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Poésie

Posts Tagged ‘brodé’

Qquelques menus cadeaux (Tania Sollogoug)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018




    
Du village et de la Sibérie, je n’emportais finalement pas grand chose :
quelques menus cadeaux, une chemise brodée, des odeurs, des couleurs,
la forme d’un sein au creux de ma main.

(Tania Sollogoug)

 

Recueil: Il y avait un garçon de mon âge juste en dessous de chez nous
Traduction:
Editions: Ecole des loisirs

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À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: François Boucher    
    
À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
AU BRUIT DES SOURCES, SOUS LE CIEL,
RÊVANT AU RYTHME PLANÉTAIRE,
ON PLONGE, GISANT, DANS LA TERRE
ET SI JAMAIS RÊVE AU RÉEL
RÉVÉLA SECRET OU MYSTÈRE
C’EST EN DORMANT AU BRUIT DES EAUX
ET DU VENT FERMANT SES CISEAUX.

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
SUR LA TERRE, DANS QUEL FOUILLIS,
TERRIENS, SOMBREZ-VOUS ? LA FOUGÈRE
S’ÉCROULE EN PANIERS DE LINGÈRE
DANS UNE ARMOIRE DE TAILLIS
BRODÉS DE SOIE OÙ S’EXAGÈRE
LA LUMIÈRE, HORS DU MANTEAU,
DE TA CHAIR, NYMPHE CALIXTO.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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DÉRIVE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

Jacek Yerka  4 [1280x768]

DÉRIVE

Je n’ouvrirai pas la porte d’écume
Qui scelle les creux bariolés de la mer
Ni les dunes bourdonnantes
Le soleil navigue dans les ramures méduse perdue
Une main se tapit dans l’ombre de mon bras
Ma voix frôle des voix têtues
C’est l’écorce de l’eau qui m’emprisonne
Toutes ses clés rouillées qui ferment ma gorge
Tous ses goémons sur le coeur
Pour me sauver
Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.

(René Guy Cadou)

Illustration: Jacek Yerka

 

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C’était l’été ou alors sa fin (Yehuda Amichaï)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



    

C’était l’été ou alors sa fin et c’est là que j’ai entendu
tes pas lorsque pour la dernière fois
tu es allée de l’est à l’ouest. Et dans le monde foulards, livres
et êtres humains avaient été oubliés.

C’était l’été ou alors sa fin.
Il y avait les heures l’après-midi
tu étais là
et pour la première fois
tu portais tes vêtements mortuaires
tu ne le savais pas
car des fleurs sur eux étaient brodées.

(Yehuda Amichaï)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Orner
Editions: Gallimard

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LE BLESSÉ (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



LE BLESSÉ

Soeur, donne-moi ton mouchoir,
je suis gravement blessé.

— Dis-moi, quel mouchoir veux-tu,
est-ce le rose ou l’olive?

Je veux un mouchoir brodé
avec à ses quatre pointes
ton coeur dessiné.

(Rafael Alberti)

 

 

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Les Jarretières (Léon Xanrof)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Les Jarretières

Le rouge va bien sur le noir.
– Quand je m’en irai à Séville
– et que j’aurais quatre douros,
– j’achèterai des jarretières pour ma belle.

J’achèterai des jarretières rouges,
– avec une devise brodée,
– et je les attacherai moi-même
– sur la cuisse ronde, au-dessus du genou.

La fille que j’aime a de la nuit dans les cheveux,
– et du soleil sur la peau dorée ;
– Ses seins droits ont la pointe sanglante :
– ils ont blessé tant de coeurs…

Ses yeux sont des étoiles noires ;
– sa bouche, une grenade mûre et parfumée ;
– ses dents, des perles sans tache…
– Ce n’est pourtant rien de cela que j’aime.

Ce qui me rend fou d’amour,
– c’est la courbe gracieuse de sa jambe,
– qu’emprisonne la soie noire,
– à travers laquelle transparaît la chair rose.

Lorsqu’elle danse le fandango,
– et que je l’accompagne sur ma guitare,
– toutes les filles sont jalouses d’elle,
– et tous les garçons de moi.

Par le Christ ! Lorsque sa jambe nerveuse,
– plie et bondit avec des tournoiements,
– noire dans l’envolement blanc des jupes,
– je deviens fou et ne sais plus ce que je joue.

En mon coeur s’allume le désir,
– et je voudrais enlever ma belle et l’emporter,
– la couvrir de caresses folles et troublantes,
– et me griser de ses baisers embaumés.

Car ce que j’aime en ma brune,
– ce n’est pas le flot noir et plein de reflets de sa chevelure,
– ni son oeil caché sous la paupière comme une guêpe dans une rose :
– C’est la rondeur de sa jambe et la petitesse de son pied.

Lorsque j’aurai quatre douros, j’irais à Seville,
– et j’achèterai pour ma maîtresse des jarretières,
– que je veux attacher moi-même au-dessus du genoux.
– Le rouge va si bien sur le noir !

(Léon Xanrof)

 Illustration: Tatieva 

 

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LA FEUILLE DU SAULE (Olga Audousset)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



LA FEUILLE DU SAULE
(IMITÉ DU CHINOIS)

I

Si je sens mon coeur battre en la voyant paraître,
La belle jeune fille assise à sa fenêtre,
Ce n’est pas que je songe à la riche maison
Qu’au bord du Fleuve Jaune elle possède… Non.

Je l’aime, moi, d’avoir cueilli sur une branche
Une feuille de saule, et puis, de sa main blanche
Effleurant le cristal où naissent les roseaux,
De l’avoir confiée à ce cristal des eaux.

II

De la brise de l’est le parfum qui s’exhale
M’apporte un souvenir de la côte natale
Où le pêcher en fleur et le vert oranger
S’étalent au soleil comme un riant verger;

Ce n’est pas le parfum que j’aime dans la brise :
Mais, sur le flot d’azur que mon aviron brise,
Elle a, durant ce jour, poussé d’un souffle vif
L’humble feuille de saule auprès de mon esquif.

III

Je n’aime pas la feuille idéale et légère
A cause du printemps dont elle est messagère,
Pour ce qu’elle promet dans sa verte couleur :
Si je l’aime, et la tiens aussi près de mon coeur,

C’est que, guidant l’effort de son adroite aiguille,
D’un labeur merveilleux, la belle jeune fille
A brodé, de cet air que je lui connais bien,
Un cher nom sur la feuille, — et ce nom, c’est le mien !

(Olga Audousset)

 

 

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Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2016



Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la nuit et du jour, de la vie et du temps,

Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais tu sais je suis pauvre et je n’ai que mes rêves.
Sous tes pas, je les ai déroulés.
Marche doucement, car tu marches sur mes rêves.

(William Butler Yeats)

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DERIVE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



DERIVE

Je n’ouvrirai pas la porte d’écume
Qui scelle les creux bariolés de la mer
Ni les dunes bourdonnantes
Le soleil navigue dans les ramures méduse perdue
Une main se tapit dans l’ombre de mon bras
Ma voix frôle des voix têtues
C’est l’écorce de l’eau qui m’emprisonne
Toutes ses clés rouillées qui ferment ma gorge
Tous ses goémons sur le coeur
Pour me sauver
Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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