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Poésie

Posts Tagged ‘brouiller’

AU NET (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



AU NET

Dans l’ombre de la montagne
sous les sapins foudroyés
ce mamelon d’aiguilles roses
grouille du lent tourbillon
des fourmis-hiéroglyphes
qui entrelacent et brouillent
un dessin dicté.

(Jean Mambrino)

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Les oiseaux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



 

empreintes_oiseaux_1

Ainsi, tandis que nous nous appliquons à effacer,
cacher ou au moins brouiller nos traces,
les oiseaux pourront passer à travers notre vide,
les oiseaux qui jamais ne sont préoccupés de leurs traces.

(Roberto Juarroz)

Illustration

 

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Le déchiffrement (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le déchiffrement
pour Octavio et Marie-Jo Paz

Ce que les pattes des sternes ont écrit
sur le sable luisant de la marée basse
la mer en remontant l’efface
avant que j’aie pu déchiffrer le message

Ce que les astres d’Occident inscrivent
sur le ciel de la nuit d’automne entre le Lynx
et Fomalhaut le jour en se levant
l’a fait pâlir avant que j’aie pu traduire les signes

Ce que les pliures du temps sur l’écorce des chênes
ont gravé leurs annales enfouies leurs prophéties
le gel et la pluie l’ont creusé et brouillé
avant que les paroles aient été épelées

Déesse Mère Matrice première Source de vie
s’il y a un texte à traduire que je n’ai pas su lire
gardes-en pour moi le secret perdu
Et s’il n’y a ni texte ni sens
berce-nous longtemps sur ton sein obscur Orée du temps
Mère de tout

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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TERRES ÉTRANGÈRES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

Steve Cieslawskis (17)

TERRES ÉTRANGÈRES

Nos tombes semées de par la terre
Brouillent les traces du passé

Sous les soleils
Sous les nuées
Nos corps s’effritent
Loin des mémoires
Nos vies s’estompent
Loin des regrets

Le temps hésite
Puis se retire
Laissant l’oubli nous absorber.

(Andrée Chedid)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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Celui qui dit moi (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
celui qui dit moi
a fendu la pierre

un visage en trop

et c’était la vue
qui brouillait la vue

un caillou dans l’eau
du cours de la langue

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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L’IMPOSSIBLE PRISE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



L’IMPOSSIBLE PRISE

L’étang cligna ses yeux d’alevins — présage d’une récolte
écailleuse. D’où venait alors ce poisson en forme de lampe ?
Échappé de quelle baie chaude, comment ne pas songer à sa capture ?

Il me faut associer ruse et audace, brouiller la surface pour atteindre les fonds.

Jusqu’où pourrais-je le suivre ?
Je dis vrai quand je parle d’un holacanthe à l’oeil bleu.

Est-il pour moi, pour personne ?

L’eau mouchetée d’invraisemblables reflets garde sa proie.

Aux marges d’un midi percé à vif, je reste ce pêcheur mystifié.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

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LECTURE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
LECTURE

Le soleil derrière les arbres,
l’ombre des feuilles sur la page,
l’ombre de la phrase.

Un souffle tourne la page,
murmure autre chose.

Un oiseau traverse l’air.
Son image brouillée s’est prise
entre les pieds des roseaux.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mélancolie (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Visage du présent. Visage du passé.
Un voile les sépare. Un rideau humide.
L’oeil, encore brouillé, d’une larme ancienne.
Mélancolie. Mélancolie.

Nous mourons de ce qui nous réduit.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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COIN DE CIEL (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration
    
COIN DE CIEL

L’étoile
ancienne
ferme ses yeux brouillés.

L’étoile
nouvelle
veut bleuir
l’ombre.

(Dans la pinède brillent
des vers luisants.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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