Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘brouillard’

Dans une larme du temps (Rivka Basman)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
Dans une larme du temps
Comme il est dur
De sertir
Un sourire,
Une mélodie
Se couvre
De nuages
Le chemin
Du berceau.
Seul le bleu, ce bleu-là,
Galope
Sur un faon
Et veut percer de part en part
Le brouillard
Et le
Temps

Un désert verdoyant
Est-il impossible ?
Je suis un désert verdoyant,
Mon aridité fleurit,
Mes étoiles éteintes
M’illuminent par le regard,
Parmi les sables
Je vois des traces
Éparpillées –
Qui donc les découvrira ?
Permettez-moi de demander encore
Est-ce qu’un désert
Peut verdir ?

Il arrive parfois
Que même une abeille
Oublie son gîte et son travail
Et reste la dernière
Sur un arbre
À cause d’un lilas en fleur,
La grande nuit ne l’effraie pas
Qui tourbillonne avec l’ailleurs.
Alentour il n’y a personne,
Elle seulement,
Amoureuse
Jusqu’à la mort
En fleur.

(Rivka Basman)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Milliers de hameaux (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2019



    

Illustration: Hiroshige Ando

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Lune du soir (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2019



    

(Matsuo Basho)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le brouillard est au long de nous (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



    

Le brouillard est au long de nous…
À Pierre Seghers

Le brouillard est au long de nous
C’est comme une femme étendue
Les arbres de son sexe roux
Le bleu de sa peine mal tue
-— Je t’offre la douceur de tout.

Moi, je marche et je suis en guerre
J’ai mon fusil de lyre à feu
Mon casque et dans mes cartouchières
Trente-cinq cris de frères blonds
Qui m’eussent pu sourire hier.

La route est une image d’âme
Avec ses trous, ses flaques d’eau
Je suis un grand blessé d’étoiles
Infirme d’un coeur à vau-l’eau
Sur un radeau d’aubépines pourries.

(Luc Bérimont)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON INQUIÉTUDE (Moshe-Leib Halpern)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



    

MON INQUIÉTUDE

J’ai l’inquiétude des loups, la quiétude des ours sages,
L’ennui écoute retentir en moi les cris d’un coeur sauvage,
Je ne suis point ce que je pense et ne suis pas tel que je veux,
Je suis l’enchanteur et je suis le sortilège de son jeu.

Je suis l’énigme qui se tue à résoudre enfin son mystère
Moi, plus agile que le vent qui se noue autour d’une pierre,
Je suis le soleil de l’été, l’hiver, le vent glacé du Nord
Et je suis le riche dandy que l’on voit gaspiller son or,

Hardi je suis le gars qui porte un peu de biais sa casquette
Et qui dévalise son temps en sifflotant un air de fête,
Je suis le violon mais aussi le tambourin, la contrebasse,
De ces trois vieux musiciens, orchestre vagabond qui passe,

Je suis la danse de l’enfant et sous la clarté de la lune
Je suis cet innocent qui rêve au pays bleu de la fortune.
Lorsqu’en passant je vois d’une maison détruite les décombres
Je suis le vide qui m’observe avec ses regards troués d’ombre.

Je suis la peur en ce moment qui m’épie peut-être au-dehors,
La fosse ouverte dans un champ à la mesure de mon corps,
Maintenant je suis la lueur qui brûle pour le souvenir
Et l’inutile image au mur suintant qui reste à jaunir,

Maintenant, le temps d’un éclair, je suis cette immense tristesse
Qui depuis un siècle me guette et qui me débusque sans cesse,
Et maintenant je suis la nuit, la lassitude est sa rançon,

Le pesant brouillard de la nuit, le soir et sa calme chanson,
L’étoile blanche que l’on voit très haut dans le ciel allumée
Et la rumeur sourde d’un arbre, un son de cloche, une fumée…

(Moshe-Leib Halpern)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour Felician (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Jeanne Fonseca
    
Pour Felician

Quand je pense à toi
C’est comme un rêve,
Proche et lointain
Je sens à peine.

Les brouillards s’évanouissent
Quand je le veux
Et dans l’agitation règne
Un calme silencieux.

Devant mes yeux,
Rien ne reste trouble,
Quoi que ce soit
Cela devient amour.

Je peux supporter
Douleurs et détresse,
Face à ma foi
La mort se tient coite.

La nuit sans fin
Même a son soleil,
Pour moi tout chagrin
Est à volupté pareil.

***

Für Felician

Wenn ich dein denke
Ist es ein Traum,
Nähe und Ferne
Fühle ich kaum.

Nebel vergehen
Wenn ich es will
Und im Getriebe
Ruhet es still.

Vor meinen Augen
Bleibet nichts trübe,
Wie es auch sei
Wird es zu Liebe.

Ich kann ertragen
Schmerzen und Not,
Vor meinem Glauben
Schweiget der Tod.

Nacht ohne Ende
Hat dann selbst Sonne
Und alles Leid
Ist mir nur Wonne.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retourne-toi avec prudence (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



chat noir

 

Retourne-toi avec prudence. Regarde.
L’enfant là-bas
Assis sur une chaise, près de la pompe,
Dans le léger brouillard d’avril :
L’enfant qui tient dans ses bras
Un chat noir
Et te regarde,
C’était toi,
C’est encore toi
Mais au fond de quel gouffre ?

(Jean Joubert)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Maud Villerot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les points cardinaux (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Les points cardinaux

je finis ton thé
range ton oreiller
y plonge le nez
je nettoie mon brouillard
de ta serviette humide
qui sent la chlorophylle
et la crème d’amande
j’écoute le souvenir
de ta lumière
en remontant
la piste aux trésors

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LAURA (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Agost Benkhard
    
LAURA

Heureusement, elle est partie. Maintenant elle sera
tout à fait et encore plus qu’elle ne le pense
mienne. Maintenant elle se tiendra de nouveau
nue, épanouie et sans vergogne,
devant mes yeux fermés.

Et, lourd de ses parfums, je refais passer
rapidement son sourire et me focalise
sur ses cuisses généreuses, sa peau
neige doucement sur mon grand écran,
déjà, elle prend de la voix, elle cajole,
elle jure, et puis, dernière image,
j’empoigne ses hanches et l’enneige à nouveau.

Heureusement, elle est partie. Mais moi,
je suis son chien, j’agite la queue quand
elle vient. Encore plus qu’elle ne le pense.

***

LAURA

Gelukkig, ze is weg. Nu zal ze
helemaal en meer nog dan ze denkt
de mijne zijn. Nu zal ze nogmaals,
naakt en vol en onbeschaamd,
voor mijn gesloten ogen staan.

En zwanger van haar geuren speel ik
snel haar glimlach af en spits
me op haar gulle dijen, haar huid
sneeuwt zachtjes op mijn witte doek,
ze krijgt al stem, ze fleemt,
ze vloekt, en dan, de laatste still,
yang ik haar schoot en sneeuw haar uit.

Gelukkig, ze is weg. Maar ik,
ik ben haar bond, ik kwispel als
zij komt. Meer nog dan ze denkt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :