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Poésie

Posts Tagged ‘brouiller’

Celui qui dit moi (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
celui qui dit moi
a fendu la pierre

un visage en trop

et c’était la vue
qui brouillait la vue

un caillou dans l’eau
du cours de la langue

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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L’IMPOSSIBLE PRISE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



L’IMPOSSIBLE PRISE

L’étang cligna ses yeux d’alevins — présage d’une récolte
écailleuse. D’où venait alors ce poisson en forme de lampe ?
Échappé de quelle baie chaude, comment ne pas songer à sa capture ?

Il me faut associer ruse et audace, brouiller la surface pour atteindre les fonds.

Jusqu’où pourrais-je le suivre ?
Je dis vrai quand je parle d’un holacanthe à l’oeil bleu.

Est-il pour moi, pour personne ?

L’eau mouchetée d’invraisemblables reflets garde sa proie.

Aux marges d’un midi percé à vif, je reste ce pêcheur mystifié.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

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LECTURE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
LECTURE

Le soleil derrière les arbres,
l’ombre des feuilles sur la page,
l’ombre de la phrase.

Un souffle tourne la page,
murmure autre chose.

Un oiseau traverse l’air.
Son image brouillée s’est prise
entre les pieds des roseaux.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mélancolie (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Visage du présent. Visage du passé.
Un voile les sépare. Un rideau humide.
L’oeil, encore brouillé, d’une larme ancienne.
Mélancolie. Mélancolie.

Nous mourons de ce qui nous réduit.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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COIN DE CIEL (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration
    
COIN DE CIEL

L’étoile
ancienne
ferme ses yeux brouillés.

L’étoile
nouvelle
veut bleuir
l’ombre.

(Dans la pinède brillent
des vers luisants.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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Je brouillerais les cartes (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Marie Augereau
    
Je brouillerais les cartes de l’alphabet.
Plus rien ne serait « à sa place ».
Dans un bain de boue,
on verrait s’ébattre les mots.
Cure de jouvence pour leur peau.

Je caresse ta joue,
tes yeux de cèdre bleu,
ce cil original qui dépasse les autres.

Tout deviendrait tactile.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edward Hopper
    
PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide. Des
yeux bleu ardent, bleu lanière. Un corps arqué sur le
désespoir de son nom. Dehors le grand tumulte harassé
des étoiles contre le ciel semble ne plus s’ouvrir, ne plus
suspendre l’issue de leur perfection qu’à cette véhé-
mence brouillée de larmes puériles, qu’à ce gémisse
ment, qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Été 92 (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018


L’été 92
Imposait ses touffeurs
S’agrippait à nos corps
Brouillait de son éclat
L’enchevêtrement des rues

Le défilé des cars
Le cortège des touristes
Égayaient Paris

L’hirondelle fantasque
Accompagnait nos rires

Ailleurs
Cris et coups martelaient la terre
Plaies et cendres se succédaient
A l’image :
Faces gercées
Filaments de bras
Regards taris
Torses arides
Massacres et ruines
La mort vorace
Partout

Ce fut pourtant l’été
Des Jeux de Barcelone
L’été d’amours naissantes
Sous l’étoile de juillet.

(Andrée Chedid)

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La ville (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Alexander Klingspor 99

La ville

Se heurter à la foule et courir par les rues,
Saisi en plein soleil par l’angoisse et la peur,
Pressentir le danger, la mort et le malheur,
Brouiller sa piste et fuir une ombre inaperçue,

C’est le sort de celui qui, rêvant en chemin,
S’égare dans son rêve et se mêle aux fantômes,
Se glisse en leur manteau, prend leur place au royaume
Où la matière cède aux caresses des mains.

Tout ce monde est sorti du creux de sa cervelle.
Il l’entoure, il le masque, il le trompe, il l’étreint,
Il lui faut s’arrêter, laisser passer le train
Des créatures nées dans un corps qui chancelle.

Nausée de souvenirs, regrets des soleils veufs,
Résurgence de source, écho d’un chant de brume,
Vous n’êtes que scories et vous n’êtes qu’écume.
Je voudrais naître chaque jour sous un ciel neuf.

(Robert Desnos)

Illustration: Alexander Klingspor

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