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Posts Tagged ‘brousse’

Pour (Martine Fourcand)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



fil d'araignée 

Pour

Pour la nuit que nous n’avons pas vécue et toutes les autres, avant
pour la patience des anges et des volcans
pour la buée sur la vitre
la rumeur de la ville
pour les larmes égarées
frayant chemin de brousse
préférant à la taille
mains écorchées gouttes qui perlent
leur goût salé
rappel
celui des larmes fouillant ravins d’âme leur goût
en plus fort en plus corps aiguës arêtes de poisson chat

Les dents aident la perle à grossir
elle s’excède et coule
devient ruisseau et fleuve qu’agitent vagues
douces et fortes et ressacs

Il ne faudrait même pas un quai
ni une passerelle

Le simple fil d’argent d’une belle araignée brune
aurait à des chaussures de funambule
fait offre de passage

(Martine Fourcand)

Illustration

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BOULDERS (Patricia Nolan)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

Sergey Smirnov (2)

BOULDERS

Boulders, pub de brousse
à huit kilomètres de Tulbagh
au bout d’une route goudronnée.
Cabane en bois
dotée d’une table de billard
et de deux télévisions géantes.
Tu l’as encore loupé,
tu grognes. Si seulement
tu me disais quelque chose
du style, j’ai quelque chose
d’important à te dire.
Écoute-moi s’il te plaît.
D’un seul coup tu auras
toute mon attention.
Ne sais-tu pas que les femmes
feraient n’importe quoi
pour faire parler les hommes

(Patricia Nolan)

Illustration: Sergey Smirnov

 

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Laisse laisse se taire (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
laisse
laisse se taire
la mélodie trop claire de tes jambes
étends-toi le mouvement terrestre
ivre à force de veiller
t’accueille au creux de sa paume
la mer hisse les fanions des nuages
et ta nudité t’abrite
de tout ce qui n’est pas nu
humons dans la coupe du soir
le balbutiement des parfums

soudain nous apprenons que dans les feux de brousse
avec les mêmes yeux traqués
fuient les plus forts comme les plus craintifs
réconciliés par l’issue qui les happe
courant dansant galopant
devant le cheval aux sabots de cendre
dont ils ne voient qu’il les encercle
que dans leur folle volte-face

même endormis seuls dans ces lits trop vastes
ou dans l’eau murmurante toujours de l’étreinte
nous dérivons ainsi nativement
naufragés
sans pouvoir retrouver le nom
de l’orage
qui va plus vite

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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LA CAGE DE CHAIR (Alain Horic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Danny Quirk ng131 [800x600]

LA CAGE DE CHAIR

Je voudrais que cet animal
qui s’éveille
chaque jour en moi
meure
enfermé dans sa cellule
de peau

La nuit je le surprends
m’arrachant les côtes
comme des barreaux

À chaque nouvelle lune
je lui cède
pour m’enfuir
brouiller les chemins
de retour

J’ai peur
qu’il morde le coeur

Au centre de la brousse humaine
rompre l’harmonie
de la chair
qui vibre de mille désirs

Je suis las de le traîner
derrière moi
pour témoigner de ma présence

Je dois l’étrangler
pour cet enfant
qui m’appelle
par le code secret du sang

À l’aube
quand il sera raidi
je prendrai le doigt d’un mort
pour crever l’infini.

(Alain Horic)

Illustration: Danny Quirk 

 

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Arborescences (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Arborescences

Les poussières
de l’Afrique
se sont fourrées
sous nos ongles
entre nos orteils
nos paupières
nos cheveux
et nos dents
à l’intérieur
de nos oreilles
de nos narines
où elles germent
en minuscules
radicelles
qui s’allongent
au long de nos veines
et de nos nerfs

Ainsi la brousse
et la savane
ont envahi
notre poitrine
une rauque fêlure
transforme notre voix
des baobabs
encore nains
décorent nos paumes
métamorphosant
nos lignes de vie
et de chance
il suffit maintenant
de les appliquer
à nos tempes
et nous entendons
le feulement des hyènes

Tout notre corps
est tatoué de lianes
creusées çà et là
de bassins boueux
où viennent boire
gnous et koudous
soucis et hantises
courant sur nos ventres
pour se faufiler
entre les branches
de nos genoux
notre Zambèze intérieur
quand il déborde
transfigure les vallées
qui nous entourent
en l’arbre interdit
de notre royaume perdu

(Michel Butor)

 

 

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Enfants venez (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2015


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 1-36097

Enfants venez, le monde est la fortune.
Nous tricherons pour être heureux ici.
Avec des fleurs nous construirons des huttes.
Venez le temps d’opposer un défi
A ce qui meurt chaque nuit sous la lune.
[…]
parmi la brousse, ô kangourous sans âge,
poussant vers l’ouest un ruisseau d’astres verts,
Nous brouterons d’étranges univers
Et sauterons parmi toutes nos larmes.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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