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Poésie

Posts Tagged ‘brouhaha’

Quel dur chemin (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Quel dur chemin
Le passage de la nuit, du jour
Le passage du bien, du mal
De la vertu, du vice
Le passage du silence
Du brouhaha
De la haine
De la violence
De l’amour
De l’amour

(Abbas Kiarostami)

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Allô allô (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Allô allô
c’est un poème

L’appel doit venir de très loin
la sonnerie est différente

C’est un poème qui appelle
mais j’entends mal ce qu’il me dit

Nous ne sommes pas seuls sur la ligne
la voix du poème est lointaine

Raccrochez je vous rappelle
donnez-moi votre numéro

Je vous appelle d’une cabine
dit le poème qui s’éloigne

Allô allô ne coupez pas
Mais je n’entends plus le poème

Il y a d’autres voix à sa place
qui parlent traites et factures

Il y a d’autres voix sur la ligne
On parle russe et allemand

Puis la voix d’une opératrice
Parlez Vous avez Bangkok en ligne

C’est une erreur Raccrochez
Ce n’est pas moi qui demande

On m’appelle de plus loin
Ne me coupez pas du poème

Le poème voulait me dire
quelque chose que j’ignorais

Il l’avait sur le bout des lèvres
Je l’avais tout près de l’oreille

Mais ce qu’a dû dire le poème
s’est perdu dans le brouhaha

Il y a quelque part un poème
qui demandait à me parler

J’ignore ce qu’il voulait me dire
et ne saurai plus rien de lui

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Voix (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Voix

…On a besoin d’un peu de vie de confusion de brouhaha
sinon dans le vide et le calme
dans la poussière des années

on pourrait entendre distinctement une voix très ancienne
dont on croyait avoir perdu le son
une voix égarée et pourtant restée là

prise dans l’absence et dans l’oubli
la voix de ce mort qu’on aima
parlant tout seul au bord du temps
au bord des larmes.

(Claude Roy)

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Où cours-tu ? (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Nathan Oliveira 
    
Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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Chanson de la conspiration de minuit (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Chanson de la conspiration de minuit

Ce cri de victime saignée?
Rien qu’une mouche et l’araignée.
Quel est ce pas dans l’escalier?
C’est le chat qu’on a oublié.

Et ce brouhaha dans la cave ?
Trois crapauds tiennent un conclave.
Ces craquements dans le cellier?
Travail des fûts de châtaignier.

Coup de canon, coup de tonnerre?
Pétard mouillé? Ça m’exaspère.
Rien qu’un ressort dans le sommier
Ou des braises sous le foyer.

Qui donc ferraille à la cuisine?
Quelle émeute dans ma poitrine!
C’est l’horloge et son balancier,
C’est mon coeur, mon coeur tracassier.

Mais ce tam-tam dans l’oreiller?
C’est le battement de mon pouls.
Tout s’acharne à me réveiller
Sous l’oeil froid du soleil des loups.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Richard Hess

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VILLE, BROUHAHA… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



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VILLE, BROUHAHA…

Ville, brouhaha, continuel va-et-vient des rues,
Ô vie sale, hostile, inutilement usée,
Savoir qu’il y a la mer et les plages nues,
Des montagnes sans nom et des plaines plus vastes
Que le plus vaste des désirs,
Et moi, en toi enfermée, je vois seulement
Des murs et des façades, je ne peux voir
Ni les marées qui montent, ni le changement des lunes.

Savoir que tu me prends la vie
Et qu’à l’ombre de tes murs tu traînes
Mon âme promise
Aux vagues blanches et aux vertes forêts.

***

CIDADE, RUMOR…

Cidade, rumor e vaivém sem paz das ruas
Ó vida suja, hostil, inutilmente gasta,
Saber que existe o mar e as praias nuas,
Montanhas sem nome e planicíes mais vastas
Que o mais vasto desejo,
E eu estou em ti fechada e apenas vejo
Os muros e as paredes, e não vejo
Nem o crescer do mar, nem o mudar das luas.

Saber que tomas em ti a minha vida
E que arrastas pela sombra das paredes
A minha alma que fora prometida
As ondas brancas e ás florestas verdes.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration

 

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Jamais je n’apprendrai rien (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



A l’aube les lycéens passent
rue des Remberges, une voix de fille
prononce les mots  » Qu’en sais-tu ? la vie est…  »
mais la voix se perd dans le brouhaha
d’autres voix qui s’élèvent ensemble
et s’éloignent vers la fontaine, moi
je reste à ma table, je pense
que jamais je n’apprendrai rien

(Jean-Claude Pirotte)

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