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Poésie

Posts Tagged ‘broyé’

UNE FILLE (Slobodan Kojovik)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




UNE FILLE

Avec mes cheveux gris et ma barbe trop blanche,
A moi-même fidèle, âmes songes d’enfant,
Malgré la brume épaisse et le temps étouffant,
Et l’avenir broyé sous un poids d’avalanche,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Quand un échec remplace une énorme espérance,
Quand l’homme bestial domine l’univers,
Quand la terre est rongée aux coups d’immondes vers,
Comme au temps révolu de ma première enfance,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Ma vie arrive au bout prenant de la vitesse.
Sans être vraiment fier d’un tel état de lieux,
De la profonde nuit, des nuages aux cieux,
Malgré le grand déboire et l’immense détresse,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

(Slobodan Kojovik)

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L’ultime à vif (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



l’ultime à vif
le parcours broyé de la grâce
un halètement de réel
qui pétrit la plénitude

(Zéno Bianu)


Illustration: Alberto Giacometti

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Sous un ciel gris (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Sous un ciel gris, sans joie,
Le clocher de l’église
Saint Maclou, dans la bise
Nargue la Tour Montjoie

Au loin l’Oise et la Seine
Se recouvrent de brume
Et je vois à grand peine
La ville qui s’allume.

Au fil de l’eau livide
Glisse un corps de noyé,
Je vais, le cœur broyé,
Tout le long d’un quai vide.

(Jean-Baptiste Besnard)

(CONFLANS 1951)


Illustration

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RACINES (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



RACINES

Arbre
L’âme
Si solidement
Arrimée
En sa terre
Native
En cet infini
Des ciels de son cœur
Douceur
D’inexpugnable
Et si fragile
L’âme
Quand broyé
L’humus des souvenirs
Déchiquetés
Quand dévasté
Le sol de toujours
Le sol de l’amour
Qui dira l’exil
Des racines dressées
Nues

(Kristel Saint-Cyr)

Découvert ici: https://kristelsaintcyr.com/

 

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Poigne d’homme (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



    

Poigne d’homme
Face d’homme
étoile de sang sur le front

Corps broyé
Os rompus
étoile de sang dans le cœur

Broyée la promesse
Rompue la parole
étoile de sang voici l’homme

(François Cheng)

 

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Il y a bien longtemps que te connaît la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Il y a bien longtemps que te connaît la terre :
comme le pain, comme le bois, tu es compacte,
tu es corps, tu es grappe assurée de substance,
tu as poids d’acacia et de légume d’or.

Tu existes, c’est sûr, puisque tes yeux d’essor
éclairent le réel comme fenêtre ouverte,
puisque aussi tu es faite et cuite dans la boue
à Chillan, dans un four de brique stupéfaite.

Les êtres s’épandant comme l’air, l’eau, le froid,
sont vagues, effacés par le contact du temps,
avant que de mourir ils semblent broyés fin.

Nous deux nous tomberons comme pierre au tombeau.
Ainsi par notre amour qui ne fut consumé
avec nous deux vivra, vivra toujours la terre.

***

Desde hace mucho tiempo la tierra te conoce
eres compacta como el pan ola madera,
eres cuerpo, racimo de segura substancia,
tienes peso de acacia, de legumbre dorada.

Sé que existes no sólo porque tus ojos vuelan
y dan luz a las cosas como ventana abierta,
sino porque de barro te hicieron y cocieron
en Chillán, en un horno de adobe estupefacto.

Los seres se derraman como aire o agua o frío
y vagos son, se borran al contacto del tiempo,
corno si antes de muertos fueran desmenuzados.

Tú caerás conmigo como piedra en la tumba
y así por nuestro amor que no fue consumido
continuará viviendo con nosotros la tierra.

(Pablo Neruda)

 

 

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Les petits objets nettoyés (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



Les petits objets nettoyés
Traduisent un état de non-être.
Dans la cuisine, le cœur broyé,
J’attends que tu veuilles reparaître.

Compagne accroupie dans le lit,
Plus mauvaise part de moi-même
Nous passons de mauvaises nuits,
Tu me fais peur. Pourtant je t’aime.

Un samedi après-midi,
Seul dans le bruit du boulevard.
Je parle seul. Qu’est-ce que je dis ?
La vie est rare, la vie est rare.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Lucian Freud

 

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LE PETIT MOULIN (Chants Yiddish)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



    

LE PETIT MOULIN

Tant que l’épi est jeune,
Et que le grain est maigre et fin,
Tant que l’épi est jeune ;
On ne s’y intéresse pas !
Il peut rester dans le champ
On le laisse en paix !
Mais s’il vient à grandir,
La roue se met à tourner !
Il est broyé en morceaux
Et on ne le reconnait plus !

Dors bien, ouvrier tiens bien le manche
Travailler avec entrain a cependant son importance
Tourne bien, tourne bien, petite roue du moulin !
Broie bien le grain en poudre !
Il a perdu depuis longtemps sa forme primitive,
Et a été broyé sous la roue,
Il est tout blanc et s’appelle farine !

***

(Drey Zikh Milekhl, Dina’s lid ) DOS MILEKHL

Zo lang di zang iz yunger,
Un der korn- moger, gringer,
Zo lang di zang iz yunger,
Kukt men zikh nit tsu !
In feld ken zi farblaybn
Dos rod kon zi nit tseraybn,
In feld ken zi farblaybn!
Lozt men nor im tsuru,
Vert nor der korn diker,
Tut zikh dos rod a ker!
Er vert tseraybn oyf shtiker,
Men derkent im shoyn nit mer!

Shlof gut du arbeter halt fest dosshtilekhn!
Fleysik tsu arbetn iz dokh a shpilekhn;
Drey zikh gut drey zikh gut redelemilkhn!
Tserayb gut dem korn- tsu tayl !
Nishto shoyn keyn zangen tseraybn ider korn,
Di ersht geshtalt hot er shoyn langfarloyrn,
Unter der rod iz er tseraybn gevorn,
Er iz shoyn gor vays -un heyst mel !

Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt solid iz nit keyn yoger,
Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt er dokh say vi!
Di noyt ken im not nit leygn,
Vayl er iz vaykh un lozt zikh boygn
Di noyt ken im nor nit leygn.
Lozt zi im nor tsuru.
Koym vert er ibergliklekh…
Tut im dos rod a ker !
Zi tsebrekht im nor oyf shtiklekh
Men derkent im shoyn nit mer !…
Shlof git du arbeter etc..

Zo lang der yid hot nit geflakert,
Shof gepashet erd geakert,
Zo lang der yid hot nisht geflakert,
Hot men im gelozt tsuru;
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn;
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn,
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gegloybt,
Hot men nit gezogt dertsu,
Az er iz gevorn ibergliklekh,
Hot zikh di rod geton a ker,
Tseraybn iz er oyf shtiklekh!..
Men derkent im shoyn nit mer.
Shlof git du arbeter etc..

***

זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער,
און דער קאָרן מאָגער, גרינגער ,
זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער ,
קוקט מען זיך ניט צו !
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן
דאָס ראָד קאָן זי ניט צערײַ בן ,
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן !
לאָזט מען נאָר אים וצ ,רו
װערט נאָר דער קאָרן דיקער,
טוט זיך דאָס ראָד אַ קער!
ער װערט צערײַ בן אױף שטיקער,
מען דערקענט אים שױן ניט מער!

שלאָף גוט דו אַרבעטער האַלט פֿעסט דאָס
שטילע !ןכ
פֿלײסיק צו אַרבעטן איז דאָך אַ שפּ כעיל ,ן
דריי זיך גוט דריי זיך גוט רעדעלע מילכן !
צערײַ ב גוט דעם קאָרן צו טײַ ל !
נישטאָ שױן קײן זאַנגען צערײַ בן אין דער
קאָרן ,
די ערשט געשטאַלט האָט ער שױן לאַנג
פֿאַרלױרן ,
אונטער דער ראָד איז ער צערײַ בן געװאָרן,
ער איז שױן גאָר װײַ ס און הײסט מעל

זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט סאָליד איז ניט קײן יאָגער ,
זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט ער דאָך סײַ װי!
די נױט קען אים נאָט ניט לײגן ,
װײַ ל ער איז װײַ ך און לאָזט זיך בױגן
די נױט קען אים נאָר ניט לײגן .
לאָזט זי אים נאָר צורו.
קױם װערט ער איבערגליקלעך..
טוט אים דאָס ראָד אַ קער!
זי צעברעכט אים נאָר אױף שטיקלעך
מען דערקענט אים שױן ניט מער !..
שלאָף גיט דו אַרבעטער א.ז.וו

זאָ לאַנג דער ייִד האָט ניט געפֿלאַקערט,
שאָף געפּאַשעט ערד געאַקערט ,
זאָ לאַנג דער ייִד האָט נישט געפֿלאַקערט
האָט מען אים געלאָזט צורו,
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן ,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געגלױבט ,
האָט מען ניט געזאָגט דערצו,
אַז ער איז געװאָרן איבערגליק ,ךעל
האָט זיך די ראָד געטאָן אַ קער,
צערײַ בן איז ער אױף שטיקלעך!..
מען דערקענט אים שױן ניט מער .
שלאָף גיט דו אַרבעטער א. ז.וו..

http://archives.savethemusic.com/bin/archives.cgi?q=songs&search=title&id=Dos+Milekhl

(Chants Yiddish)

 

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L’oiseau chanteur (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016


 

L’oiseau chanteur passait et repassait
au-dessus de la ligne des raisons fragiles
où la très sage sève ourlait les barbelés
L’oiseau passeur chantait et rechantait
sur les semailles de fleurs et de ruines
dans le silence du corps broyé de la ville
couronné d’un soleil étincelant d’épines
Il ne voyait que l’or du ciel sans cicatrice
il ne sentait qu’un feu de saison sans supplice
il ne chantait que le sacré sans sacrifice
et la fidélité â soi sans servitude
Il ignorait la terre où s’annulent les sangs
il portait le printemps qui n’a pas de frontières
il vivait dans le camp qui dévaste l’hiver
il disait aux hommes la certitude
de s’unir pour vaincre le temps.

(Robert Mallet)

 

 

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Partout, j’ai cherché l’Introuvable (Jean-Aubert Loranger)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



 

Fidel Garcia  (32) [1280x768]

Partout, j’ai cherché l’Introuvable.

Sur des routes que trop de pas
Ont broyées jadis en poussière.

Dans une auberge où le vin rouge
Rappelait d’innombrables crimes,
Et sur les balcons du dressoir,
Les assiettes, la face pâle
Des vagabonds illuminés
Tombés là au bout de leur rêve.

A l’aurore, quand les montagnes
Se couvrent d’un châle de brume.

Au carrefour d’un vieux village
Sans amour, par un soir obscur,
Et le coeur qu’on avait cru mort
Surpris par un retour de flamme,

Un jour, au bout d’une jetée,
Après un départ, quand sont tièdes
Encor les anneaux de l’étreinte
Des câbles, et que se referme,
Sur l’affreux vide d’elle-même,
Une main cherchant à saisir
La forme enfuie d’une autre main,

Un jour, au bout d’une jetée…

Partout, j’ai cherché l’Introuvable.

Dans les grincements des express
Où les silences des arrêts
S’emplissent des noms des stations.

Dans une plaine où des étangs
S’ouvraient au ciel tels des yeux clairs.

Dans les livres qui sont des blancs
Laissés en marge de la vie,
Où des auditeurs ont inscrit,
De la conférence des choses,
De confuses annotations
Prises comme à la dérobée.

Devant ceux qui me dévisagent,

Et ceux qui me vouent de la haine,
Et dans la raison devinée
De la haine dont ils m’accablent.

Je ne savais plus, du pays,
Mériter une paix échue
Des choses simples et bien sues.

Trop de fumées ont enseigné
Au port le chemin de l’azur,
Et l’eau trépignait d’impatience
Contre les portes des écluses.

Ouvrez cette porte où je pleure.

La nuit s’infiltre dans mon âme
Où vient de s’éteindre l’espoir,
Et tant ressemble au vent ma plainte
Que les chiens n’ont pas aboyé.

Ouvrez-moi la porte, et me faites
Une aumône de la clarté
Où gît le bonheur sous vos lampes.

(Jean-Aubert Loranger)

Illustration: Fidel Garcia

 

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