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Poésie

Posts Tagged ‘brouiller’

LA RETOURNÉE (Gérard Mordillat)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Illustration: Pascal Renoux
    
LA RETOURNÉE

Au lit elle est à l’oeuvre
Etonnant sa beauté
D’un sourire qui s’affiche
Et se pare d’insolence

Les yeux brouillés d’orage
Et d’abandon mêlés
Le songe qui la retourne
Ravit la retournée

Ses soupirs énergiques
Couvrent la page blanche
Ventre à terre !
Son cri est un torrent

Les anges qui sont bons
Savent la satisfaire
Les anges ?
Oui, les anges…
Et le sien le premier
Qui au feu remet
Deux ou trois fois le fer

(Gérard Mordillat)

Recueil: Le linceul du vieux monde
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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JE CONTINUE (Jean-pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2021



Illustration: Flo DS
    
JE CONTINUE

L’air bleu fraîchit, les visages s’effacent
Au fin grésil. Mes pas brouillent leurs traces.
Tu regardes longtemps ton papier et tes mains
L’enfant que tu étais : moins qu’un rêve.
Alouette au miroir. Tu n’as pas faim.

Le marchand de tabac. Le quartier qui s’allume.
Hier j’ai passé ici, j’y passerai demain
Ô ma forme qui fuis en avant, qui m’échappes,
Tu te penches de plus en plus. Tout s’éteint.

(Jean-pierre Schlunegger)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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L’envie de vivre (Gérard Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2020



Illustration: Flo DS
    

L’envie de vivre
S’écoule lentement

Derrière les pierres
Une mer d’écritures

Que les vagues effacent
Sous la vague céleste

Est-ce le désir
Qui brouille les cartes

Être le seul n’importe
Cousu dans la déchirure

Dans le grain de poussière
Je trouve mon paradis

Se taire et trembler
Dans l’exubérance des voix

(Gérard Lemaire)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Un poète à hauteur d’homme
Traduction:
Editions: du Contentieux https://lecontentieux.blogspot.com/

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LE CHEMIN (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Jeanie Tomanek  vigil [1280x768]

LE CHEMIN

Par son coeur à peine entrouvert sur l’Espace
Une étoile a posé son oeil sur mes jours
Et j’ai beau brouiller la surface
Et j’ai beau effacer ma trace
Dans ma main, le destin suit son cours

Dans ses yeux à peine entrouverts sur la ville
Un enfant pose un doigt nouveau sur la mer
Et j’ai beau lui parler des îles
Son regard au lointain s’exile
C’est marin de voir un rayon vert

Dans un corps à peine entrouvert sur ton âme
Je n’ai su que poser mes mains sur l’amour
Et j’ai beau brouiller la surface
Et j’ai beau effacer la trace
Dans ta main mon destin suit son cours

(Gilles Vigneault)

Illustration: Jeanie Tomanek

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VIENS (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020




    
VIENS

Tu t’es cachée dans mon coeur
Comme un trésor au fond de la montagne.
Souvent de mes yeux jaillissent des flammes
Pour que tu rappelles à ma nuit
Que tu es là, même en étant au loin,
Dans les cavernes de ton âme
Errant comme un fantôme je te cherche,
Et je t’appelle, mais quand tu réponds
Ce n’est qu’un écho de ma propre voix,
D’ici, de nulle part,
De là-bas, de partout,
Pour me brouiller le chemin vers toi.

Dis-moi : dans ton sommeil fais-tu parfois le rêve
Qu’un autre homme t’embrasse
Et tu t’approches
De sa poitrine ?

Réveille-toi !
Du fond de ma nuit
Deux yeux de tigre,
Deux phares affolés,
Deux vitres éclairées,
Deux étoiles noyées de larmes
Te regardent, t’appellent :
Viens !

(Mihai Beniuc)

 

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ET S’IL PLAIT (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos     
   
ET S’IL PLAIT

Et s’il plaît à la lune
De coucher sur les dunes
Et s’il plaît au soleil
D’ajourner son réveil

Et s’il plaît à la source
D’interrompre sa course
Et s’il plaît à l’oiseau
De quitter son rameau

Et s’il plaît à l’orage
De brouiller le rivage
Et s’il plaît au violon
D’imiter l’oisillon

Laissons faire les Muses
Et que chacun s’amuse
D’un éclair, d’un rayon
D’un vol de papillon

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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AU NET (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



AU NET

Dans l’ombre de la montagne
sous les sapins foudroyés
ce mamelon d’aiguilles roses
grouille du lent tourbillon
des fourmis-hiéroglyphes
qui entrelacent et brouillent
un dessin dicté.

(Jean Mambrino)

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Les oiseaux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



 

empreintes_oiseaux_1

Ainsi, tandis que nous nous appliquons à effacer,
cacher ou au moins brouiller nos traces,
les oiseaux pourront passer à travers notre vide,
les oiseaux qui jamais ne sont préoccupés de leurs traces.

(Roberto Juarroz)

Illustration

 

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Le déchiffrement (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le déchiffrement
pour Octavio et Marie-Jo Paz

Ce que les pattes des sternes ont écrit
sur le sable luisant de la marée basse
la mer en remontant l’efface
avant que j’aie pu déchiffrer le message

Ce que les astres d’Occident inscrivent
sur le ciel de la nuit d’automne entre le Lynx
et Fomalhaut le jour en se levant
l’a fait pâlir avant que j’aie pu traduire les signes

Ce que les pliures du temps sur l’écorce des chênes
ont gravé leurs annales enfouies leurs prophéties
le gel et la pluie l’ont creusé et brouillé
avant que les paroles aient été épelées

Déesse Mère Matrice première Source de vie
s’il y a un texte à traduire que je n’ai pas su lire
gardes-en pour moi le secret perdu
Et s’il n’y a ni texte ni sens
berce-nous longtemps sur ton sein obscur Orée du temps
Mère de tout

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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TERRES ÉTRANGÈRES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

Steve Cieslawskis (17)

TERRES ÉTRANGÈRES

Nos tombes semées de par la terre
Brouillent les traces du passé

Sous les soleils
Sous les nuées
Nos corps s’effritent
Loin des mémoires
Nos vies s’estompent
Loin des regrets

Le temps hésite
Puis se retire
Laissant l’oubli nous absorber.

(Andrée Chedid)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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