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Poésie

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Je suis l’animal (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
je suis l’animal le plus pur sur terre
je dors avec la nuit comme avec mon corps
et la nuit grandit dans mon coeur

dans le sombre métier à tisser de tes doigts
je brode une nuit de solitude
multicolore exigeante changeante

je connais toutes les larmes de la solitude
frappe-moi ouvre-moi
je suis une rose de gaieté

viens ici fais-moi confiance
je jette des étoiles au vent

comme un bateau d’abondance dans
la rareté de la mer

mais tu n’es pas venu
et lentement je me referme.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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RIVAGE (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



RIVAGE

Mes yeux, mais qui peut s’abriter
derrière cette jalousie?

Une fille brodant peut-être
quelques amours de contrebande
pour les garçons de la marine?

Ô petits yeux qui regardez ,
ouvrez-moi votre jalousie
car je suis en peine d’amours !

Mes yeux, mais qui peut s’abriter
derrière cette jalousie?

(Rafael Alberti)

 Illustration: Henri Lebasque

 

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Sonnet de printemps (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Sonnet de printemps

Avril met aux buissons leurs robes de printemps
Et brode aux boutons d’or de fines collerettes,
La mouche d’eau sous l’oeil paisible des rainettes,
Patine en zig-zags fous aux moires des étangs.

Narguant d’un air frileux le souffle des autans
Le liseron s’enroule étoilé de clochettes
Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes,
L’air caresse chargé de parfums excitants.

Tout aime, tout convie aux amoureuses fièvres,
Seul j’erre à travers tout le dégoût sur les lèvres.
Ah! l’Illusion morte, on devrait s’en aller.

Hélas! j’attends toujours toujours l’heure sereine,
Où pour la grande nuit dans un coffre de chêne,
Le Destin ce farceur voudra bien m’emballer.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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LA FEUILLE DU SAULE (Olga Audousset)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



LA FEUILLE DU SAULE
(IMITÉ DU CHINOIS)

I

Si je sens mon coeur battre en la voyant paraître,
La belle jeune fille assise à sa fenêtre,
Ce n’est pas que je songe à la riche maison
Qu’au bord du Fleuve Jaune elle possède… Non.

Je l’aime, moi, d’avoir cueilli sur une branche
Une feuille de saule, et puis, de sa main blanche
Effleurant le cristal où naissent les roseaux,
De l’avoir confiée à ce cristal des eaux.

II

De la brise de l’est le parfum qui s’exhale
M’apporte un souvenir de la côte natale
Où le pêcher en fleur et le vert oranger
S’étalent au soleil comme un riant verger;

Ce n’est pas le parfum que j’aime dans la brise :
Mais, sur le flot d’azur que mon aviron brise,
Elle a, durant ce jour, poussé d’un souffle vif
L’humble feuille de saule auprès de mon esquif.

III

Je n’aime pas la feuille idéale et légère
A cause du printemps dont elle est messagère,
Pour ce qu’elle promet dans sa verte couleur :
Si je l’aime, et la tiens aussi près de mon coeur,

C’est que, guidant l’effort de son adroite aiguille,
D’un labeur merveilleux, la belle jeune fille
A brodé, de cet air que je lui connais bien,
Un cher nom sur la feuille, — et ce nom, c’est le mien !

(Olga Audousset)

 

 

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LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR

Tant d’autres, que ton charme enivre,
Amour, implorent ta faveur !
Permets au poète de vivre
En paix, solitaire et rêveur.

Pourquoi du bonheur que je goûte
M’envier les calmes appas?
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Toi qui laisses, après tes fièvres,
Bien plus de larmes dans nos yeux
Que de sourires sur nos lèvres,
Je t’oubliais, j’étais joyeux.

Quels maux ton inconstance coûte !
Tu fais désirer le trépas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Va, va soumettre à ton empire
Ceux dont le coeur n’a pas souffert,
La vierge qui brode et soupire,
L’écolier au livre entr’ouvert ;

Leur âme t’appartiendra toute,
Ils suivront ardemment tes pas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas!

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Charles Frederic Ulrich

 

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LA FLEUR ROUGE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

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LA FLEUR ROUGE

En travaillant tristement près de ma fenêtre, je me suis piquée au doigt ;
et la fleur blanche, que je brodais, est devenue une fleur rouge.

Alors, j’ai songé brusquement à celui qui est parti, pour combattre les révoltés ;
j’ai pensé que son sang coulait aussi, et des larmes sont tombées de mes yeux.

Mais j’ai cru entendre le bruit des pas de son cheval, et je me suis levée toute joyeuse ;
c’était mon coeur qui, en battant trop vite, imitait le bruit des pas de son cheval.

Je me suis remise à mon ouvrage, près de la fenêtre,
et mes larmes ont brodé de perles l’étoffe tendue sur le métier.

(Li Taï Po)

 

 

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RETOUR (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




RETOUR

Les choses brodent l’ample monotonie des absences

Cette heure est une coquille pâle

L’obscur azur des profondeurs s’est fracturé

Cette heure est un manteau de sécheresse

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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COMMENCEMENT DU SOIR (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



COMMENCEMENT DU SOIR

Ici la vie se vide
dans une ascèse translucide
de nuages gonflés
que brode le soleil

(Giuseppe Ungaretti)

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Tout près du lac (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



Tout près du lac

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin;
Allègrement l’eau prend sa course
Comme pour s’en aller bien loin.

Elle murmure: Oh!quelle joie!
Sous la terre il faisait si noir!
maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

Les myosotis aux fleurs bleues
me disent: Ne m’oubliez pas!
Les libellules de leurs queues
m’égratignent dans leurs ébats;

A ma coupe l’oiseau s’abreuve;
Qui sait? – Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume à l’océan où tout finit.

(Théophile Gautier)

 

 

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DEIRDRE DES DOULEURS (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Conchobar

DEIRDRE DES DOULEURS

Ô Conchobar que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

Celui qui fut pour moi le plus beau sous le ciel,
celui qui me fut si cher,
tu me l’as enlevé, c’est grande tristesse
que je ne puisse le voir que dans la mort.

Elle est disparue pour moi
la forme sous laquelle paraissaient les fils d’Usnech,
tertre noir de jais sur un corps blanc,
que les femmes connaissaient bien.

Deux joues de pourpre plus belles qu’une prairie,
des lèvres rouges, des cils noirs comme le scarabée,
des dents couleurs de perles,
noble blancheur de la neige.

Je connaissais bien son clair vêtement
au milieu des guerriers d’Ecosse,
son manteau de belle pourpre
avec sa bordure d’or rouge,

sa tunique de satin, grand trésor,
où avaient été cent mains, doux nombre,
pour le broder on employa
cinquante onces de laiton,

son épée à poignée d’or dans sa main,
deux javelots gris à la terrible pointe,
un bouclier à bords d’or jaune
et sur lui une bosse d’argent.

Si sur la plaine se trouvaient
les Ulates devant Conchobar,
je les donnerais tous, sans conteste,
pour le visage de Noisé, fils d’Usnech.

Ne brise pas aujourd’hui mon coeur,
bientôt j’irai vers ma tombe proche.
Le chagrin est plus fort que la mer,
le sais-tu ô Conchabar ?

O Conchobar, que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

L’exil des fils d’Usnech
Livre de LEINSTER.

(Poésie Irlandaise)

 

 

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