Cloche tintant dans la pluie  »
—Liu Yong

Le cri des cigales paraît douloureux
hors d’un pavillon où l’on se dit adieu.
L’averse a cessé,
Je ne veux plus boire,
mon coeur est brisé.

Aux portes de la ville, nous nous attardons
bien que le bateau me hâte au départ,
nous nous regardons les larmes aux yeux,
la main dans la main,
les mots se figent sur nos lèvres,
entrecoupés de brefs sanglots.

Dans ma pensée se déroule le voyage
sur la vaste étendue des flots brumeux.
Là-bas le ciel du Sud est chargé de nuages.
Ceux qui s’aiment s’affligent de se séparer,
Surtout quand vient le froid de la fête automnale.

Où serai-je quand je serai dégrisé ?
Sur une rive de saules bordée,
Avec un lambeau de lune et la brise matinale.
Je t’aurai quittée pour toute une année.

Pour qui tous ces beaux paysages et ces belles journées ?
De quelque ardeur je puisse m’enflammer,
à qui désormais me confier ?

(Anonyme)

***

 

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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OH ENFANTS (Margaret Atwood)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2022



Illustration
    
OH ENFANTS

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans oiseaux ?
Y aura-t-il des grillons, là où vous êtes ?
Y aura-t-il des asters ?
Des palourdes, au minimum.
Peut-être pas des palourdes.

Nous savons qu’il y aura des vagues.
Pas besoin de beaucoup de vie pour celles-là.
Une brise, une tempête, un cyclone.
Des ondulations, aussi. Des pierres.
Les pierres sont une consolation.

Il y aura des couchers de soleil, tant qu’il y aura de la poussière.
Il y aura de la poussière.

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans chansons ?
Sans pins, sans mousses ?

une grotte scellée avec un conduit d’oxygène,
jusqu’à ce qu’il y ait une panne de courant ?
Vos yeux s’éteindront-ils
comme les yeux blancs des poissons sans soleil ?
Et là-dedans, quel voeu ferez-vous ?

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans glace ?
Sans souris, sans lichens ?

Oh enfants, allez-vous grandir ?

***

OH CHILDREN

Oh children, will you grow up in a world without birds?
Will there be crickets, where you are?
Will there be asters?
Clams, at a minimum.
Maybe not clams.

We know there will be waves.
Not much life needed for those.
A breeze, a storm, a cyclone.
Ripples, as well.
Stones.
Stones are consoling.
There will be sunsets, as long as there is dust.
There will be dust.

Oh children, will you grow up in a world without songs?
Without pines, without mosses?
Will you spend your life in a cave, a sealed cave with an oxygen line, until there’s a power failure?
Will your eyes blank out like the eggwhite eyes of sunless fish?
In there, what will you wish for?
Oh children, will you grow up in a world without ice?
Without mice, without lichens?
Oh children, will you grow up?

(Margaret Atwood)

Recueil:Poèmes tardifs
Traduction: Christine Évain & Bruno Doucey
Editions: Pavillons

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Je suis folle de toi, mon amour (Alda Merini)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2022



Je suis folle de toi, mon amour
qui viens chercher
dans mon passé
ces jouets cassés de mes paroles.
Je te donne tout
si tu veux,
je ne suis de toute façon qu’une enfant
pleine de poésie
et couverte de larmes salées,
je veux seulement m’endormir
sur la berge du ciel étoilé
et devenir une douce brise
de chansons d’amour pour toi.

***

Sono folle di te, amore
che vieni a rintracciare
nei miei trascorsi
questi giocattoli rotti delle mie parole.
Ti faccio dono di tutto
se vuoi,
tanto io sono solo una fanciulla
piena di poesia
e coperta di lacrime salate,
io voglio solo addormentarmi
sulla ripa del cielo stellato
e diventare un dolce vento
di canti d’amore per te.

***

I’m crazy for you, love
that search out
in my past
these broken toys of my words.
I give you everything
if you want,
so I’m just a girl
full of poetry
and covered with salty tears,
I just want to fall asleep
on the bank of the starry sky
and become a gentle wind
of love chants for you.

(Alda Merini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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La brise du matin (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022



Illustration  
    
La brise du matin
Dans le duvet
De la chenille

(Bashô)

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Tu passes des nuits à guetter des pas inconnus (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Tu passes des nuits à guetter
Des pas inconnus
Fraîche est la brise à ton corps brûlant
Silhouette reflétée par les flaques
Tu erres dans la prairie verte
Et les champs bleus au crépuscule

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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Embarcadère du Sud, à Li-zhou (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Shitao
    
Embarcadère du Sud, à Li-zhou

Mue par la brise une eau s’étale face au couchant
Éparpillant les îlots parmi les lointaines verdures
Là-bas sur l’onde, cris de chevaux ponctués de coups de rames
Ici sous les saules, attente insouciante du retour de la barque

Bancs de sable, touffes d’herbe, mille mouettes se dispersent
Champs et rizières à l’infini, une seule aigrette s’envole
Enfin partir ! Sur la trace du vieil errant, Fan Li
Se perdre dans l’oubli parmi les brumes des Cinq Lacs !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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MAI (François Vacher)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022




MAI

Les arbres en fleurs
Fourmillent d’oiseaux.
Une brise effleure
Et plie les roseaux.
Cette haleine douce
Agite les feuilles.
Allons sur la mousse
Nous étendre ! Cueille
Le premier muguet,
Dont l’odeur enivre !
Le beau mois de mai
Enfin nous délivre
Du vent, de la pluie
Et de la froidure.
Le soleil qui luit,
Toute la verdure
Caressent nos âmes
Ainsi que nos corps.
Pour peu qu’une femme
Entre en ce décor,
Nous voici renaître
Et nous exalter.
Chacun veut en être !
Le prochain été
Tiendra les promesses
De ce printemps-là.
On vit d’allégresse
Au temps du lilas !

(François Vacher)

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